Onco-Sein
Cancer du sein métastatique RH+, HER2- : Imlunestrant seul ou associé ?
Présentées lors du SABCS 2025, les données actualisées de l’essai EMBER3 confirment le bénéfice connu en survie sans progression de l’Imlunestrant, mais reposent la question d’un compagnonnage des SERDS oraux avec un traitement partenaire, ici l’Abemaciclib.
- Nadzeya Haroshka/iStock
Déjà présentée l’année dernière, l’étude EMBER3, avait démontré un gain faible de moins de 2 mois en survie sans progression, du traitement par Imlunestrant vs une hormonothérapie de 2nd ligne par Fulvestrant ou anti aromatase, en cas de mutation ESR1, et non retrouvé dans la population générale. Concernant le 3éme bras de traitement, l’association imlunestrant abemaciclib retrouvait un bénéfice de 4 mois en survie sans progression comparativement au SERD oral seul, indépendamment du statut ESR1. Depuis, d’autres SERDS oraux ont été testés, seuls ou en combinaison, avec des bénéfices intéressants notamment avec un partenaire (association Giresdestrant Everolimus dans l’essai Evera, Elacestrant Everolimus ou Abemacilib dans Elevate). L’étude Ember 3 présente ses données actualisées, dont de survie globale.
Diminution de 41 % du risque de progression
Pour rappel, entre octobre 2021 et novembre 2023, 874 patientes présentant un cancer du sein métastatique RH+, HER2-, en progression après une hormonothérapie de 1ère ligne métastatique (anti aromatase + inhibiteur de CDK4/6), ou en rechute pendant ou dans les 12 mois après une hormonothérapie adjuvante -/+ associant une inhibiteur de CDK4/6, ont été réparties en 3 bras de traitement : 331 dans le bras Imlunestrant seul (400 mg/j), 330 dans le bras hormonothérapie seule (fulvestrant majoritairement ou anti aromatase) et 213 dans le bras Imlunestrant 400 mg Abemaciclib.
Les patientes étaient stratifiées en fonction d’un traitement préalable ou pas par inhibiteur de CDK4/6, la présence ou non de métastases viscérales et l’origine géographique. Les objectifs primaires étaient la survie sans progression, du bras Imlunestrant vs hormonothérapie chez les mutées ESR1, et dans la population globale, et du bras Imlunestrant Abémaciclib vs Imlunestrant dans la population globale, les objectifs secondaires la survie globale entre autres.
Une tendance favorable mais non significative en survie globale
Le suivi médian était de 28,5 mois, avec 10,1 % des patientes encore sous traitement. Chez les patientes mutées ESR1, la médiane de survie globale était de 34,5 mois dans le bras Imlunestrant vs 23,1 mois dans le bras hormonothérapie (HR=0,60 ; 95 % IC 0,43-0,86 ; p = 0,0043). Dans la population générale, indépendamment du statut ESR1, on note une médiane de survie globale non atteinte dans le bras Imlunestrant Abémaciclib vs 34,4 mois dans le bras Imlunestrant seul (HR= 0,82, 95 % IC 0,59-1,16 ; p = 0,2622). Concernant les données de survie sans progression, ces dernières sont conformes à celles connues : dans la population mutée ESR1, on observe une médiane de survie sans progression de 5,5 mois de l’Imlunestrant seul vs 3,8 mois dans le bras hormonothérapie (HR=0,62, 95 % IC 0,47-0,82 ; p = 0,0007). La médiane de survie sans progression du bras Imlunestrant Abémaciclib était de 11,1 vs 5,5 mois du bras Imlunestrant seul, en cas de mutation ESR1 (HR 0,49), et respectivement de 11,1 mois vs 5,5 mois en l’absence de mutation ESR1 (HR 0,64). Enfin, aucun nouveau signal de toxicité n’a été retrouvé.
Au final, malgré une tendance numérique en survie globale en faveur de l’Imlunestrant -/+ associé à l’abémacilib, les données ne sont pas significativement positives. L’étude repose la question, comme d’autres avant, de la légitimité du bras comparateur d’hormonothérapie seule, et également de l’intérêt des combinaisons.








