Oncologie
Cancers: la survie à cinq ans franchit pour la 1ère fois la barre des 70%
Grâce notamment aux innovations thérapeutiques majeures des dernières années, les progrès dans la lutte contre le cancer se traduisent par la progression de la survie. Mais cette bonne nouvelle ne doit pas masquer l'augmentation de fréquence de certains cancers.
- Sohel Parvez Haque/IStock
Annonce majeure, pour la première fois le taux de survie relative à cinq ans pour l’ensemble des cancers franchit la barre des 70% aux Etats-Unis selon le rapport publié le 13 janvier 2026 parl’American Cancer Society. Ce résultat prend en compte les personnes diagnostiquées entre 2015 et2021. Dans le milieu des années 70, il stagnait autour des 50%. L’évolution doit être comparable en France.
Myelome, le taux de survie est passé de 32% à 62%
Les gains de survie sont particulièrement notables pour certaines tumeurs historiquement associées à une mortalité élevée. Ainsi, chez les patients atteints de myélome multiple, le taux de survie à cinqans est passé d’environ 32 % à 62 %, pour le cancer du foie de 7 % à 22 %, et pour le cancer dupoumon de 15 % à 28 % entre les années 1990 et les diagnostics récents. Si l’on étudie la survie pour les cancers du poumon de stade métastatique, la progression est notable. Elle était de 2% dans lemilieu des années 90 pour atteindre 10% aujourd’hui. Les gains de survie à cinq ans concernent aussi les stades avancés de plusieurs cancers, y compris le mélanome métastatique et certains cancers colorectaux métastatiques, avec des progressions notables de la survie.
Augmentation du cancer du colon chez les jeunes
Malgré ces progrès, certains résultats préoccupants persistent. Le cancer du poumon devrait rester la principale cause de mortalité cancéreuse en 2026, avec un nombre de décès qui dépasse la somme des décès attendus dus au cancer colorectal et au cancer du pancréas. Cette observation soulignel l’impact continu du tabagisme sur la mortalité malgré une réduction des taux de fumeurs. Le cancer colorectal, par ailleurs, montre des tendances inquiétantes d’incidence élevée, notamment chez les adultes jeunes.
Le rapport met aussi en lumière des disparités persistantes selon les groupes raciaux et ethniques.Par exemple, certaines populations, telles que les Amérindiens, présentent des taux de mortalité par cancer significativement plus élevés pour des organes spécifiques comme le rein, le foie, l’estomac ou le col de l’utérus, reflétant des inégalités d’accès aux soins, des facteurs socio-économiques ou des différences dans les facteurs de risque.
L’incidence de plusieurs cancers fréquents tels que le sein, la prostate, le pancréas, le foie chez les femmes, le mélanome cutané et les tumeurs de la cavité orale continue d’augmenter. Ce qui soulève des défis pour les efforts de prévention et de dépistage. Environ 60 % des diagnostics sont posés chezles personnes âgées de 65 ans et plus. Mais une proportion notable de cas (près de 12 %) est observée chez des patients de moins de 50 ans, soulignant la nécessité d’analyses ciblées selon les tranches d’âge.
L’analyse des tendances sur plusieurs décennies montre que les améliorations de la survie ne sontpas uniformes selon les types de cancer ou les stades au moment du diagnostic. Malgré les progrès, les cancers à pronostic défavorable à stade métastatique continuent de représenter un poids majeur, même si des gains relatifs ont été observés. Ces données soulignent l’importance de maintenir et renforcer les stratégies de prévention primaire (notamment la lutte anti-tabac), d’améliorer le dépistage ciblé et de favoriser l’accès à des traitements innovants tout en s’attaquant aux disparitésen santé.
Les inégalités persistantes mises en évidence dans le rapport américain trouvent un écho en France, où des inégalités territoriales et sociales d’accès au dépistage, au diagnostic précoce et aux traitements demeurent. Pour la pratique, cela implique une vigilance accrue dans la prise en chargedes populations vulnérables, ainsi qu’un rôle actif des cliniciens dans l’orientation vers les dispositifs de dépistage organisé et les essais cliniques. À l’échelle du système de santé, ces résultats plaident pour un renforcement des actions ciblées dans les territoires à forte vulnérabilité sanitaire.
Ce rapport 2026 de l’American Cancer Society offre ainsi une perspective actuelle sur l’évolution du cancer, démontrant des avancées cliniques significatives tout en rappelant les défis persistants pour réduire davantage l’incidence, la mortalité et les écarts de résultats entre populations.











