Neurologie
AVC : une augmentation de l'incidence chez les sujets jeunes
Selon les résultats d'une étude menées aux Etats-Unis, l'incidence des AVC chez les jeunes adultes est en augmentation constante depuis le début des années 1990, tandis que le taux de létalité à 30 jours tend parallèlement à diminuer. Cette évolution coïncide avec une prévalence croissante des facteurs de risque vasculaire traditionnels ainsi que de la consommation de substances psychoactives au sein de cette population jeune.
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Cette étude populationnelle américaine, menée dans une région de cinq comtés (Greater Cincinnati/Northern Kentucky) et publiée dans Neurology lien le 23 septembre 2026 s'est intéressée à l'évolution de l'incidence, du taux de létalité à 30 jours et des facteurs de risque des accidents vasculaires cérébraux (AVC) survenant chez les jeunes adultes, définis comme les personnes âgées de 20 à 54 ans. Les auteurs partent du constat que, si l'incidence globale des AVC diminue dans la population générale, leur prévalence aurait au contraire progressée chez les sujets jeunes, une tendance encore mal caractérisée sur le long terme.
La méthodologie repose sur le recensement systématique et prospectif de tous les cas d'AVC hospitalisés dans la zone géographique étudiée, avec une validation par des médecins spécialisés en pathologie vasculaire cérébrale selon des critères diagnostiques standardisés. Six périodes d'étude distinctes ont été analysées, s'étalant de juillet 1993 à juin 1994, puis pour les années civiles 1999, 2005, 2010, 2015 et 2020, ce qui permet de couvrir près de trois décennies d'évolution épidémiologique.
Les taux d'incidence ont été calculés à partir des données du recensement des États-Unis et standardisés sur la structure démographique de la population de 2010, afin de neutraliser les effets liés aux variations de composition par âge entre les périodes.
4 facteurs de risque
Au total, 2076 premiers épisodes d'AVC survenus chez des jeunes adultes ont été identifiés sur l'ensemble de la période d'observation. Les résultats mettent en évidence une augmentation significative, au fil du temps, de la prévalence de plusieurs facteurs de risque vasculaire chez ces patients jeunes : hypertension artérielle, diabète, fibrillation auriculaire et consommation de substances psychoactives, ces quatre facteurs progressant de manière statistiquement significative (p < 0,001).
Sur le plan de l'incidence, les données révèlent une divergence marquée entre les classes d'âge. Chez les jeunes adultes, le taux d'incidence des AVC a quasiment doublé, passant de 33,90 cas pour 100 000 personnes-années lors de la première période (1993-1994) à 62,18 cas pour 100 000 personnes-années en 2020, une tendance à la hausse statistiquement significative (p = 0,04).
L'incidence a diminué chez les adultes plus âgés
À l'inverse, chez les adultes plus âgés, l'incidence a diminué sur la même période, de 618,78 à 453,04 cas pour 100 000 personnes-années (p = 0,02 pour la tendance à la baisse). Cette hausse de l'incidence chez les jeunes semble essentiellement portée par les AVC de type ischémique, dont le taux est passé de 23,8 à 47,3 cas pour 100 000 personnes-années entre 1993-1994 et 2020, soit un quasi-doublement (p de tendance = 0,02), suggérant que l'augmentation des facteurs de risque cardiovasculaire classiques (hypertension, diabète, fibrillation auriculaire) joue un rôle central dans cette évolution, aux côtés de la progression de la consommation de substances psychoactives.
Le taux de létalité à 30 jours a diminué
Concernant le pronostic vital à court terme, les auteurs rapportent une amélioration progressive : le taux de létalité à 30 jours chez les jeunes adultes a diminué, passant de 11,7 % en 1993-1994 à 9,4 % en 2020 (p de tendance = 0,002). Cette baisse de la mortalité précoce est principalement attribuable aux formes hémorragiques : le taux de létalité des hémorragies intracérébrales est passé de 27,5 % à 21,2 % (p = 0,03), et celui des hémorragies sous-arachnoïdiennes de 27,9 % à 18,6 %, cette dernière tendance n'atteignant toutefois pas le seuil de significativité statistique conventionnel (p = 0,09). Cette amélioration pronostique, malgré la hausse de l'incidence, pourrait refléter des progrès dans la prise en charge aiguë des AVC hémorragiques au cours des trois décennies étudiées.
En synthèse, les auteurs concluent que l'incidence des AVC chez les jeunes adultes est en augmentation constante depuis le début des années 1990, tandis que le taux de létalité à 30 jours tend parallèlement à diminuer. Cette évolution coïncide temporellement avec une prévalence croissante des facteurs de risque vasculaire traditionnels ainsi que de la consommation de substances psychoactives au sein de cette population jeune, ce qui invite à considérer ces éléments comme des cibles prioritaires de prévention.








