Pédiatrie

Infection à VRS : un taux très faible d'hospitalisation en cas de vaccination maternelle et infantile

La combinaison de la vaccination maternelle et de l’immunisation passive donne des résultats encourageants avec des taux peu élevés d’hospitalisation pour VRS, mais des études complémentaires sont nécessaires pour affiner les stratégies de prévention chez les nourrissons à risque. 

  • Kitsawet Saethao Wangchao, Thailand/iStock
  • 20 Mai 2026
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    La bronchiolite à virus respiratoire syncytial (VRS) demeure une cause majeure d’hospitalisation chez le nourrisson. Deux stratégies préventives sont aujourd’hui disponibles en France : la vaccination maternelle par le vaccin RSVpreF et l’immunisation passive par le nirsevimab. Ces deux approches ont montré une efficacité protectrice contre la maladie à VRS, avec des taux d’efficacité allant de 50 % à 80 %. La spécificité française repose sur la possibilité, pour certaines familles, de combiner ces deux mesures, soit de manière intentionnelle lorsque la naissance survient moins de 14 jours après la vaccination maternelle, soit par inadvertance.

    Cette étude française publiée dans JAMA pediatric le 18 mai lien a analysé, à partir des données du Système national d’information sanitaire (SNIS), les hospitalisations pour infection des voies respiratoires inférieures (IVRI) associées au VRS chez des nourrissons nés entre septembre et décembre 2024 ayant bénéficié de cette double protection. La vaccination maternelle optimale était définie par une administration entre la 24ème et la 36ème semaine de gestation, avec un délai d’au moins 14 jours entre la vaccination et naissance. Les hospitalisations étaient suivies jusqu’à la fin de la saison épidémique en février 2025.

    1,2 % avaient reçu les deux mesures de prévention

    Parmi 297 295 nourrissons vaccinés, 3 597 (1,2 %) avaient reçu ces deux mesures. La majorité (72 %) avait bénéficié d’une vaccination maternelle optimale. Chez ces enfants, le taux d’hospitalisation pour infection respiratoire basse liée au VRS était de 0,88 %, contre 0,80 % dans le groupe avec une vaccination maternelle non optimale. Parmi les nourrissons à haut risque (prématurés, cardiopathies congénitales, anomalies chromosomiques), le taux d’hospitalisation était de 0,75 % dans le groupe à vaccination optimale. Un seul décès a été rapporté durant la période d’étude.

    Les taux d’hospitalisation restent inférieurs à 1 %

    Ces résultats montrent que, dans une population prise en charge par la double stratégie préventive, les taux d’hospitalisation restent inférieurs à 1 %, avec une faible différence entre vaccination maternelle optimale ou non. Il est important de noter que presque tous les nourrissons avaient reçu le nirsevimab avant le pic épidémique, ce qui souligne le rôle primordial de l’immunisation passive.

    L’étude n’a pas comparé directement les deux stratégies en isolation, ce qui limite la portée des conclusions. Le faible nombre d’événements, notamment chez les enfants à risque élevé, limite la puissance statistique et empêche des analyses plus poussées. Néanmoins, ces données exploratoires sont utiles pour orienter la recherche sur la prévention de la bronchiolite à VRS, en particulier pour évaluer la valeur ajoutée éventuelle d’une double vaccination chez les prématurés, dont réponse vaccinale peut être plus faible.

    En conclusion, la combinaison de la vaccination maternelle et de l’immunisation passive donne des résultats encourageants avec des taux peu élevés d’hospitalisation pour VRS, mais des études complémentaires sont nécessaires pour affiner les stratégies de prévention chez les nourrissons à risque. 

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