Pharmacovigilance

GLP-1 : un risque de pancréatite aiguë selon les autorités britanniques

L'agence britannique MHRA aurait reçu plus de 1 200 notifications de pancréatite associées à la prise de GLP-1, dont une petite proportion comportant des complications graves, notamment des cas nécrosants et des décès.

  • Olekcii Mach/iStock
  • 02 Février 2026
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    Un article de The BMJ du 30 janvier 2026 rapporte une nouvelle mise en garde réglementaire concernant les médicaments agonistes du récepteur du peptide-1 de type glucagon (GLP-1), utilisés également bien dans la prise en charge du diabète de type 2 que pour le traitement de l'obésité. Cette alerte fait suite à une augmentation des notifications de pancréatite aiguë, y compris des cas avec issue fatale, enregistrés dans les bases de surveillance post-commercialisation, à savoir la pharmacovigilance britannique Yellow Card .

    Les substances concernées comprennent les agonistes GLP-1 classiques (sémaglutide, liraglutide, dulaglutide, exénatide) et les agonistes combinés GLP-1/GIP comme le tirzépatide, utilisés sous divers noms commerciaux pour le diabète et/ou l'obésité. L'article signale que les informations de produit ont été récemment mises à jour pour inclure le risque de pancréatite aiguë sévère, nécrosante et, dans de rares cas, fatale.

    1200 notifications de pancréatites aiguës

    Selon les données de pharmacovigilance citées, entre 2007 et octobre 2025, l'agence britannique MHRA aurait reçu plus de 1 200 notifications de pancréatite associées à ces médicaments, dont une petite proportion entraînant des complications graves, notamment des cas nécrosants et des décès. Bien que la fréquence globale de cette complication reste peu élevée par rapport au nombre total d'unités de médicaments dispensées, les autorités soulignent qu'un effet grave ne peut être exclu, d'où le renforcement des messages de vigilance.

    Les notifications comprennent des cas de pancréatite aiguë, parfois avec évolution nécrosante et résultats fatals. Ces événements se manifestent typiquement par une douleur abdominale intense et persistante souvent irradiante dans le dos, accompagnée de nausées et de vomissements.

    Les résumés des caractéristiques du produit (RCP) et les notices patients ont été renforcés afin d'indiquer clairement que les formes sévères de pancréatite — incluant des cas mortels — ont été enregistrées. Ce risque doit être pris en compte dans la balance bénéfice/risque lors de la prescription.

    Pour les professionnels de santé, les prescripteurs sont encouragés à être attentifs aux signes précoces de pancréatite, à demander une investigation clinique appropriée si des symptômes compatibles apparaissent, et à interrompre immédiatement le traitement si le diagnostic de pancréatite est confirmé. Il est conseillé de ne pas reprendre le traitement avec un agoniste GLP-1 ou GLP-1/GIP après confirmation d'un tel événement.

    Concernant les patients, il est recommandé de les informer du risque, bien que rare, de survenue d'une pancréatite liée à la prise de ces médicaments qui peut être sévère. Les patients doivent être invités à consulter rapidement s'ils présentent des douleurs abdominales sévères persistantes, en particulier lorsqu'elles s'associent à des nausées ou vomissements.

    Un corpus de données hétérogènes

    La mise à jour s'inscrit dans un contexte de surveillance continue des médicaments, où les bases de pharmacovigilance post-autorisation (comme Yellow Card au Royaume-Uni) jouent un rôle clé pour détecter des événements rares ou imprévus qui n'apparaissent pas toujours dans les essais cliniques pré-approbation.

    Le corpus de données est toutefois hétérogène. Certaines analyses observationnelles suggèrent un surrisque modéré de pancréatite aiguë, d'autres études n'en retrouvent pas de signal significatif, et les essais randomisés disponibles n'ont pas confirmé un surrisque franc. La disparité des résultats reflète les limites méthodologiques inhérentes aux différentes conceptions (pharmacovigilance, bases de données, essais cliniques) et aux définitions des événements pancréatiques.

    Au niveau européen, des autorités comme l'EMA ont historiquement étudié des signaux pancréatiques liés aux thérapies incrétines (incluant les agonistes du GLP-1), sans conclure à des modifications majeures des recommandations d'emploi à ce jour.

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