nutrition
aGLP-1: une reprise de poids à l'arrêt des traitements
L'arrêt des traitements contre l'obésité entraîne une reprise de poids inévitable selon les résultats d'une méta-analyse. Mais ce n'est pas la seule mauvaise nouvelle de cette publication.
- Dimple Bhati/iStock
"Les agonistes des récepteurs du GLP-1 ne doivent pas être considérés comme une solution miracle contre l'obésité ", peut-on lire dans l’éditorial du BMJ qui accompagne la publication d’une étude sur les conséquences de l’arrêt des nouveaux traitements contre l’obésité. En dépit des attentes, la reprise de poids se révèle en effet inévitable après l’arrêt des traitements de type a-GLP-1. Cette étude est d’autant plus pertinente qu'une proportion importante de patients interrompent la prise d'un agoniste des récepteurs du GLP-1 dans les 12 mois suivant le début du traitement.
Pour arriver à cette conclusion, les auteurs ont réalisé une méta-analyse publiée dans le BMJ le 7 janvier 2026 qui évalue la reprise de poids après l’arrêt d’un traitement médicamenteux prescrit pour la gestion du poids, et compare cette reprise à celle observée après l’arrêt de programmes comportementaux de perte de poids. L’objectif principal est de quantifier la vitesse et l’ampleur de la reprise pondérale ainsi que l’évolution des paramètres cardiométaboliques après la cessation du traitement, afin d’évaluer la durabilité des bénéfices des médicaments anti-obésité, notamment les agonistes du récepteur du GLP-1.
Les auteurs ont conduit une revue systématique de la littérature jusqu’en février 2025, incluant des essais randomisés, des essais non randomisés et des études observationnelles. Les bases de données MEDLINE, Embase, PsycINFO, CINAHL, Cochrane et Web of Science ont été interrogées. Les études retenues devaient inclure des adultes en surpoids ou obèses, traités par un médicament de gestion du poids pendant au moins huit semaines, avec un suivi d’au moins quatre semaines après l’arrêt du traitement. L’extraction des données a été réalisée indépendamment par deux évaluateurs, et le risque de biais a été évalué à l’aide des outils ROB2 et ROBINS-I.
Au total, 37 études correspondant à 63 bras d’intervention ont été incluses, représentant 9 341 participants. La durée médiane de traitement était de 39 semaines, avec une durée moyenne de suivi après arrêt de 32 semaines. Les médicaments évalués couvraient plusieurs classes pharmacologiques, des molécules plus anciennes jusqu’aux agonistes récents du récepteur GLP-1, tels que le sémaglutide et le tirzépatide.
Une reprise de 0,4 kg par mois.
L’analyse montre qu’après l’arrêt des médicaments de gestion du poids, la reprise pondérale est rapide et relativement constante. La vitesse moyenne de reprise est estimée à environ 0,4 kg par mois. À ce rythme, la majorité des patients retrouveraient leur poids de départ dans un délai compris entre 18 et 24 mois après l’arrêt du traitement.
Les données disponibles suggèrent que la reprise pourrait être encore plus rapide après l’arrêt des agonistes du récepteur GLP-1 les plus récents, avec des estimations proches de 0,8 kg par mois, bien que le suivi à long terme au-delà de 12 mois reste limité pour ces molécules. Parallèlement à la reprise pondérale, les améliorations des paramètres cardio-métaboliques observées pendant le traitement, notamment la glycémie, l’HbA1c, la pression artérielle et le profil lipidique, tendent également à s’estomper progressivement après l’arrêt, avec un retour vers les valeurs pré-traitement en moyenne dans un délai d’environ 1,4 an.
Le soutien comportemental se révèle inefficace
Mais comme chacun sait, les mauvaises nouvelles volent en escadrille. La reprise de poid après l'arrêt des traitements n'est pas le seul enseignement de cette étude. Si les autorités sanitaires recommandent la mise en place d’un soutien, « nous n'avons trouvé aucune preuve que ce soutien permette de ralentir la reprise de poids ni qu'un soutien comportemental plus important offert pendant le traitement actif de la perte de poids réduise les taux de reprise de poids », écrivent les auteurs. Dont acte.
Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour optimiser le soutien après l'arrêt des médicaments pour la gestion du poids afin de limiter la reprise de poids.
Enfin, ces traitements doivent être envisagés comme un outil au sein d’une prise en charge chronique et structurée de l’obésité, plutôt que comme une solution transitoire isolée.
En attendant, une perte de poids considérable, même suivie d'une reprise de poids, peut néanmoins avoir des effets bénéfiques à long terme pour les personnes obèses qui seraient près de deux milliards d’adultes dans le monde.











