Onco-Thoracique

CPNPC métastatique : une nouvelle association en 1ère ligne (étude EVOKE-02) ?

EVOKE-02 évalue l’association sacituzumab govitécan au pembrolizumab en première ligne chez des patients atteints de CBNPCm sans altérations ciblables. Cette association semble intéressante mais doit faire ses preuves face au comparateur cliniquement pertinent en première ligne thérapeutique.

  • yodiyim/iStock
  • 27 Mars 2026
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    Le sacituzumab govitécan est un conjugué anticorps–médicament (ADC) dirigé contre l’antigène de surface des cellules trophoblastiques Trop-2, qui permet l’administration sélective d’un inhibiteur de la topoisomérase I, le SN-38, aux cellules tumorales exprimant l’antigène Trop-2. Trop-2 est fortement exprimé dans le CPNPC (épidermoïde ou non épidermoïde). En tant qu’agent anticancéreux établi, le sacituzumab govitécan est approuvé pour le traitement des patients atteints de cancer du sein triple négatif préalablement traités, ainsi que du cancer du sein métastatique à récepteurs hormonaux positifs et HER2 négatif.

     

    L’essai EVOKE-02

    Les résultats présentés ici sont ceux de l’étude EVOKE-02 (NCT05186974), une étude de phase II, multicohorte, ouverte et internationale, évaluant le sacituzumab govitécan en association avec le pembrolizumab (anti PD1) en traitement de première ligne chez des patients atteints de CPNPCm.

    Des patients adultes n’ayant reçu aucun traitement systémique préalable pour un CPNPCm, et ne présentant pas d’altérations génomiques actionnables, ont reçu du sacituzumab govitécan à la dose de 10 mg/kg par voie intraveineuse a J1 et J8, associé à du pembrolizumab 200 mg par voie intraveineuse a J1 et J21. Un cycle durant 21jours . Le critère d’évaluation principal était le taux de réponse objective (ORR) évalué par un comité de revue indépendant, et les critères secondaires comprenaient la survie sans progression (SSP) ainsi que la tolérance.

     

    Résultats favorables pour les patients avec un PD-L1 ≥ 50 %  

    À la date de clôture des données (3 juin 2024), 30 patients présentaient un  PD-L1 ≥ 50 % (cohorte A) et 62 patients un PD-L1 < 50 % (cohorte B), soit un total de 92 patients. Le taux de réponse objective était de 66,7 % [IC95% : 47,2–82,7] pour la cohorte A et de 29,0 % (18,2–41,9) pour la cohorte B. La SSP médiane était de 13,1 mois [IC95 % : 6,7–non atteint] pour la cohorte A et de 7,0 mois [IC95 % : 4,2–12,9] pour la cohorte B. L’expression de Trop-2 n’était pas corrélée à une efficacité clinique accrue (SSP, ORR) du traitement par sacituzumab govitécan associé au pembrolizumab. Des événements indésirables émergents liés au traitement de grade ≥ 3 sont survenus chez 70 patients (76,1 %) ; l’événement indésirable lié au traitement le plus fréquent était la neutropénie (17,4 %). Des effets indésirables ayant conduit à l’arrêt de l’un des traitements de l’étude ont été observés chez 25 patients (27,2 %).

     

    Perspectives

    L’association du sacituzumab govitécan et du pembrolizumab a montré une activité en tant que traitement du CPNPCm, en particulier chez les patients présentant un score de PD-L1 ≥ 50 %. Il est cependant difficile de faire la part entre l’activité thérapeutique du pembrolizumab chez des patients a PDL1 élevé et la part du sacituzumab govitécan. La prudence s’impose face a une association qui rapporte plus de 75 % d’effets indésirables de grade 3 ou plus.

    Les résultats d’efficacité du sacituzumab govitécan associé au pembrolizumab seront analysés dans le cadre de l’étude de phase III en cours, qui compare l’efficacité et la tolérance du sacituzumab govitécan en première ligne en association avec le pembrolizumab versus le pembrolizumab seul chez des patients atteints de CPNPC métastatique présentant un score de proportion tumorale PD-L1 ≥ 50 % (EVOKE-03 ; NCT05609968).

     

     

     

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