Rhumatologie

Gonarthrose: l'orthèse permet une amélioration modeste

Dans une étude menée en ville au Royaume-Uni, le port d'une orthèse en cas de gonarthrose entraîne une amélioration de la qualité de vie. Mais le gain est limité et à condition que la genouillère soit portée de manière régulière. 

  • 28 Janvier 2026
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    En l'absence de progrès pharmacologique notable dans la prise en charge de l'arthrose, la prescription d'une orthèse modifie-t-elle l'évolution de la pathologie ? Pemet-elle une améliofration de la qualité de vie ?

    L’essai PROP OA publié dans le British Medical Journal le 26 janvier 2026 5BMJ 2026;392:e086005) est un essai contrôlé randomisé multicentrique, en groupes parallèles, de supériorité, visant à évaluer l’efficacité clinique de l’ajout d’une genouillère à une prise en charge de base comprenant conseils, informations écrites et programme d’exercices chez des patients adultes présentant une gonarthrose symptomatique 

    L’étude a été conduite dans des centres de soins primaires et de communauté au Royaume-Uni, impliquant des participants recrutés à partir de consultations de médecine générale, en kinésithérapie ou par auto-référence après publicité locale. Au total, 466 adultes âgés de 45 ans ou plus, souffrant de douleurs au genou attribuées à une arthrose, ont été randomisés entre le groupe recevant la prise en charge standard seule et le groupe recevant la même prise en charge avec, en plus, une genouillère adaptée et un soutien à l’adhésion. La genouillère était choisie en fonction de l’examen clinique et des radiographies du genou pour correspondre au modèle d’arthrose prédominant, et ajustée par un kinésithérapeute thérapeute qui a également assuré une visite de suivi à deux semaines pour vérifier l’ajustement. Un soutien à l’adhésion était assuré par l’envoi de messages textuels motivants pendant six mois pour encourager le port régulier de l’orthèse.

    L’intervention de base comprenait un rendez-vous d’environ 20 minutes avec un kinésithéraoeute, au cours duquel les patients recevaient une éducation sur l’arthrose du genou, des conseils d’activité physique, de la gestion du poids, des recommandations pour soulager la douleur, un programme d’exercices à réaliser et une brochure d’information.

    Les participants étaient invités à remplir des questionnaires standardisés à 3, 6 et 12 mois après la randomisation, le principal critère de jugement étant le score KOOS-5 à 6 mois, qui regroupe l'évaluation de la douleur, des symptômes dans les activités de la vie quotidienne, de l'activité sportive et de qualité de vie liée au genou.

    L’analyse principale était menée sur la base de l’intention de traiter, avec ajustement sur des covariables prédéfinies. En plus de l’efficacité clinique, une évaluation économique a été réalisée pour estimer les coûts par année de vie ajustée sur la qualité (QALY) sur 12 mois. L’étude comprenait également des mesures secondaires telles que la douleur auto-rapportée, l’instabilité (verrouillage du genou), la réponse au traitement, l’activité physique, la participation sociale, l’auto-efficacité et l’acceptabilité du traitement, ainsi qu’une évaluation des événements indésirables liés au port de la genouillère.

    Des améliorations modestes avec l'orthèse

    Les résultats principaux montrent qu’en moyenne, l’ajout d’une genouillère orthopédique au package de prise en charge standard a entraîné des améliorations statistiquement supérieures en termes de douleur, de fonction et de qualité de vie mesurées par KOOS et d’autres résultats auto-rapportés à 3, 6 et 12 mois comparé à la prise en charge standard seule.

    Augmentation des coûts pour le système de santé

    Les différences observées étaient globalement modestes et ont eu tendance à diminuer au cours de la période de suivi de 12 mois. L’adhésion au port de la genouillère a été variable. Mais un usage conforme aux recommandations parait associé à des bénéfices plus marqués. Aucun effet indésirable grave n’a été rapporté, bien que des irritations cutanées liées au port de l’orthèse aient été fréquentes et ont constitué l’effet indésirable le plus fréquent. L’analyse économique a montré que l’ajout de la genouillère augmentait les coûts pour le système de santé, mais améliorait également la qualité de vie. Ce qui peut constituer une option rentable.

    L’essai PROP OA est le plus large essai indépendant réalisé à ce jour sur l’utilisation de genouillères adaptées chez des patients souffrant de gonarthrose. Il apporte des preuves de bénéfices cliniques supplémentaires, bien que modestes, lorsque la genouillère est intégrée à une prise en charge incluant conseils, information et exercice, par rapport à cette prise en charge seule. Ces bénéfices semblent se manifester principalement chez les patients qui portent l’orthèse de manière régulière et sont accompagnés d’un profil de sécurité acceptable. Les résultats suggèrent que les orthèses de genou individualisées pourraient être envisagées comme une option complémentaire dans la gestion non pharmacologique de l’arthrose du genou, mais l'effet modeste des bénéfices doit être pris en compte dans les décisions cliniques et dans les recommandations de pratique.

     
     

     

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