Diabétologie

Diabète de type 2 : la nécessaire coopération Généraliste-Diabétologue

80 % des diabétiques de type 2 ne sont pas suivis par un diabétologue. Avec près de 6 classes médicamenteuses et une nouvelle stratégie de traitement, le spécialiste permet pourtant d'individualiser le traitement et d'éviter l'empilement des médicaments.

  • R Nourry/Congrès SFD
  • 24 Mars 2016
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    Insulines, antidiabétiques oraux, dispositifs médicaux… La pharmacopée contre le diabète ne cesse de s’élargir. Avec cinq classes de traitements oraux (bientôt 6) et trois formes d’insulines différentes, il y a de quoi s’y perdre pour qui n’est pas expert. Mais seuls 20 % des diabétiques de type 2 sont suivis par un spécialiste, qui a pourtant une vraie valeur ajoutée à certaines étapes clés de la maladie. C’est ce que rappelle la Société Francophone du Diabète (SFD), qui tient son congrès annuel à Lyon (Rhône) du 22 au 25 mars.

    Un rôle complémentaire

    Le parcours de soins, entré en vigueur en 2005, coordonne les consultations des assurés. Il s’avère précieux pour les personnes souffrant d’une affection de longue durée (ALD) car il évite l’avance des frais médicaux. Mais il n’est pas toujours mis à profit. Dans le cas du diabète, une distinction est établie entre les deux formes de maladie. Le type 1 doit nécessairement s’accompagner du suivi par un diabétologue.
    Les personnes atteintes de diabète de type 2, elles, sont plus libres dans leurs options de soins. Elles peuvent se contenter des consultations auprès de leur généraliste. « Le médecin traitant reste le premier acteur de la maladie diabétique mais il ne peut pas être seul », explique dans un communiqué le Pr Pierre Fontaine, chef du service de diabétologie du CHRU de Lille (Nord) et président de la SFD. Le diabétologue joue un rôle complémentaire dans le suivi de cette pathologie : c’est lui qui adapte les traitements aux besoins du patient, à son évolution. « C’est une perte de chances de ne pas être accompagné de manière très régulière par un diabétologue ».

    Des étapes clé

    Le meilleur exemple de ce rôle pivot est le passage à l'insulinothérapie. Sur les 2,4 millions de diabétiques de type 2 français, 277 000 ont besoin de cette hormone qui permet de réguler le glucose sanguin. Selon les critères de la Haute Autorité de Santé (HAS), cela justifie une rencontre avec le spécialiste dans le cadre du parcours de soins. « Cette étape n’est pas toujours bien franchie, déplore le Pr Fontaine. Il s’agit d’un cap dans la maladie qui doit amener à une rupture thérapeutique. On est dans une stratégie d’empilement des médicaments. Le passage à l’insuline est l’occasion de la remettre à plat. »

    D’autres événements importants peuvent appeler une consultation spécialisée. La mauvaise maîtrise du surpoids ou des objectifs de glycémie, par exemple, peuvent nécessiter l’intervention du diabétologue. Ce dernier est aussi plus indiqué en cas de grossesse ou de complications cardiovasculaires, ophtalmologiques ou rénales. Elles sont facilitées par les atteintes vasculaires propres à la maladie diabétique. Or, « elles nécessitent de réévaluer les objectifs du traitement, ainsi que le risque d’hypoglycémie en fonction des médicaments », précise Pierre Fontaine. A ce moment, la coopération entre généraliste et spécialiste semble indispensable pour le patient.

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