Pédiatrie
Coqueluche : un retour épidémique intense en 2024
Si le retour de la coqueluche, qui évolue par cycles épidémiques de 3 à 5 ans, était attendu, l’ampleur et l’intensité de l’épidémie en 2024 a surpris.
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"L’année 2024 a été marquée par le retour épidémique de la coqueluche en France avec une recrudescence très importante du nombre de cas sur tout le territoire", explique Santé Publique France dans son rapport revenant sur l’activité infection respiratoire bactérienne de l’année dernière, publié le 13 octobre 2025.
Et avec plus de 162.600 cas vus en consultation de médecine générale et plus de 7.000 passages aux urgences pour coqueluche, cette vague a surpris de nombreux professionnels de santé par son ampleur et son intensité.
Coqueluche : un nombre de foyers plus important qu'en 2023 dès le 1er trimestre
Les indicateurs de l’épidémie de coqueluche ont affiché une hausse constante sur le 1er trimestre 2024 pour atteindre un pic en juillet-août. "Les tous premiers signaux avaient concerné dès janvier et février, la remontée de plusieurs cas groupés de coqueluche en collectivités avec un nombre de foyers plus important que celui rapporté sur toute l’année 2023", indique Santé Publique France.
Sur l’année, le nombre de cas traités en médecine de ville a atteint 162.612 tandis que SOS médecins a diagnostiqué, de son côté, 9.817 patients. Les hôpitaux n’ont pas été épargnés. L’infection respiratoire a été à l'origine de 7.012 passages aux urgences et de 1.471 hospitalisations. "Après 33 semaines consécutives d'augmentation depuis le début de l'année, le nombre hebdomadaire de passages a commencé à diminuer à partir de la mi-août", ajoute le bilan de 2024.
Le réseau RENACOQ, qui surveille les formes pédiatriques de coqueluche vues à l'hôpital, a pour sa part rapporté 500 nourrissons de moins de 12 mois pris en charge pour cette maladie. 74 % étaient âgés de moins de 6 mois. "Ce total de cas en 2024 est supérieur à ceux rapportés lors des derniers pics de 2012 et 2017", ajoute l'agence. La coqueluche a été également responsable de 46 décès : 24 enfants (dont 21 étaient âgés de moins de 1 an) et 22 adultes (dont 15 de 80 ans et plus).
Coqueluche : pas de signe de reprise épidémique en 2025
La France n’a pas été le seul pays à faire face à une flambée épidémique en 2024. Ses voisins européens ont connu des situations similaires. D’ailleurs, le nombre de cas enregistrés en Europe par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) sur les 3 premiers mois de l’année 2024 était supérieur à celui de toute l’année 2023 avec 32.037 malades entre le 1er janvier et le 31 mars 2024 contre 25.130 en 2023.
Pour la plupart des pays européens, tout comme la France, le cycle épidémique coqueluche a pris fin en 2024. En effet, depuis le début de l’année, les indicateurs de la maladie comme les consultations en médecine de ville ou à l'hôpital sur les 6 premiers mois de 2025 ne montrent pas de reprise de la circulation de la bactérie sur la période estivale, "même si un pic saisonnier d’ampleur très modéré a pu être observé à partir des données du réseau de laboratoires".











