Nutrition

Huile d’olive : bénéfice sur la mortalité au-delà du seul risque cardiovasculaire

Dans une étude sur près de 30 ans de suivi, le remplacement dans l’alimentation d’une partie de la margarine, du beurre, de la mayonnaise et des graisses d’origine laitière par de l'huile d'olive est associé à un risque de mortalité globale plus faible.

  • dulezidar/istock
  • 11 Jan 2022
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    La consommation de plus de 7 grammes (soit plus d’une 1/2 cuillère à soupe) d'huile d'olive par jour est associée à un risque plus faible de mortalité par maladie cardiovasculaire, mais aussi par cancer, par maladie neurodégénérative ou respiratoire, selon une étude publiée dans le Journal of the American College of Cardiology.

    L'étude révèle même que le remplacement d'environ 10 grammes par jour de margarine, de beurre, de mayonnaise et de matières grasses d’origine laitière par une quantité équivalente d'huile d'olive est également associé à une réduction du risque de mortalité globale plus importante. Cette association n’est pas contre pas significative lorsque l'on compare l'huile d'olive par rapport à d'autres huiles végétales.

    Réduction globale de la mortalité

    Lorsque les chercheurs les comparent par rapport aux personnes qui ne consommaient que rarement ou jamais d'huile d'olive, celles qui en consommaient le plus ont une baisse de 19% du risque de mortalité par maladie cardiovasculaire (HR : 0,81 ; IC à 95 % : 0,75-0,87), de 17% pour la mortalité par cancer (HR : 0,83 ; IC à 95 % : 0,78-0,89), de 29% pour la mortalité par maladie neurodégénérative (HR : 0,71 ; IC à 95 % : 0,64-0,78) et de 18% pour la mortalité par maladie respiratoire (HR : 0,82 ; IC à 95 % : 0,72-0,93).

    L'étude révèle également que la substitution de 10 grammes par jour des autres graisses, telles que la margarine, le beurre, la mayonnaise et les matières grasses laitières, par de l'huile d'olive est associée à une réduction de 8 à 34% du risque de mortalité totale et spécifique. Cette association n’est pas contre pas significative lorsque l'huile d'olive remplaçait d'autres huiles végétales.

    Une étude sur près de 30 ans

    Sur une période de 28 ans de suivi, 36 856 décès ont été enregistrés, dont 22 768 dans le cadre de la Nurses' Health Study et 14 076 dans le cadre de la Health Professionals Follow-up Study.

    Les participants qui avaient une consommation plus élevée d'huile d'olive étaient souvent plus actifs physiquement, étaient originaires d'Europe du Sud ou de la Méditerranée, étaient moins susceptibles de fumer et avaient une plus grande consommation de fruits et légumes par rapport à ceux ayant une consommation plus faible d'huile d'olive.

    La consommation moyenne totale d'huile d'olive dans la catégorie la plus élevée était d'environ 9 grammes/jour au départ et concernait 5% des participants de l'étude.

    Des données issues des registres nord-américains

    En utilisant des participants de la Nurses' Health Study et de la Health Professionals Follow-up Study, les chercheurs ont analysé 60 582 femmes et 31 801 hommes qui n'avaient pas de maladie cardiovasculaire ni de cancer au début de l'étude en 1990.

    Pendant les 28 années de suivi, le régime alimentaire a été évalué par un questionnaire tous les quatre ans. Le questionnaire demandait à quelle fréquence, en moyenne, ils consommaient différents aliments spécifiques, des types de graisses et d'huiles, ainsi que la marque ou le type d'huiles ou de matières grasses qu'ils utilisaient pour cuisiner et ajouter à la table au cours de l'année précédente.

    Une meilleure hygiène de vie ?

    Il est possible qu'une consommation plus élevée d'huile d'olive soit un marqueur d'un régime alimentaire globalement plus sain et d'un statut socio-économique plus élevé. Cependant, même après ajustement pour ces facteurs confondants et d'autres liés au statut socio-économique, ces résultats sont restés largement les mêmes.

    Ces résultats supportent les recommandations diététiques actuelles visant à augmenter la consommation d'huile d'olive, et d'autres huiles végétales insaturées, et permettent de formuler des recommandations plus spécifiques qui seront plus faciles à comprendre pour les patients et, peut-être, à mettre en œuvre dans leur régime alimentaire.

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    JDF