ORL
Vers un meilleur dépistage de l’hyperacousie ?
D’après une nouvelle étude, changer les critères des tests de dépistage de l’hyperacousie permettait d’identifier plus de patients atteints de ce trouble de l”audition.
- Par Diane Cacciarella
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- Yurii Yarema/iStock
Un handicap invisible. L’hyperacousie est une hypersensibilité au son, dépistée grâce à un test auditif réalisé chez un médecin ORL. Mais, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Hearing Research, certains patients pourraient ne pas être identifiés avec les critères actuels.
Les tests actuels de l’hyperacousie se limitent à 8.000 Hertz
Comme le rappelle l’Assurance Maladie, le niveau sonore est mesuré en fonction de deux éléments : son intensité et sa puissance. Le premier désigne la fréquence aiguë ou grave d’un son, exprimé en hertz (Hz), alors que le second est évalué en décibels (dB).
“En clinique, on mesure habituellement l’audition entre 250 et 8.000 Hertz chez nos patients malentendants, car ce sont les fréquences importantes pour la compréhension de la parole, explique Charlotte Bigras, principale auteure, dans un communiqué. Mais certaines atteintes auditives précoces peuvent se manifester d’abord dans les fréquences supérieures, invisibles dans les tests standards. C’est par exemple parfois le cas chez les personnes souffrant d’acouphènes.”
Dans cette nouvelle étude, la chercheuse et son équipe se sont donc intéressées aux fréquences supérieures à 8.000 Hz. Résultat : certains patients souffrant d’hyperacousie ne sont sensibles qu’au-delà de ce seuil. Avec les tests actuels, ils peuvent donc ne pas être repérés.
Élargir les tests à 16.000 Hz pour mieux dépister les patients
"Contrairement à une perte auditive visible ou du moins mesurable, l’hyperacousie est intangible, poursuit Charlotte Bigras. Beaucoup de patients se font dire que “c’est dans leur tête”, alors qu’il s’agit bel et bien d’un trouble sensoriel." Selon les scientifiques, étendre les critères des tests de dépistage de l’hyperacousie permettrait d’identifier plus de patients atteints de ce trouble de l'audition. Ils suggèrent d’augmenter les fréquences à 16.000 Hz, comme ils l’ont fait dans leur étude.
"À ce jour, il n’y a pas eu d’étude de la prévalence de l’hyperacousie en France, assurait le professeur Jean-Luc Puel en 2022, à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). On estime qu’il pourrait y avoir 10 millions de personnes exprimant une intolérance aux bruits : 600.000 touchées dans les formes plus ou moins modérées et 1.200 dans les formes les plus sévères."
L’hyperacousie peut toucher une oreille ou les deux. Les patients concernés sont très sensibles aux sons qui, du fait de ce trouble auditif, sont bien plus forts que pour le reste de la population. En conséquence, ils sont souvent fatigués, souffrent de maux de tête, parfois d’acouphènes et peuvent ressentir une sensation d’oreille bouchée, précise la Fondation pour l’audition. Actuellement, il n’y a pas de traitement curatif contre l’hyperacousie, mais des solutions existent pour soulager les symptômes et éviter l’isolement des patients.







