Onco-Thoracique
Thymome : analyse du risque de mortalité suite à l'ablation du thymus
Il existe une controverse concernant les conséquences de la thymectomie (ablation du thymus) sur la morbidité à moyen et long terme. Une étude américaine a évaluée le risque de mortalité associés à l'ablation du thymus chez l'adulte.
- Nerthuz/iStock
Des études récentes ont suggéré que le thymus adulte continue de jouer un rôle dans le système immunitaire et que son ablation pourrait être associée à une augmentation de la mortalité à cinq ans ainsi qu’à l’incidence de certains cancers.
Cependant, lorsqu’un patient est atteint d’une tumeur thymique (tumeur rare intrathoracique se développant à partir de la glande thymus, située juste derrière le sternum et en avant du cœur), la résection chirurgicale constitue le traitement de référence lorsqu’elle est réalisable, soit en première intention, soit après un traitement néoadjuvant.
Une équipe de chirurgiens thoraciques de Yale (Etats-Unis) a cherché à confirmer ces observations chez des patients ayant subi une thymectomie pour thymome aux États-Unis.
Plusieurs bases de données croisées
Dans cette études, les données des bases National Cancer DataBase (NCDB) et Surveillance, Epidemiology, and End Results (SEER) ont été utilisées pour identifier les patients ayant bénéficié d’une thymectomie totale ou partielle pour un thymome localisé (SEER) ou de petite taille (NCDB) entre 2004 et 2022. La survie à cinq ans et les causes de décès ont été comparées à celles : (1) de la population américaine ajustée selon les caractéristiques démographiques, et (2) de patients appariés selon la propension ayant subi une chirurgie pour des néoplasmes à pronostic favorable du sein ou de la thyroïde.
La survie à cinq ans des 1 186 patients (SEER) et 1 307 patients (NCDB) ayant subi une thymectomie totale pour un thymome localisé ou de petite taille n’était pas significativement différente de celle de la population américaine ajustée ou des patients appariés ayant subi une lobectomie thyroïdienne pour cancer de la thyroïde ou une mastectomie partielle pour carcinome canalaire in situ (DCIS) dans les deux bases de données (93 % versus 93 % ; 93 % et 92 % versus 93 % et 92 % ; 95 % et 94 % versus 95 % et 94 %). Aucune différence significative de survie n’a été observée entre thymectomie partielle et totale (p = 0,16 SEER ; p = 0,78 NCDB). Les décès dus à un cancer secondaire étaient rares après thymectomie (4,2 décès/1000 personnes-années) et ne différaient pas significativement de ceux observés chez les patients ayant eu un cancer du sein ou de la thyroïde réséquée.
Conclusions
Pour conclure, chez les adultes atteints de thymomes localisés ou de petite taille, la thymectomie n’a pas été associée à une augmentation de la mortalité à cinq ans ni de la mortalité par cancer. Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les résultats à plus long terme et les paramètres immunologiques spécifiques. Mais les résultats de cette étude sont importants et permettent de donner un argument fort aux patients questionnant potentiellement la résection thymique totale en cas de tumeurs thymique résécable.








