Hématologie
Isatuximab, carfilzomib, lenalidomide et dexaméthasone pour le traitement du myélome multiple en 1ère ligne : étude IsKia
Cet essai de phase 3 IsKia montre qu’un traitement d‘induction/consolidation par isatuximab–carfilzomib–lénalidomide–dexaméthasone (Isa-KRd) vs KRd permet d’obtenir des taux de maladie résiduelle plus importants, sans majoration de la toxicité.
- Md Babul Hosen Thakurgaon, Bangladesh/iStock
Article : Isatuximab, carfilzomib, lenalidomide and dexamethasone in newly diagnosed multiple myeloma: a randomized phase 3 trial. Gay et al. https://doi.org/10.1038/s41591-026-04282-0
Le traitement standard des patients atteints de myélome multiple nouvellement diagnostiqué (NDMM) et éligibles à la transplantation (TE) consiste en une quadruplette comprenant un anticorps monoclonal anti-CD38, un inhibiteur du protéasome (bortezomib), un immunomodulateur (lenalidomide) et de la dexaméthasone, en induction et en consolidation post-autogreffe. Cet essai IsKia publié dans Nature Medicine le 6 avril lien étudie l’intérêt d’une combinaison à base de carfilzomib, un autre inhibiteur du protéasome, avec ou sans anti-CD38.
L’essai EMN24 IsKia de phase 3, a randomisé 302 patients atteints de NDMM âgés de ≤70 ans pour recevoir une combinaison isatuximab–carfilzomib–lénalidomide–dexaméthasone (Isa-KRd), ou une combinaison KRd, en induction et en consolidation.
Des taux de MRD négative plus importants avec la quadruplette isa-KRd
La réponse au traitement était évaluée par la mesure de la maladie résiduelle. Le taux de MRD négative après consolidation était significativement plus élevé avec Isa-KRd vs KRd : MRD 10⁻⁶, 68 % contre 48 % ; P = 0,0004. L’obtention d’une MRD négative était rapide : après induction, le taux de MRD négative était de 28 % contre 14 %, P = 0,0029, respectivement. Ces réponses étaient durables, avec un taux de MRD soutenue à 1 an à 10⁻⁶ : 52 % contre 38 %, P = 0,012. Cet avantage de la quadruplette était également observés dans les différents sous-groupes de risque.
Le suivi médian est de 48 mois, les données de survie sans progression (PFS) sont encore immatures.
Un profil de tolérance similaire dans les 2 bras
Les événements indésirables non hématologiques de grade 3–4, les arrêts de traitement (bras Isa-KRd, n=12 (8%) versus 10 (7%) dans le bras KRd), et les décès liés aux effets indésirables (5 vs 2 patients, respectivement) étaient similaires dans les deux groupes.
La combinaison Isa-KRd améliore significativement le taux de MRD négative en comparaison au KRd, chez les patients atteints de NDMM éligibles à l’autogreffe, avec un profil de sécurité jugé gérable.








