Infectiologie
Antibiorésistance : les bactéries résistent à plus de 40% des antibiotiques
En 2023, une infection bactérienne sur six a été résistante aux antibiotiques. L’OMS appelle à développer de nouveaux traitements.
- Richard Villalonundefined undefined/iStock
"Une menace croissante pour la santé mondiale." Les antibiotiques sont de moins en moins efficaces contre les bactéries. C’est le constat fait par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans un rapport mondial publié le 14 octobre.
Dans ce dernier, l’autorité sanitaire a analysé la prévalence et les tendances de la résistance aux antibiotiques, en s'appuyant sur plus de 23 millions de cas confirmés bactériologiquement d'infections sanguines, d'infections urinaires, d'infections gastro-intestinales et de gonorrhée urogénitale. Les données utilisées ont été communiquées par 104 pays en 2023 et par 110 pays entre 2016 et 2023.
"Plus de 40 % des E.coli et 55 % des K.pneumoniae résistantes" aux traitements privilégiés pour ces infections
Selon les résultats, une bactérie, confirmée en laboratoire et entraînant des infections courantes chez l’être humain dans le monde, sur six présentait une résistance aux antibiotiques en 2023. Entre 2018 et 2023, la résistance aux antibiotiques a augmenté dans plus de 40 % des associations agent pathogène-antibiotique. Celle-ci fait l’objet d’une surveillance, car l’augmentation annuelle moyenne est, en général, comprise entre 5 % et 15 %.
L’étude examinant huit agents pathogènes bactériens courant montre que les bactéries à Gram négatif pharmacorésistantes, responsables d’infections sanguines entraînant souvent un état septique, une défaillance viscérale voire le décès, sont de plus en plus dangereuses partout dans le monde. "Plus de 40 % des infections à E. coli et plus de 55 % des infections à K. pneumoniae dans le monde sont aujourd’hui résistantes aux céphalosporines de troisième génération, le traitement de choix de ces infections."
L’OMS précise que le risque varie d’un pays à un autre, car certains ne disposent pas d’un système de santé permettant de diagnostiquer ou de traiter les infections bactériennes. D’après les données, la résistance aux antibiotiques est plus élevée dans les régions de l’Asie du Sud-Est et de la Méditerranée orientale, où une infection sur trois signalée est résistante. En Afrique, une infection sur cinq est résistante aux traitements.
Mettre au point des "antibiotiques de nouvelle génération"
Devant la presse, Yvan Hutin, chef du département Résistance aux antimicrobiens de l’OMS, a déclaré que ces résultats étaient "profondément préoccupants", car l’antibiorésistance compromet l'efficacité des traitements vitaux et expose les populations à un risque accru, qu'il s'agisse d'infections courantes ou d'interventions médicales de routine.
"Nous devons utiliser les antibiotiques de manière responsable et veiller à ce que tout le monde ait accès aux bons médicaments, à des outils de diagnostic de qualité garantie et à des vaccins. Notre avenir dépend également du renforcement des systèmes de prévention, de diagnostic et de traitement des infections, ainsi que de la mise au point d’antibiotiques de nouvelle génération et de tests moléculaires rapides utilisables sur le lieu de prestation des soins", a expliqué Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.








