Pneumologie

Rôle des petites voies aériennes dans le contrôle de l’asthme de l’obèse

L’obésité est reconnue comme un facteur aggravant de l’asthme, étant associée à un moins bon contrôle de la maladie et à un risque accru d’exacerbations sévères. Cependant, les mécanismes expliquant cette relation restent encore partiellement élucidés. Le dysfonctionnement des petites voies respiratoires ne serait pas anodin..

  • 23 Juillet 2026
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    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans l’European Respiratory Journal, en mai 2026, a cherché à évaluer si le dysfonctionnement des petites voies respiratoires pouvait constituer un lien physiopathologique important entre l’excès de poids et l’aggravation des symptômes asthmatiques. Il s’agit d’une étude observationnelle multicentrique au cours de laquelle 1 169 adultes asthmatiques ont bénéficié d’une évaluation clinique complète comprenant une spirométrie et une oscillométrie impulsionnelle. Le dysfonctionnement des petites voies respiratoires a été défini à partir d’un critère composite reposant sur plusieurs paramètres oscillométriques, notamment la résistance des voies aériennes périphériques, la surface de réactance et le rapport entre la résistance périphérique et la résistance totale des voies respiratoires. Les associations entre l’indice de masse corporelle, le dysfonctionnement des petites voies aériennes et les exacerbations sévères de l’asthme ont été analysées à l’aide de modèles statistiques multivariés et d’analyses de médiation.

     

    Importance des petites voies aériennes chez l’asthmatique obèse

    Les résultats ont montré que le dysfonctionnement des petites voies aériennes était significativement plus fréquent chez les patients obèses présentant un IMC supérieur ou égal à 30 kg/m². L’augmentation de l’IMC était associée à une détérioration progressive des paramètres oscillométriques, selon une relation non linéaire devenant particulièrement marquée au-delà d’un IMC compris entre 28 et 30 kg/m². De plus, le dysfonctionnement des petites voies aériennes était indépendamment associé à l’obésité ainsi qu’aux exacerbations sévères de l’asthme survenues au cours de l’année.

     

    Un trait traitable chez les asthmatiques obèses

    Cette étude met en évidence le rôle central du dysfonctionnement des petites voies respiratoires dans la relation entre l’obésité et la sévérité de l’asthme. Les résultats suggèrent que le dysfonctionnement des petites voies aériennes constitue un trait fonctionnel important et potentiellement traitable chez les patients asthmatiques obèses. Son identification par oscillométrie pourrait ainsi contribuer à une meilleure prise en charge de cette population à risque et à la réduction des exacerbations sévères.

     

    En conclusion, le dysfonctionnement des petites voies aériennes serait associé à un risque accru d’exacerbations de l’asthme chez les sujets obèses. Sa recherche systématique permettrait d’adapter la prise ne charge de ces patients et peut-être de limiter le nombre d’exacerbations.

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