Démence

Cancer pédiatrique : quel est l’impact sur la santé cognitive à l’âge adulte ?

Les adolescents et jeunes adultes ayant survécu à un cancer vieillissent plus vite et ont un risque de démence plus élevé que les autres.

  • gorodenkoff/istock
  • 08 Mars 2026
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    Faire face à un cancer à un jeune âge est extrêmement difficile… et cela impacte les patients sur de très longues années. Une étude de l’université de Rochester montre que les adolescents et jeunes adultes ayant survécu à un cancer pédiatrique présentent un vieillissement prématuré et un risque accru de déclin cognitif.

    Les résultats ont été publiés dans la revue Nature Communications.

    Âge biologique, cerveau : un vieillissement plus rapide pour les jeunes survivants du cancer

    L’équipe a suivi environ 1.400 patients ayant été soignés dans leur jeunesse au moins cinq ans pour un cancer. La majorité d’entre eux avaient eu une leucémie lymphoblastique aiguë (LLA) ou un lymphome de Hodgkin. L’analyse de leurs dossiers médicaux montre que les survivants d’un cancer ont vieilli plus rapidement au niveau cellulaire, quel que soit le traitement qu'ils recevaient dans leur enfance. Et cela, même, si leur traitement n'était pas dirigé vers le cerveau. "En fait, les résultats ont montré que la chimiothérapie, qui peut modifier la structure de l'ADN et endommager largement les tissus et les cellules, accélère le vieillissement le plus rapidement", expliquent les auteurs dans leur communiqué.

    Par ailleurs, ce vieillissement cellulaire s’est révélé étroitement lié à la fonction cérébrale. Ainsi, les survivants ayant un âge biologique plus élevé présentaient les problèmes de mémoire et d'attention les plus importants.

    Intervenir tôt pour améliorer la qualité de vie

    "Les jeunes survivants du cancer ont encore beaucoup de décennies à vivre", explique AnnaLynn Williams qui a dirigé l’étude. "Donc, si ces changements de vieillissement accélérés se produisent tôt et les placent sur une trajectoire différente, l'objectif est d'intervenir non seulement pour augmenter leur durée de vie, mais aussi pour améliorer leur qualité de vie."

    Ainsi, la scientifique et ses collègues appellent à améliorer le suivi des jeunes patients ayant été traités par radiothérapie surtout si la cible était le cerveau. "L'objectif est d'empêcher tout déficit de s'aggraver."

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