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Règles douloureuses : les dysménorrhées sont trop souvent négligées

Publié le 15.01.2016
Mise à jour 04.03.2019
Règles douloureuses : les dysménorrhées sont trop souvent négligées
© 123RF-citalliance

Les douleurs au moment des règles sont appelées « dysménorrhées ». Fréquentes et le plus souvent bénignes, elles ne devraient pas être négligées et doivent faire rechercher des maladies comme l’endométriose.

 

Règles douloureuses : les dysménorrhées sont trop souvent négligées : COMPRENDRE

Des mots pour les maux

Les douleurs qui précèdent ou accompagnent les règles sont appelées « dysménorrhées ».
La « dysménorrhée primaire » apparaît dès les premières règles chez la jeune fille.
La « dysménorrhée secondaire » apparaît ou réapparaît chez la jeune femme.

Qu'est-ce qu’une dysménorrhée ?

Les douleurs qui précèdent ou accompagnent les règles sont appelées « dysménorrhées ».
Chez près d’une femme sur deux, les règles s’annoncent par un léger malaise ou des tensions dans le bas-ventre, mais pour certaines, des douleurs importantes peuvent survenir, avant et pendant les règles, rendant celles-ci très pénibles et constituant un handicap sérieux dans la vie quotidienne.
La dysménorrhée primaire apparaît dès les premières règles chez la jeune fille et elle est sans gravité le plus souvent. La dysménorrhée secondaire apparaît, ou réapparaît, chez la jeune femme et il faut toujours en rechercher la cause.
Il faut en effet savoir qu’actuellement, peu de dysménorrhées résistent à un traitement médical adapté et bien conduit.

Comment faire le diagnostic de dysménorrhées ?

La plupart du temps, les dysménorrhées se traduisent par des crampes douloureuses, survenant dès le début des règles et pouvant irradier dans les reins et les cuisses.
Ces douleurs durent en général un ou deux jours. Elles commencent avec les saignements et sont maximales lorsque le saignement est le plus important. Mais elles peuvent aussi être déjà ressenties un peu avant les règles et parfois se prolonger un peu après elles.
Les dysménorrhées sont cycliques et reviennent à chaque menstruation. Leur intensité est variable, de la simple gêne, jusqu’à des douleurs intenses à type de crampes ou de spasmes dans le bas du ventre.
Dans les cas plus sévères, ces douleurs des règles s’accompagnent parfois de maux de tête (« migraine »), de fatigue, de malaise, de nausées et de vomissements, voire de diarrhées.

Règles douloureuses : les dysménorrhées sont trop souvent négligées : CAUSES

A quoi sont dues les dysménorrhées ?

Les douleurs des règles apparaissent soit à l’adolescence (dysménorrhée primaire), soit au cours de la vie adulte (dysménorrhée secondaire).
• Chez l’adolescente, la dysménorrhée apparaît dans les mois suivant les premières règles. Elle est très courante et, le plus souvent, sans gravité.
Elle provient le plus souvent de contractions utérines exagérées pendant les règles qui sont en rapport avec une sécrétion augmentée de certaines substances, les « prostaglandines » (arginine vasopressine et leucotriènes), qui sont normalement destinées à favoriser l’expulsion de la muqueuse utérine. Dans la majorité des cas, les dysménorrhées primaires s’atténuent ou disparaissent spontanément au bout de quelques années, lors de la prise d’une contraception hormonale ou à la suite d'une première grossesse.
Si les douleurs s’aggravent, il faut rechercher une malformation (« anomalie congénitale » comme un hymen non perforé ou une malformation du col ou de l’utérus, une endométriose de l’adolescence ou des troubles hormonaux d’origine ovarienne (sécrétion de progestérone insuffisante).
• La dysménorrhée secondaire apparait plus tardivement, chez une femme adulte qui, jusque-là, avait des règles peu ou pas douloureuses. Les douleurs peuvent aussi être accompagnées d’autres anomalies des règles (saignements entre les règles, règles anormalement abondantes…).
La principale cause à rechercher devant des douleurs des règles de l’adulte est une endométriose qui correspond à la migration et au développement d’amas de muqueuse utérine dans un autre endroit du ventre ou du corps où elle ne devrait pas se trouver (trompes de Fallope, ovaires, vagin, vessie, cavité abdominale, thorax...). Comme cette muqueuse en position anormale (« position ectopique ») a les mêmes caractères qu’une muqueuse normale, et en particulier sa sensibilité aux hormones, elle suit les mêmes évolutions cycliques que la muqueuse utérine et provoque donc des sortes de « kystes » qui se remplissent de sang à chaque fin de cycle. De la même façon, des fragments de la muqueuse utérine peuvent s’enfoncer dans la paroi musculaire de l’utérus pour provoquer une « adénomyose », avec elle-aussi une évolution cyclique. Les douleurs des règles peuvent aussi être en rapport avec une infection génitale chronique, un fibrome utérin, des troubles ovariens à type de kyste ovarien, des polypes de l’utérus, etc. De ce fait, les dysménorrhées secondaires justifient un examen médical soigneux.

Règles douloureuses : les dysménorrhées sont trop souvent négligées : CONSULTATION

Quels sont les risques des règles douloureuses ?

Les douleurs des règles ne provoquent le plus souvent pas de complications, même si elles peuvent parfois perturber temporairement la vie quotidienne, la pratique du sport et la vie sexuelle.
Mais elles peuvent parfois être le signe d’alarme pour une endométriose ou une maladie de l’utérus (polypes…), des ovaires (kyste…) ou du vagin (hymen non perforé…). Elles doivent donc amener les adolescentes et les femmes à consulter un médecin, car certaines de ces maladies peuvent faire courir le risque d’une stérilité.

Quand faut-il consulter ?

Lors des premières douleurs survenant au moment des règles, le repos et la mise en place d’une bouillotte sur le ventre, voire la prise le plus tôt possible d'un anti-inflammatoire non-stéroïdien, suffisent à calmer les douleurs.
Cependant, dans certaines situations, un avis médical est nécessaire :
• Ce sera le cas devant des douleurs des règles apparaissant à l’âge adulte (dysménorrhée secondaire).
• Si les douleurs durent plus de 2 jours en débutant avant les règles et en se prolongeant après.
• Si les douleurs ne sont pas soulagées par les anti-inflammatoires non-stéroïdiens.
• Si les douleurs retentissent sur la vie quotidienne.
• Si les douleurs s’accompagnent de signes gênants : fièvre, pertes vaginales anormales (jaunâtres)…
• Si les douleurs s’accompagnent de saignements entre les règles (« métrorragies ») ou de règles trop abondantes (« ménorragies »)

Comment faire le diagnostic des règles douloureuses ?

Le médecin doit interroger et examiner soigneusement l’adolescente ou la femme qui souffre de douleurs anormales des règles, en particulier en cas de signes associés. Chez l’adolescente vierge, le toucher vaginal n’est pas réalisé.
Un écho-doppler pelvien sera demandé pour examiner soigneusement l’utérus, les trompes et les ovaires, ainsi que le petit bassin.
Si l’examen n’est pas assez décisif, une échographie endovaginale ou une IRM pourront être demandés.
Quelques dosages sanguins peuvent être nécessaires.

  • Chez l’adolescente, il sera recherché en priorité : une malformation (« anomalie congénitale ») comme un hymen non perforé, une malformation du col ou de l’utérus, une endométriose de l’adolescence ou des troubles hormonaux d’origine ovarienne (sécrétion de progestérone insuffisante).
  • Chez la femme adulte et en cas de dysménorrhée secondaire, l’endométriose est la première cause à rechercher. En raison de la possible migration d’amas de muqueuse utérine dans un autre endroit du ventre ou du corps où elle ne devrait pas se trouver (trompes de Fallope, ovaires, vagin, vessie, cavité abdominale, thorax...), d’autres examens du ventre et du thorax peuvent être nécessaires.

Seront recherchés dans l’utérus, une « adénomyose », des polypes ou un fibrome utérin. Un kyste ovarien est fréquemment découvert, le problème est de ne pas lui attribuer à tort les douleurs car il s’agit d’un problème fréquent. Une infection chronique des trompes ou de l’utérus peut aussi être découvertes.

Règles douloureuses : les dysménorrhées sont trop souvent négligées : QUE FAIRE ?

Comment soulager des règles douloureuses ?

En cas de règles douloureuses, un certain nombre de mesures simples permettent de soulager l’inconfort.
Il est possible de se masser le ventre et d’appliquer une bouillotte chaude sur le ventre ou de prendre un bain ou une douche chaude.
En l’absence de contre indication aux anti-inflammatoires non-stéroïdiens (ulcère gastroduodénal, asthme, trouble de la coagulation), il est possible de les prendre et certains sont disponibles sans ordonnance en pharmacie (ibuprofène) : ils vont diminuer les douleurs en réduisant la production des prostaglandines qui aggravent les contractures de l’endomètre. Ils sont d’autant plus efficaces qu’ils sont pris très tôt, dès l’apparition des premières douleurs. Le traitement est nécessaire pendant 2 à 3 jours. L’aspirine semble peu efficace.

Comment traiter des règles douloureuses ?

Le médecin pourra lui aussi prescrire des anti-inflammatoires non-stéroïdiens en cas de problème à rattacher à une sécrétion trop importante de prostaglandines. Il pourra ajouter un antispasmodique en suppositoire type Spasfon®.
Si les dysménorrhées de l’adolescente ne sont pas suffisamment soulagées par les AINS, il est possible de prescrire une pilule contraceptive de type œstroprogestatif : sous contraceptif œstroprogestatif, les règles sont plus faibles et les contractions utérines moins fortes. Dans certains cas, le médecin voudra supprimer les règles avec un traitement progestatif oral.
Les stérilets délivrant de la progestérone directement à l’intérieur de l’utérus sont aussi capables de supprimer les douleurs des règles.
Enfin, si une maladie sous-jacente à la dysménorrhée a été découverte, comme une endométriose, un fibrome ou un kyste ovarien, un traitement hormonal spécifique pourra être prescrit.
Le recours à la chirurgie est possible, en particulier en cas de malformations, et doit être discuté au cas par cas.

Règles douloureuses : les dysménorrhées sont trop souvent négligées : PLUS D’INFOS

Les dysménorrhées en France

Cinq à 7 adolescentes sur 10 se plaignent de règles douloureuses et près de 20 % doivent s’aliter.

Des douleurs ou des sensations désagréables persistent chez près d’une femme adulte sur 2.

Les liens des dysménorrhées

Les recommandations du Collège National des Gynécologues-Obstétriciens Français

http://www.cngof.asso.fr/d_livres/2005_GM_137_pelissier.pdf

Les liens Pourquoi Docteur

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