Pollution de l'air

Pesticides : quels sont les produits chimiques les plus détectés dans les logements ?

Une nouvelle étude nationale révèle que plusieurs pesticides sont présents dans la poussière et l’air des logements français.

  • Caroline Munsterman/istock
  • 29 Novembre 2025
  • A A

    Une vaste enquête de l’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs (OQEI), menée avec l’aide de l’ANSES et du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), révèle que certains pesticides trouvent refuge dans nos logements.

    Cette étude, baptisée Pestiloge, révèle que certaines des plus de 80 substances chimiques recherchées par les experts étaient présentes dans l’air et dans les poussières des 571 habitations passées au crible entre novembre 2020 et février 2023.

    Pesticides : les concentrations peuvent atteindre 1.000 ng/g dans les poussières

    Si plus de la moitié des pesticides étudiés n’ont pas ou très peu été détectés dans l’air intérieur, certains étaient très présents dans les logements. Par exemple, le lindane, la transfluthrine, le DEET et l’icaridine ont été repérés dans l’air de plus de 8 résidences sur 10. Le fongicide folpel et l’herbicide chlorprophame ont été décelés dans 60 % et 70 % des lieux analysés. De plus, certains produits – comme le lindane et la perméthrine – affichaient des concentrations plus élevées à l’intérieur qu’à l’extérieur.

    Les poussières étaient encore plus contaminées par les produits chimiques. Treize pesticides se trouvaient dans plus de 90 % des foyers (fongicides, insecticides, herbicides et répulsifs) et 4 autres substances étaient dans plus de 50 % des habitations. "La concentration de certains pesticides dans les poussières des logements peut atteindre 100, voire 1.000 ng/g", comme c’est le cas pour la perméthrine, l’imidaclopride et le glyphosate par exemple.

    L’étude montre également une association entre la proximité d’une zone de culture, l’usage de produits pesticides à l’extérieur et une teneur en général plus importante de glyphosate dans les poussières.

    "De nombreux pesticides ont été détectés dans l’air et les poussières des logements, alors même que certains font l’objet d’une restriction, voire d’une interdiction d’usage depuis plusieurs années. Cela témoigne de leur persistance dans les milieux après utilisation, en particulier au sein des environnements intérieurs", concluent les experts.

    Comment limiter l’exposition aux pesticides ?

    Aussi bien pour la qualité de l’air que la poussière, aucune valeur de référence ou seuil réglementaire n’a été établi par les scientifiques, les conséquences d’une exposition à ces concentrations pour les occupants des logements ne sont ainsi pas connues. L’Anses prévoit donc d’utiliser les données de l’étude pour développer des valeurs sanitaires de référence et améliorer l’évaluation des risques liés aux pesticides dans les habitations.

    En attendant, les auteurs offrent plusieurs conseils pour limiter la présence des produits chimiques dans les lieux résidentiels :

    • nettoyer régulièrement les surfaces ;
    • aspirer les poussières ;
    • faire attention aux vieux meubles ou charpentes en bois ayant pu être traités par des produits biocides aujourd’hui interdits d’usage ;
    • ne pas utiliser de vieux stocks de produits phytopharmaceutiques ou biocides.

    Pour pouvoir accéder à cette page, vous devez vous connecter.