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Précarité menstruelle

Une étudiante sur trois a besoin d’aide pour financer ses protections hygiéniques

Une enquête réalisée par une organisation étudiante souligne la nécessité d'une aide financière pour les protections menstruelles des jeunes femmes. Pour lutter contre cette précarité, des associations distribuent des kits d’hygiène.

  • Par Jean-Guillaume Bayard
  • DmitriMaruta/iStock
  • 08 Fév 2021
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    La détresse n’en finit pas de frapper les étudiants depuis le début de la crise sanitaire. Une enquête réalisée par la première organisation étudiante, la Fage, et dévoilé ce lundi 8 février révèle que 33% des étudiantes ont besoin d’une aide financière pour acheter des protections. Cette étude a été menée auprès de 6 518 étudiants. Plus d’une femme sur dix a déjà eu à choisir entre ces protections et un autre produit de nécessité.


    Une étudiante sur 10 a loupé les cours ou le travail par peur d'avoir une fuite

    Pour lutter contre cette précarité, des associations ont décidé d’organiser des distributions de kits d’hygiène C’est le cas de l'ADN, l'Agence du Don en Nature. Trop souvent, dans notre pays aujourd'hui, la précarité non alimentaire est négligée, analyse à Franceinfo Romain Canler, directeur général de l'Agence du Don en Nature. La précarité menstruelle est une illustration criante de la précarité non alimentaire. Elle touche à l'intime. C'est un budget très lourd pour les populations en situation de précarité. Aujourd'hui, l'agence du Don en nature distribue en Île-de-France des kits d'hygiène et, sur l'ensemble du territoire, distribue à peu près 1,4 million de produits de protection menstruelle. La demande est très forte, car ce tabou est en train d'être levé.”

    L’Association nationale des étudiants sages-femmes, qui a réalisé l'enquête avec la FAGE, réclame que les protections menstruelles soient mises à la disposition des femmes. Elles doivent être “accessibles aux personnes précaires, avec des distributions en libre-service dans les lieux publics et non pas que dans les toilettes, plaide Bérénice Brazs, vice-présidente de l’Association, en charge des affaires sociales et de la défense des droits. C’est un tabou. Quand on voit qu’il y a une étudiante sur 10 qui a loupé les cours ou le travail par peur d'avoir une fuite, c'est quand même alarmant. On voudrait qu'il y ait aussi une politique d'information et de sensibilisation au sujet pour tout le monde.


    5 millions d’euros pour lutter contre la précarité menstruelle

    Le coût des tampons et les serviettes hygiéniques représentent environ 285 euros par an, selon l’enquête. Un coûte sur lequel les étudiantes ne veulent pas forcément faire baisser. “Ce n'est pas parce qu'on n'a pas les moyens en tant qu'étudiante, qu'il faut prendre n'importe quoi, estime May, une étudiante, à Franceinfo. Ça a un impact sur notre corps et c'est vrai que ce n'est pas évident puisque quand je suis au supermarché, dès fois je fais des concessions et je prends peut-être des serviettes un peu moins chères avec tous les composants nocifs en ce moment.” 

    Pour aller plus loin, l’association nationale des Étudiants Sages- Femmes demande d'ailleurs aux industriels de communiquer la liste des produits. “Au niveau de la santé, il y a le syndrome du choc toxique qui existe, notamment avec les protections internes, les cups ou les tampons, décrit la vice-présidente de l’association, Bérénice Brazs. Ça veut dire qu’un staphylocoque peut passer dans le sang, faire dysfonctionner les organes entraînant le coma, voire un décès.”

    Pour lutter contre la précarité menstruelle, le gouvernement a prévu de mettre 5 millions d’euros sur la table dans son budget 2021. “Ce n’est pas suffisant”, répond Bérénice Brazs qui plaide pour la gratuité des protections hygiéniques. En novembre dernier, l’Écosse est devenu le premier pays à rendre les protections périodiques gratuites.

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    JDF