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Brûlure : bien évaluer la gravité pour choisir le traitement

Publié le 03.07.2016
Mise à jour 03.07.2016
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Brûlure : bien évaluer la gravité pour choisir le traitement
circlePS/iStock

Qu’elles soient superficielles ou profondes, les brûlures nécessitent une prise en charge adaptée pour éviter les complications et les séquelles. Après avoir refroidi la blessure, il faut donc évaluer la gravité de la brûlure.

Brûlure : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Une « phlyctène » est le terme médical pour désigner une cloque ou une ampoule.
La peau est composée de différentes couches qui sont, de la surface vers la profondeur : « l’épiderme », le « derme », « l’hypoderme ».

Qu'est-ce que la brûlure ?

La peau est un organe composé de plusieurs couches de tissu qui joue, entre autres, le rôle d’enveloppe protectrice du corps. Elle a une surface de 2 mètres carrés environ, ce qui en fait l’organe le plus grand du corps.
Les différentes couches de la peau sont, de la surface vers la profondeur : « l’épiderme », le « derme », « l’hypoderme ».
La brûlure correspond à une destruction de la peau (ou d’une muqueuse) par une agression le plus souvent thermique : la chaleur (flamme, liquide bouillant, plaque de cuisson, soleil…), ou le froid (glace directement sur la peau), ou d’origine électrique ou chimique.
Sa gravité dépend à la fois de son étendue et de sa profondeur. Cette destruction du revêtement cutané qui a un rôle de protection contre les agressions extérieures rend la victime très vulnérable aux infections.

Comment évaluer sa gravité ?

La gravité d’une brûlure dépend essentiellement du degré de l’atteinte (la profondeur) et de l’étendue à la surface du corps.
L’étendue des lésions est estimée en pourcentage de la surface corporelle. La paume de la main (doigts compris) représentant 1 % de cette surface, l’étendue de la brûlure en pourcentage correspond au nombre de surface de la paume.
Chez l’adulte, on utilise aussi la « règle des 9 » qui énonce qu’un bras représente 9 % de la surface corporelle totale, une jambe 18 %, le thorax et l’abdomen 18 %, le dos 18 %.
Pour les enfants, les pourcentages de surface corporelle sont adaptés en fonction de leur âge (Table de Lund et Browder).
• La profondeur d’une brûlure correspond à trois degrés avec une division en brûlures superficielles et profondes. La détermination exacte de la profondeur de la brûlure n’est possible qu’après quelques jours de soins car les lésions sont évolutives.
- Le premier degré correspond à une atteinte de l’épiderme avec une peau rouge, sans cloque, par exemple après un coup de soleil. La douleur peut durer 2 à 3 jours. La guérison se fait avec une modification de la couleur de la peau qui est sensible au soleil.
- Le second degré « superficiel » correspond à une atteinte du tiers supérieur du derme avec peau rouge, douloureuse et présence de cloques (« phlyctènes »).
- Le second degré « profond » correspond à une atteinte qui s’étend au derme avec des cloques rompues. La peau est rouge claire à blanche, et douloureuse. Ces lésions ne permettent pas d’espérer une guérison spontanée sans cicatrices épaisses.
- Le troisième degré correspond à une destruction complète de la peau jusqu’à la graisse sous-cutanée. La peau est sèche, brunâtre ou noire, elle n’est pas douloureuse car les nerfs ont été détruits. Il n’y a pas de régénération cutanée spontanée possible, ce qui conduira à la greffe.
D’autres critères interviennent pour déterminer la gravité de la lésion :
- Certaines localisations : la face, le cou, les mains et les organes génitaux sont des localisations qui cicatrisent plus difficilement.
- L’âge et l’état général : les brûlures sont plus graves chez les enfants, les personnes âgées car il existe un risque accru de déshydratation, ainsi que celles qui souffrent d’une maladie chronique (diabète, maladie cardiovasculaire…) que le brûlure peut décompenser.

Quelles sont les causes de brûlure ?

Les causes de brûlure peuvent être thermiques (chaud ou froid), chimiques, électriques ou radioactives.
En France, dans six cas sur dix, un accident domestique est à l’origine de la brûlure.
Environ 5 % des accidents de l’enfant sont des brûlures d’origine domestique.

Quelles sont les complications des brûlures ?

Le risque principal d’une brûlure est que la cicatrisation soit de mauvaise qualité, ce qui aura des conséquences non seulement esthétiques, mais aussi parfois fonctionnelles (rétraction de la peau).
Dans les suites immédiates d’une brûlure, il existe également un risque infectieux important : la désinfection et l’hygiène des brûlures doivent être rigoureuses.
La déshydratation est une autre complication immédiate en cas de brûlure étendue, ou chez une enfant et un sujet âgé, avec un risque de chute importante de la pression artérielle (« hypotension ») qui peut conduire, en l’absence de traitement, au malaise avec perte de connaissance du malade et au désamorçage de la pompe cardiaque (« collapsus cardiovasculaire »), puis au décès. Cette déshydratation survient d’autant plus intensément que la surface brûlée est importante et en fonction de l’âge (à partir de 10 % de la surface du corps chez le nourrisson, 5 à 10 % chez la personne âgée, 15 % chez l’adulte).

Brûlure : QUE FAIRE ?

Que peut-on faire en cas de brûlure ?

Quelle que soit la brûlure, il faut immédiatement écarter la source de brûlure et il est conseillé de mettre tout de suite la partie brûlée sous l’eau fraîche du robinet (10 à 15°C) pendant une dizaine de minutes (il ne faut pas utiliser de glaçons).
Cela permet de refroidir la lésion ce qui empêche une détérioration supplémentaire de la peau et cela apaise en partie la douleur. Il faut éviter tout désinfectant colorant qui compliquerait l’analyse de la brûlure. La conduite à tenir ultérieure dépend de la gravité des lésions :
• Pour une brûlure du premier degré (peau rouge sans cloque), l’application d’une crème grasse ou hydratante, conseillée par le pharmacien, hydratera la peau et calmera la douleur. La guérison survient en quelques jours.
• Pour une brûlure du deuxième degré (peau rouge avec cloques), il ne faut pas appliquer de produit, de crème ou de glace sur la brûlure. Il ne faut pas percer les cloques, et il faut consulter un médecin pour avoir son avis sur la gravité, et sa prescription pour faire le pansement. La guérison survient généralement en quelques semaines.
Certaines lésions du deuxième degré sont profondes et étendues et nécessitent des soins dans un centre spécialisé.
• Les brûlures du troisième degré (absence de douleur et de sensibilité) sont des urgences médicales. Il faut donc prévenir les secours en faisant le 15 ou le 112 à partir d’un mobile.
En attendant leur intervention, mettre la lésion sous l’eau fraîche du robinet ou de la douche pendant 15 minutes. Il ne faut pas essayer de retirer les vêtements qui pourraient coller à la brûlure.
Ces brûlures nécessitent souvent une prise en charge en milieu spécialisé ou des traitements, tels qu’une greffe de peau, seront réalisés.
Il ne faut pas donner à boire à la personne blessée car les premiers soins et les pansements seront réalisés sous anesthésie générale.
• Le lieu du traitement de la brûlure est dépendant de l’étendue des lésions de la peau et du derme sous-jacent :
- Jusqu’à 10 % de la surface corporelle, la brûlure peut être traitée en ambulatoire (sauf chez les enfants et les personnes de plus de 65 ans).
- Entre 10 et 20 % de la surface corporelle, une hospitalisation est impérative. Elle peut se faire chez nous ou dans un hôpital non-spécialisé.
- Pour toutes les brûlures dépassant les 20 % de la surface corporelle (10 % chez les personnes âgées et les enfants), une hospitalisation dans une unité spécialisée est obligatoire.
Résumé de la stratégie de traitement en fonction du degré de brûlure

 

Zone atteinte

Aspects cliniques

Guérison

Traitements

Premier degré

Atteinte de l’épiderme

Rougeur douloureuse Ex. : « coup de soleil »

4 à 5 jours

Pommade désinfectante Crème grasse hydratante

Deuxième degré superficiel

Atteinte de la portion superficielle du derme

Présence de cloques (« phlyctènes »). Le fond de la phlyctène est rouge et douloureux.

12 à 15 jours Cicatrice en général minime

Pommade désinfectante Pansement hydrocolloïde Pommade grasse

Deuxième degré profond

Atteinte du derme profond

Présence de cloques rompues à fond blanchâtre ou rosé. Peu de douleur. Les poils s’arrachent facilement.

Traitement chirurgical probable Cicatrice

Greffe de peau dès confirmation du diagnostique

Troisième degré

Atteinte des trois couches de la peau et même parfois des structures plus profondes (graisse, muscles, os...)

Phlyctènes déchirés. La peau est blanche ou brune et non douloureuse. Les poils tombent. La peau est rigide comme du carton.

Traitement chirurgical obligatoire Cicatrice

Greffe de peau dès confirmation du diagnostique

Quand faut-il consulter un médecin ?

A partir du deuxième degré, les brûlures doivent être toutes vues par un médecin.
Quand certains critères de gravité sont présents, les secours d’urgence doivent être prévenus par le 15 ou le 112. C’est le cas si la personne est :
- Un enfant de moins de 5 ans.
- Un enfant de plus de 5 ans mais avec plus de 5 % de la surface corporelle atteinte.
- Un adulte avec plus de 10 % de la surface corporelle atteinte.
- Une personne âgée.
- En cas lésion de la face, du cou, des mains, les organes génitaux.
- En cas de une brûlure du troisième degré.

Quel est le suivi d’une brûlure ?

Suite au traitement d'une brûlure à l’hôpital, un suivi est nécessaire pour changer les pansements et surveiller l’évolution de la blessure. Ce suivi peut être réalisé en ville débute dès que l’état général du ou de la personne, enfant ou adulte, permet un retour à domicile.
Les séquelles de brûlures profondes nécessitent une attention particulière, surtout les premiers 12 à 15 mois qui suivent l’accident. Les conseils prodigués pendant l’hospitalisation devront être poursuivis dans la vie quotidienne.

Comment prévenir les brûlures ?

• Chez les enfants, mais aussi chez les adultes, il faut se protéger du soleil pour éviter les coups de soleil (casquette, chapeau, tee-shirt, crème solaire à indice de protection élevé...).
• Il ne faut jamais laisser des enfants seuls près d’une source de chaleur (cuisinière, four, bougies, feu de cheminée, grill, barbecue...). Il faut également placer les casseroles et les poêles contenant des aliments chauds de telle façon qu’elles soient hors de leur portée : en tournant le manche vers le mur.
De la même façon il faut tenir hors de portée les réchauds, radiateurs, fers à repasser, fers à souder… qui ont souvent un fil d’alimentation qui est à portée des enfants.
• Il faut toujours vérifier la température de l’eau du bain ou du robinet, en particulier pour les très jeunes enfants.
• Il ne faut jamais tenter d’allumer ou de ranimer un feu ou un barbecue avec de l’alcool à brûler ou de l’essence ! De même qu’il ne faut jamais fumer en présence de substances inflammables.
• Il ne faut jamais faire de travaux électriques sans avoir coupé l’alimentation.
• Il faut absolument mettre les produits ménagers ou de bricolage dangereux hors de portée des enfants (placard élevé et sécurisé) pour éviter les brûlures chimiques.

Brûlure : PLUS D’INFOS

La brûlure en France

On estime que chaque année, 200 000 personnes sont victimes de brûlures en France.
Entre 12 000 et 13 000 hospitalisations pour brûlures sont recensées chaque année dont plus d’un tiers concernent les enfants de moins de 5 ans.

Les liens de la brûlure

http://www.brulures.be/index.php/premiers-soins/fr/

Les liens Pourquoi Docteur

Brûlures : 1 victime sur 4 est un jeune enfant
Accidents de la vie courante : près d'un foyer sur deux touché
Pétards du 14 juillet : la bête noire des chirurgiens orthopédiques

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