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Anaplasmose : une autre infection transmise par les morsures de tiques

Publié le 06.04.2021
Mise à jour 06.04.2021
Anaplasmose : une autre infection transmise par les morsures de tiques
iStock/Bulat Sylvia

L'anaplasmose est également une maladie infectieuse bactérienne transmise par les tiques. Cette bactérie pénètre dans certains globules blancs. Dans la plupart des cas bénigne (frissons, maux de tête et douleurs musculaires), la maladie peut être plus sévère chez les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli. L'anaplasmose se traite facilement par antibiotiques et on peut réduire le risque d'infection en évitant les morsures de tiques.

Anaplasmose : une autre infection transmise par les morsures de tiques : COMPRENDRE

Des mots pour les maux

« L’anaplasmose granulocytotropique humaine » ou « anaplasmose granulocytaire humaine », provoque une maladie infectieuse qui existe aux États-Unis et en France, dans les régions où la tique, son vecteur, est endémique (surtout nord-est de la France). 

Il s’agit d’une maladie vectorielle est une maladie qui est causée par un agent parasite véhiculé et inoculé ou déposé par un vecteur vivant 

Qu'est-ce que l’anaplasmose ?

L’anaplasmose est une infection causée par une bactérie, Anaplasma phagocytophilum (anciennement Ehrlichia phagocytophila). 

Cette bactérie est transmise par les tiques et, du fait de ce même vecteur et de la même région d’endémie, les personnes mordues par une tique peuvent avoir une co-infection avec une maladie de Lyme ou une babésiose

L’infection initiale par l’anaplasmose est caractérisée par des symptômes tels qu’un syndrome grippal, des éruptions sur la peau, des signes gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées et douleurs intestinales) et problèmes neuropsychiatriques (syndrome confusionnel). 

Des cas d'anaplasmose ont été rapportés après des transfusions de sang provenant de donneurs asymptomatiques ou ayant une infection aiguë.

Quelles sont les signes de l’anaplasmose ?

Bien que la majorité des infections à Anaplasma phagocytophilum soient asymptomatiques, la plupart des anaplasmoses humaines provoquent l'apparition brutale d'un syndrome grippal, avec des symptômes non spécifiques tels que fièvre, frissons, douleurs articulaires ou musculaires, faiblesse, survenant habituellement 12 jours après la morsure de tique

Mais on peut également observer des nausées, des vomissements, une toux, des maux de tête (« céphalée ») et une sensation de malaise. Une éruption sur la peau, à type « d’éruption maculo-papuleuse » ou de « pétéchies » sur le tronc et les extrémités (petites taches rouges ou violettes en relief sur la peau), est rare dans l'anaplasmose (alors qu’elle est plus fréquente dans l’ehrlichiose). 

Quelles sont les complications de l’anaplasmose ?

Les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli par des traitement immunosuppresseurs (corticoïdes, chimiothérapie, immunosuppresseurs après une greffe d'organe), une infection à VIH, ou le retrait en chirurgie de la rate (« splénectomie »), peuvent être atteintes plus gravement, ce qui peut entraîner des complications respiratoires (SDRA ou syndrome de détresse respiratoire aiguë), des infections opportunistes (candidose œsophagienne, infection HSV, cryptococcose, aspergillose pulmonaire invasive), des complications neurologiques (convulsion et coma) et une insuffisance rénale.

Anaplasmose : une autre infection transmise par les morsures de tiques : QUE FAIRE ?

Quand faut-il évoquer une anaplasmose ?

Il faut évoquer une anaplasmose devant une fièvre, avec syndrome grippal, survenant 10 à 12 jours après une morsure de tique.  

Les diagnostics différentiels sont, bien sûr, les autres infections transmises par les tiques : Lyme (pas de fièvre), méningo-encéphalite à tique, rickettioses, babésiose ; mais aussi des viroses : MNI, CMV..., des infections à VIH et l’Ehrlichiose monocytaire (rare en Europe), avec un tableau analogue mais des signes cutanés et méningés plus fréquents.

Comment faire le diagnostic d’anaplasmose ?

Des examens de sang peuvent détecter des anomalies telles qu’une baisse du taux des globules blancs (« leucopénie ») et des plaquettes (« thrombopénie ») et une élévation des enzymes du foie (aminotransférases).

Il existe des tests sérologiques diagnostiques pour l'anaplasmose, mais assez tardifs (positivité 4 semaines après l’infection), mais la PCR dans le sang est plus sensible et plus spécifique et peut permettre un diagnostic plus rapide = recherche d’Anaplasma phagocytophilum

Sur le frottis sanguin, après coloration, des inclusions cytoplasmiques (« morula ») peuvent être observées dans les neutrophiles.

Comment traiter une anaplasmose ?

Le traitement principal est un antibiotique particulier car à action également intracellulaire, la doxycycline, 200 mg par voie orale en 1 prise, puis 100 mg en 2 fois par jour jusqu'à l'amélioration de l'état du patient et la baisse de la fièvre, poursuivi pendant au moins 7 jours. En cas d’échec, il est possible d’envisager une quinolone ou la rifampicine (seule recommandée chez l’enfant du fait des risque de coloration définitives des dents sous cyclines).

Le traitement est d’autant plus efficace qu’il est débuté le plus tôt possible. Un retard de traitement peut aboutir à des complications ou des surinfections.

Certains malades guéris continuent à ressentir des maux de tête, une faiblesse et des sensations de malaise pendant des semaines après un traitement bien conduit.

Comment éviter d’avoir une anaplasmose ?

Aucune vaccination n’existe contre l’anaplasmose et la seule prévention est d’éviter de se faire mordre par des tiques.

Lors d’une promenade dans les zones boisées ou envahies par la végétation, du printemps à l’automne, il vaut mieux porter des chaussures fermées, des pantalons et des chandails à manches longues. Il peut même être conseillé de rentrer les jambes de pantalon dans les chaussettes dans les zones où la maladie de Lyme sévit tout particulièrement. Dans ces circonstances, il peut même être nécessaire d’utiliser un insectifuge à appliquer sur la peau découverte.
Il est généralement conseillé de porter des vêtements de couleur claire afin de repérer les tiques plus facilement et de les faire tomber avant qu’elles ne pénètrent sous les vêtements.
Les tiques se fixent à la peau mais leur élimination dans les 24 à 36 heures prévient habituellement l'infection. Il faut donc effectuer des inspections sur le corps des enfants et des chiens à la recherche de tiques après une promenade en forêt. La prise d’une douche ou d’un bain après la sortie est une bonne manière de le faire.
Lorsqu’une tique est fixée sur la peau, il convient de la retirer prudemment en retirant en même temps la tête qui peut être infectée. Deux méthodes sont couramment utilisées pour retirer la tique avec sa tête : La première est de se servir d'un « tire-tique ». La deuxième méthode est de se servir de pinces propres pour attraper la tête le plus près possible de la peau, sans comprimer l'abdomen, et de retirer ensuite la tique entière. Il faut ensuite nettoyer le site de la morsure avec de l'eau et du savon ou de l'alcool ou du désinfectant. Si la tête de la tique se sépare et reste dans la peau, il faut essayer de la retirer à l'aide des pinces.

Comment réduire la présence des tiques près de sa maison ?

Pour empêcher les tiques de s'établir près des maisons d'habitation (si elles sont situées près d’une zone sauvage ou d’un bois), il est conseillé de tondre régulièrement la pelouse et d’entretenir la cour. Il faut aussi retirer les feuilles mortes, les broussailles et les mauvaises herbes en bordure de la pelouse et près des murs de pierre.
Il faut empêcher l'activité des rongeurs en nettoyant et en scellant les murs de pierre et les petites ouvertures autour de la maison.
Il faut empêcher les animaux domestiques, et particulièrement les chiens, d'aller dans les bois et mettre éventuellement des répulsifs à tiques sur les animaux domestiques.
Il faut disposer les balançoires et les carrés de sable des enfants à distance des terrains boisés. Il en est de même pour les réserves à bois.
Les terrasses en pierre ou en béton sont à privilégier dans les zones d’endémie.

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