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Hépatite A : une maladie très contagieuse pour les voyageurs

Publié le 16.06.2018
Mise à jour 16.06.2018
Hépatite A : une maladie très contagieuse pour les voyageurs
© 123RF-Antonio Oquias

L’hépatite A est une infection virale du foie très présente dans les pays en voie de développement. Le virus VHA se transmet entre personnes ou au contact d’objets et aliments contaminés. C’est l’une des principales maladies que l’on peut contracter au cours d’un voyage alors qu’elle est évitable par la vaccination.

Hépatite A : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
L’hépatite A est une infection virale du foie dont l’évolution est le plus souvent bénigne (inflammation aiguë simple du foie) et plus rarement grave (destruction du foie au cours d’une hépatite fulminante).
La coloration en jaune de la peau et des conjonctives des yeux (jaunisse) est appelée « ictère » par les médecins. Elle est liée à la destruction des cellules du foie (cytolyse) qui aboutit au relargage de la bilirubine dans le sang.
Le virus de l’hépatite A (VHA) se transmet par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés (« péril fécal ») ou par contact direct avec une personne infectée.
Contrairement aux hépatites B et C, l’hépatite A n’entraîne pas de maladie chronique du foie et elle est rarement mortelle, mais elle peut provoquer une grande fatigue et un malaise important avec nausées et anorexie.
L’hépatite fulminante (insuffisance hépatique aiguë) est rare mais elle est alors associée à une mortalité élevée (réaction immunitaire excessive de l’organisme contre les cellules infectées du foie ainsi que celles qui ne sont pas infectées).
L’hygiène et la vaccination contre l’hépatite A constituent les moyens les plus efficaces de se protéger de la maladie. Au niveau des pays en voie de développement, un meilleur assainissement des eaux de boissons et la vaccination sont les moyens d’envisager une éradication.

Qu'est-ce que l'hépatite A ?

L'hépatite A est une infection aiguë du foie qui est provoquée par le virus de l'hépatite A (VHA). Le VHA est un petit virus à ARN (picornavirus).
Après avoir été ingéré par voie orale, le virus envahit la circulation sanguine en traversant la membrane qui recouvre la cavité de la bouche ou de l’intestin (l’épithélium). Le sang achemine ensuite le VHA vers sa cible, le foie, où il se multiplie à l’intérieur des cellules de cet organe (hépatocytes et cellules de Kupffer).
Ce n’est pas le virus qui détruit ces cellules, mais la réaction de défense immunitaire de l’organisme, ce qui explique que dans de rares cas, cette réaction puisse aller au-delà du nécessaire (détruire les cellules infectées) et détruire complètement le foie.
L'infection provoque donc des lésions inflammatoires du foie et des altérations des cellules du foie, qui aboutissent à leur destruction (cytolyse) par le système immunitaire. Une régénération des cellules du foie intervient à la guérison de l’infection. A partir du foie, les virus sont excrétés dans la bile, puis dans les selles, ce qui explique la contamination des autres personnes, si les eaux usées sont insuffisamment retraitées.
L’hépatite A guérit seule, sans traitement, en 10 à 20 jours. De rares formes aiguës et graves sont observées (hépatite fulminante = 0,5 % des cas). Parfois, on peut observer des formes prolongées qui se caractérisent par une évolution sur plusieurs semaines ou mois, mais surtout des formes avec rechutes (1 à 2 % des cas) survenant après une guérison apparemment complète ou une rémission partielle. Cependant, cette maladie n'évolue jamais vers une forme chronique.
La maladie touche surtout le jeune adulte et l'enfant et est immunisante : lorsqu'on a eu une fois l'hépatite A, on ne peut pas la contracter à nouveau (en revanche, on peut avoir une autre hépatite, virale ou toxique).

Combien existe-t-il d’hépatites virales ?

À ce jour, cinq virus capables de provoquer une infection et une inflammation du foie ont été identifiés. Ces virus sont désignés par les lettres A, B, C, D et E, et diffèrent par leur mode de transmission et leur agressivité.
Le virus de l’hépatite B se transmet par contamination « manu-portée » ou lors des transfusions et des rapports sexuels. Il donne des hépatites aiguës et des hépatites chroniques.
Le virus de l’hépatite C se transmet par piqûre lors des transfusions, lors de la prise de drogue, lors des tatouages ou lors de soins médicaux mal réalisés. La transmission lors des rapports sexuels est très rare. L’infection à VHC donne essentiellement des hépatites chroniques.
Le virus de l’hépatite D n’atteint que les personnes déjà contaminées par le virus de l’hépatite B. Le virus de l’hépatite E a un mode de contamination très voisin de celui de l’hépatite A.

Comment l'hépatite A se transmet-elle ?

Le mode de transmission de l'hépatite A est de type « oro-fécal », c’est-à-dire que la transmission se fait :

• De façon directe, de personne à personne, notamment dans les collectivités (crèche, école maternelle/primaire) et dans certains groupes à risque (voyageurs en zone d'endémie, utilisateurs de drogues...).
La transmission est facilitée par le fait qu’une personne malade est contagieuse 15 jours avant l'apparition de la jaunisse (coloration jaune de la peau due à la présence de pigments biliaires = ictère) et en général quelques jours après.

• De façon indirecte, par l'intermédiaire d’une ingestion d'eau contaminée par les virus présents dans les selles des personnes malades (puits, piscines insuffisamment traitées), de coquillages récoltés en eau insalubre et consommés crus ou peu cuits (moules, palourdes, huîtres), d'aliments contaminés, consommés crus (salade, tomates, fraises/framboises surgelées...), d'objets souillés (contamination « manu-portée).

 

Hépatite A : DIAGNOSTIC

Les symptômes de l'hépatite A

L'incubation est de 14 à 28 jours en moyenne, mais peut être plus prolongée (jusqu’à 6 semaines). Le virus est présent dans les selles avant l'apparition des signes cliniques. Les signes de la maladie à la phase d’état durent en moyenne 28 jours.
La phase d’état de la maladie est séparée en deux périodes :
• Une phase pré-ictérique (c’est-à-dire « avant la jaunisse »), qui précède donc l'apparition de l'ictère (coloration jaune de la peau en raison de la présence de pigments biliaires). Elle dure de une à trois semaines.
L’infection est marquée par une perte d'appétit, un syndrome grippal (avec fièvre, céphalées et douleurs musculaires), des nausées, une fatigue importante, des douleurs au niveau du ventre, des douleurs des articulations, et parfois un urticaire.

• Une phase ictérique : l'ictère (ou jaunisse) s'accompagne d'une décoloration des selles, d'urines foncées et, plus rarement, de démangeaisons (« prurit »).
Les signes de la phase pré-ictérique s'atténuent puis disparaissent dans les jours qui suivent l'installation de la jaunisse. Parfois, il n'y a pas de jaunisse : seuls les signes de la phase pré-ictérique existent.
Chez l'enfant de moins de six ans, la maladie passe le plus souvent inaperçue (70 % des cas).

Comment diagnostiquer l'hépatite A ?

En présence de signes cliniques évoquant le diagnostic (perte d'appétit, syndrome grippal avec fièvre, céphalées et douleurs musculaires, nausées, fatigue importante,…), le médecin traitant examine le malade à la recherche d’un ictère débutant et d’une augmentation de volume du foie lors de la palpation de l’abdomen.  Il s’agit de trouver d’autres signes en faveur de l’hépatite et d’éliminer les autres maladies.

C’est la prescription d’une prise de sang (pour des examens biologiques) qui permettra le diagnostic :
• Une élévation du taux dans le sang des transaminases, dont l’alanine aminotransférase (ALAT), témoignera de l’existence de lésions des cellules du foie (la « cytolyse hépatique »),
• Le dosage d'anticorps contre le virus de l'hépatite A (VHA) est essentiel au diagnostic. Ces anticorps apparaissent très tôt dans la maladie et sont détectables dès les premiers signes cliniques.

Les anticorps IgM sont présents dans le sang seulement lors de l'infection initiale par le virus de l’hépatite A. Ils sont décelables une à deux semaines après l'infection initiale et persistent jusqu'à 14 semaines.
La présence d'anticorps IgG dans le sang signifie que la phase aiguë de la maladie est terminée et que la personne est à l'abri d’une nouvelle infection. Les anticorps IgG contre le VHA sont également retrouvés dans le sang après une vaccination.
Par ailleurs, le virus est présent dans le sang (virémie) et les selles des personnes infectées jusqu’à 2 semaines avant les signes cliniques.

Hépatite A : TRAITEMENT

Comment évolue une hépatite A ?

L'hépatite A guérit en quelques semaines sans traitement (28 jours en moyenne après l’apparition des signes cliniques). On observe cependant des formes prolongées sur plusieurs semaines, mais il n'y a pas d'infection chronique (contrairement à l’hépatite B ou C).
L’hépatite A guérit spontanément et induit une immunité à vie (une deuxième infection est impossible, ce sera une autre hépatite). Il existe des cas exceptionnels d’hépatite A d’emblée très graves avec défaillance progressivement complète du foie.
En cas d’hépatite A, le

Comment traite-t-on une hépatite A ?

Il n'existe pas de traitement antiviral spécifique de l'hépatite A et le malade guérit spontanément en 28 jours en moyenne.
En revanche, la guérison des symptômes consécutifs à l’infection peut être lente et prendre plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Le traitement vise donc principalement à améliorer le confort de vie et à assurer un bon équilibre nutritionnel pour le malade (traitement symptomatique), par exemple à remplacer les pertes liquidiennes dues aux vomissements et à la diarrhée…
Le médecin donnera des conseils indispensables pour éviter d’aggraver les lésions du foie avant que survienne la guérison de l’hépatite A. Il est ainsi toujours conseillé aux malades de se reposer, d’éviter les aliments gras et surtout l'alcool (qui peut être mal toléré pendant quelques mois au cours de la phase de convalescence et provoquer des rechutes mineures). Il faut aussi avoir une alimentation équilibrée et respecter une bonne hydratation à la phase aiguë.
Il est aussi important que le malade ne prenne aucun médicament de sa propre initiative : beaucoup peuvent avoir un retentissement sur le foie et donc risquer d’aggraver ou de compromettre la guérison. De plus, certains médicaments sont normalement activés ou dégradés par le foie et l’hépatite risque de modifier leur efficacité ou leur toxicité.
La vaccination des proches peut être envisagée.
Une éviction du travail pour toute personne infectée par l'hépatite A et manipulant des denrées alimentaires est obligatoire pendant les 10 jours suivant le début de l'ictère (ou des signes cliniques). Le nourrisson et l’enfant sont gardés à domicile et ne doivent retourner en collectivité que 10 jours après l’apparition de l'ictère (ou des signes cliniques).

Hépatite A : PREVENTION

Comment prévenir une hépatite A ?

La vaccination et les mesures d’hygiène en prévention de l'hépatite A permettent d'éviter la transmission et/ou la survenue de la maladie.
Les gestes indispensables pour éviter la transmission de l'hépatite A par une personne malade sont les suivants :
• Il faut se laver souvent les mains (avant de préparer les repas, de manger, après être allé aux toilettes ou à la salle de bains...),
• Il faut nettoyer les toilettes avec un désinfectant et accentuer le nettoyage des surfaces fréquemment touchées par le malade (les poignées de porte, les toilettes, les lavabos, les essuie-mains, les ustensiles de cuisine et le plan de travail). Les personnes malades ne doivent pas participer à la préparation des repas et il faut éviter de partager les verres et les couverts à table.

Que faire dans les pays où l’hygiène est précaire ?

Le risque de transmission dépend de facteurs tels que la destination, la durée du séjour et les conditions de vie sur place.
Le risque d'hépatite A est plus élevé pour les voyageurs qui visitent des régions rurales ou y habitent et qui consomment des aliments ou des boissons dans des endroits insalubres ou dont les pratiques de manipulation des aliments sont incertaines.
Le risque d'hépatite A existe cependant aussi pour les voyageurs qui séjournent même brièvement dans les grandes villes, même dans des hôtels de luxe, même s’ils prennent des précautions en matière d'hygiène et s’ils font attention à ce qu'ils mangent et à l'eau qu'ils utilisent.
Il faut se laver souvent les mains, et en particulier avant de manger et après le passage aux toilettes. En l'absence d'eau ou de savon, il faut utiliser un gel ou une solution hydro-alcoolique.
Il ne faut consommer que de l'eau en bouteille capsulée (bouteille ouverte à la table) ou rendue potable par ébullition (1 minute à gros bouillons) ou par filtration (filtre portatif) et désinfection. Il faut, bien sûr, éviter les glaçons et les glaces.
En termes d’alimentation, il faut uniquement boire du lait pasteurisé ou bouilli. Les fruits et les légumes doivent être pelés. Il faut éviter les crudités, les coquillages, les plats réchauffés et les jus de fruits frais préparés de façon artisanale. Les œufs, les viandes, les poissons et les crustacés doivent être bien cuits.

Quand faut-il se vacciner contre l’hépatite A ?

Le vaccin est produit à partir d’un virus inactivé. La vaccination comprend une injection suivie d'un rappel 6 à 12 mois plus tard (si la seconde dose n’a pas été administrée dans ce délai, elle peut l’être dans un délai plus long de  3 à 5 ans selon la spécialité utilisée). La protection dure au moins 10 ans.
Le vaccin de l'hépatite A est très efficace et bien toléré.
Il est recommandé :
• Chez certains enfants et adolescents : enfants séjournant dans des structures collectives (crèches...), enfants atteints de mucoviscidose ou d'une maladie chronique du foie, enfants à partir de l'âge de 1 an, nés de familles dont l'un des membres au moins est originaire d'un pays où l'infection est fréquente et qui sont susceptibles d'y séjourner, enfants de l'entourage familial d'une personne atteinte d'hépatite A. Le vaccin peut être utilisé dès l'âge de 1 an.
• Chez certains adultes : personnes atteintes de mucoviscidose, personnes infectées de manière chronique par le virus de l'hépatite B, personnes porteuses d'une maladie chronique du foie (notamment due au virus de l'hépatite C ou à une consommation excessive d'alcool), homosexuels masculins avec comportements sexuels à risques, personnes exposées à un risque professionnel (chargées du traitement des eaux usées et des égouts) et impliquées dans la préparation alimentaire en restauration collective).
• Dans l'entourage d'une personne atteinte d'une hépatite A : personnes vivant sous le même toit (famille, communauté).
• Chez les voyageurs devant séjourner dans un pays où l'hygiène est précaire, particulièrement pour les personnes souffrant d'une maladie chronique du foie et de mucoviscidose.

Hépatite A : PLUS D'INFOS

Environ 40 % des hépatites virales aiguës sont dues au VHA.
En France, il y a en moyenne 1300 nouveaux cas d'hépatite A chaque année.
Ils sont plus nombreux en septembre-octobre, en raison des retours de vacances passées dans un pays où l'hygiène est précaire, donc à haut risque de contamination.

Les liens de l’hépatite A :

Le site de l’OMS
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs328/fr/

Le site Wikipedia
https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9patite_A

Les liens de Pourquoi Docteur

Hépatite A : des baies rouges contaminent 9 personnes

OMS : les hépatites font 1,4 million de morts chaque année

Tout savoir sur l'hépatite B

 

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