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Cancer du foie : un diagnostic souvent trop tardif

Publié le 12.02.2019
Mise à jour 12.02.2019
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Cancer du foie : un diagnostic souvent trop tardif
magicmine/istock

Le cancer primitif du foie est une tumeur cancéreuse qui prend naissance dans les cellules du foie. Cette tumeur peut ensuite envahir les tissus voisins. Le cancer secondaire du foie (ou « métastases ») provient d’un cancer qui a pris naissance dans un autre organe du corps.

Cancer du foie : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Les « tumeurs cancéreuses » du foie sont également appelées « tumeurs malignes » du foie.
Le « cancer primitif » du foie désigne une tumeur cancéreuse qui prend naissance dans les cellules du foie : les « hépatocytes ».Le « cancer secondaire » du foie (ou « métastase ») provient d’un cancer qui a pris naissance dans un autre organe du corps et dont certaines cellules ont migré dans le foie par voie sanguine

Qu’est-ce qu’un cancer du foie ?

Le cancer du foie est une tumeur maligne caractérisée par le développement d’un ou plusieurs nodules cancéreux dans le foie.
Le foie est un organe essentiel au fonctionnement de l’organisme et qui ne peut pas être suppléé. En revanche, un quart seulement du foie suffit à assurer ses principales fonctions et le foie a des capacités de régénération très importantes qui lui permettent de reprendre une fonction normale à partir d’une fraction réduite de sa masse. Enfin, il est possible d’envisager des greffes de foie.
Dans la grande majorité des cas, ces nodules se développent dans un foie malade, en raison d’une affection chronique qui a provoqué une surcharge en graisse du foie (« stéatose ») ou des lésions cicatricielles généralisées (« cirrhose »). Ces maladies peuvent être l’alcoolisme, une stéatose au cours d’un diabète de type 2, une hépatite virale chronique ou une surcharge en fer au cours d’une hémochromatose.
Le cancer du foie reste longtemps « silencieux », c’est-à-dire sans provoquer de signes cliniques, ce qui rend son diagnostic précoce difficile. En conséquence, les personnes chez lesquelles ce cancer est finalement découvert souffrent souvent de formes avancées, plus difficiles à traiter.
Le nombre de cancers du foie diagnostiqués chaque année est en baisse sensible, en particulier en raison du nombre de personnes traitées contre l’hépatite C.

Quels sont les différents types de cancers du foie ?

• Le « carcinome hépatocellulaire », ou « hépatocarcinome », est la forme la plus fréquente de cancer primitif du foie (90 % des cancers primitifs du foie). Il prend naissance dans les cellules qui forment la majeure partie du foie (appelées « hépatocytes »). Le carcinome hépatocellulaire se développe le plus souvent chez les personnes qui ont un foie endommagé, comme par exemple au cours d’une cirrhose (cicatrisation du foie) alcoolique, virale ou toxique. Il peut prendre la forme d’une seule tumeur qui peut devenir très grosse si elle n’est pas détectée de façon précoce. Le « carcinome fibrolamellaire » est une variante qui apparaît surtout chez les femmes âgées de moins de 40 ans.
D’autres formes de cancers primitifs du foie sont plus rares : Lorsqu’un cancer prend naissance dans un canal biliaire à l’intérieur du foie, on le désigne sous le nom de « cancer des canaux biliaires intrahépatiques » ou de « cholangiocarcinome ». Les canaux biliaires sont les tubes qui acheminent la bile, qui contribue à la digestion des gras, du foie vers l’intestin grêle.
Il est également possible d’observer des « sarcomes des tissus mous » (« angiosarcome », « léiomyosarcome », « fibrosarcome », « histiocytome fibreux malin », « rhabdomyosarcome »), mais aussi des cancers développés à partir des cellules des vaisseaux du foie (« hémangioendothéliome épithélioïde »), à partir des cellules endocrines (« tumeur neuroendocrine »), à partir des cellules immunitaires comme le lymphome non hodgkinien, (habituellement un lymphome non hodgkinien diffus à grandes cellules B ou un lymphome T hépatosplénique)…
• Les « métastases hépatiques », qui sont des tumeurs secondaires du foie, sont bien plus fréquentes que le cancer primitif du foie. Une métastase hépatique désigne un cancer issu d’un cancer qui a pris naissance dans un autre organe du corps et qui s’est propagé au foie. Dans ce cas, la tumeur qui se trouve dans le foie est composée de cellules du type où le cancer a pris naissance, et non de cellules hépatiques. Par exemple, le cancer colorectal se propage souvent au foie : on parle alors de « cancer colorectal avec métastase hépatique », et ce cancer secondaire serait traité comme un cancer colorectal, et non comme un cancer primitif du foie. Les cancers qui « métastasent » souvent au foie sont surtout les cancers du pancréas, du sein, de la vésicule biliaire et des canaux biliaires, le cancer colorectal, le cancer de l’estomac, de l’œsophage, du poumon, de la peau (« mélanome »), de l’ovaire, de l’œil, et les neuroendocriniens.

Quels sont les signes du cancer du foie ?

Au début de la maladie et pendant longtemps, le cancer du foie ne cause aucun problème et il n’y a aucun signe. Le foie est, en effet, un organe volumineux avec de grosses capacités de compensation et il peut fonctionner normalement même s’il renferme une grosse tumeur.
Les signes apparaissent lorsque la tumeur grossit et provoque des complications, par exemple si elle obstrue les canaux biliaires.
De plus, les signes ne sont pas spécifiques du cancer du foie et d’autres maladies, dont la cirrhose, peuvent causer les mêmes signes que le cancer du foie. Il en est ainsi des douleurs du ventre (lesquelles peuvent irradier jusqu’à l’épaule droite), des nausées et des vomissements, une perte d’appétit, une sensation de « trop manger », même après un repas léger (appelée « satiété précoce »), une diarrhée, une constipation, une perte de poids, un renflement sous les côtes à droite, un gonflement proéminent de l’abdomen (causé par une accumulation de liquide appelée « ascite »), un gonflement des pieds et des jambes causé par une accumulation de liquide (appelé « œdème »), une fatigue avec une faiblesse.

Quels sont les facteurs de risque du cancer du foie ?

Lorsque les cellules du foie sont agressées de manière prolongée, elles meurent et sont remplacées par du tissu fibreux : c’est la « fibrose ».
La « cirrhose » est la phase terminale de la fibrose et c’est le facteur de risque le plus important de cancer du foie. Elle apparaît lorsque que le tissu sain du foie est remplacé par du tissu cicatriciel. La circulation du sang dans le foie est alors bloquée, ce qui empêche l'organe de fonctionner normalement. La cirrhose n’est pas seulement provoquée par l’alcoolisme et d’autres facteurs peuvent également être à l’origine de cirrhose : les hépatites chroniques B et C, l’accumulation de graisse dans le foie en rapport avec une obésité. Les études les plus récentes démontrent que les traitements anti-viraux, du moment qu'ils font disparaître le virus de l'hépatite C dans le sang, réduisent la mortalité et le risque de cancer, même en cas de cirrhose déjà installée.
De plus, le tabagisme peut s’associer aux autres facteurs pour accroitre le risque de cancer du foie : la plupart des cancers sont attribuables à de nombreux facteurs de risque.
L'aflatoxine est une sorte de « mycotoxine » (toxine produite par des moisissures et des champignons). Elle peut contaminer différents aliments dont les céréales comme le maïs, le riz et le blé, les graines oléagineuses comme l'arachide, le soja et le tournesol, des épices comme le piment chili, le poivre noir et le gingembre, des noix comme l’amande, la noix, la pistache et la noix du Brésil ou des aliments provenant d'animaux nourris avec du grain contaminé par les aflatoxines.
Le chlorure de vinyle est employé dans l'industrie des plastiques afin de fabriquer du polychlorure de vinyle (PVC) qui est utilisé dans de nombreux produits. « L’hémochromatose » (surcharge de fer) est une maladie héréditaire dans laquelle l’organisme stocke une quantité de fer plus élevée que la normale. Cet excès de fer s'accumule dans divers tissus, en particulier dans le foie. Quand le foie emmagasine trop de fer et que l'affection n'est pas traitée, l'organe peut subir des dommages (cirrhose).

Quelles sont les complications du cancer du foie ?

• Une « encéphalopathie hépatique » survient lorsque le foie ne fonctionne plus correctement et que des déchets s’accumulent dans le sang et différents signes en rapport avec « l’intoxication du cerveau » apparaissent : confusion mentale, somnolence, changement de la personnalité ou de l’humeur, nervosité et anxiété, troubles de l’élocution (difficulté à articuler), haleine avec une odeur sucrée ou de moisi, tremblements ou difficulté à maîtriser le mouvement des mains et des bras, et enfin, coma.
• « L’hypertension portale » désigne une augmentation de la pression sanguine dans la veine principale qui achemine le sang au foie (la « veine porte »). Cela peut se produire lorsqu’une tumeur hépatique bloque la circulation du sang dans cette veine, ou encore en présence d’une cirrhose importante. L’augmentation de la pression sanguine entraîne la formation de grosses veines, ou « varices », dans l’estomac et l’œsophage afin de permettre au sang de contourner le blocage. Les varices sont très fragiles et peuvent facilement saigner et les signes de l’hypertension portale comprennent : une bosse du côté gauche du ventre (causée par un gonflement de la rate ou « splénomégalie »), une accumulation de liquide dans l’abdomen (appelée « ascite »), un essoufflement (causé par une accumulation de liquide autour des poumons, appelée « épanchement pleural ») et des hémorragies digestives, soit minimes avec du sang dans les selles (couleur noire et goudronneuse), soit massives avec des vomissements de sang.
• Lorsqu’il est diagnostiqué de manière tardive, le cancer du foie peut être traité de manière curative (élimination complète) chez environ un tiers des malades. Dans les autres cas, des traitements sont possibles mais le taux de récidive est élevé (dans 80 à 85 % des cas cinq ans après le premier diagnostic).
• Le taux de survie cinq ans après un diagnostic de cancer du foie varie fortement selon le stade d’évolution du cancer au moment du diagnostic : de 25 % dans les formes où la tumeur est localisée à moins de 10 % dans les formes où la tumeur est plus étendue.
Lorsqu’une greffe de foie a été réalisée pour traiter le cancer, le taux de survie à cinq ans est d’environ 70 %.

Cancer du foie : DIAGNOSTIC

Quand faut-il évoquer un cancer du foie ?

Lorsqu’un cancer du foie apparaît, c’est le plus souvent sur un foie déjà malade, généralement en raison d’une cirrhose alcoolique ou d’une cirrhose secondaire à une hépatite virale. La découverte d’un cancer du foie se fait alors fréquemment lors du suivi de la maladie initiale du foie.
Le cancer du foie peut également être découvert chez une personne en bonne santé, mais les signes de la maladie sont alors le plus souvent tardifs et peu spécifiques du cancer : douleurs du ventre, surtout si elles irradient à l’épaule droite, un renflement sous les côtes à droite, des nausées et des vomissements, une perte d’appétit, une sensation de « trop manger », même après un repas léger, une diarrhée, une constipation, une perte de poids ou à l’inverse une prise de poids avec un gonflement de l’abdomen (« ascite »), un œdème des pieds et des jambes, une fatigue avec une faiblesse.

Comment diagnostiquer un cancer du foie ?

En général, le diagnostic de cancer du foie débute lorsqu’un examen révèle que le foie pourrait avoir un problème.
Le médecin questionnera la personne sur les signes ressentis et effectuera un examen clinique. Il posera également de nombreuses questions sur les antécédents médicaux (cirrhose, infection au virus de l’hépatite B ou C, consommation d’alcool, tabagisme, métier…).
En se basant sur cet examen initial, il va adresser la personne à un spécialiste ou prescrire des examens afin de vérifier la présence d’un cancer du foie. Cette période de diagnostic peut sembler longue et inquiétante, mais il ne faut pas oublier que d’autres maladies peuvent causer des signes très semblables à ceux du cancer du foie. Il est donc important que le médecin élimine toute autre cause possible avant de poser un diagnostic de cancer du foie.
De nombreux examens complémentaires permettent de poser un diagnostic de cancer et ils permettent également d’en déterminer « le stade », c’est-à-dire l’étendue de la progression de la maladie.
Les prises de sang permettent de mesurer le taux de certaines substances chimiques dans le sang. Les tests de la fonction hépatique (ou « bilan hépatique ») sont un ensemble d’analyses biochimiques sanguines qu’on prescrit souvent ensemble. Bien qu’ils ne permettent pas de diagnostiquer le cancer du foie, ils peuvent indiquer au médecin qu’il pourrait y avoir un problème avec le foie. Les phosphatases alcalines sont des enzymes, c’est-à-dire des protéines qui accélèrent certaines réactions chimiques dans le corps. Elles sont sécrétées par le foie et d’autres tissus, mais un taux élevé de phosphatases alcalines peut être un signe que le foie est endommagé. L’alanine aminotransférase (ALAT) ou SGPT est une enzyme que l’on détecte dans le foie et les reins. On mesure souvent un taux élevé d’ALAT dans le sang avant même l’apparition de signes dus à des dommages au foie. L’aspartate transaminase (ASAT) ou SGOT est une enzyme que l’on détecte dans les cellules du foie, des muscles et du cœur. Quand les cellules du foie ou du cœur sont endommagées, elles libèrent aussi du SGOT dans le sang. Le temps de céphaline (TC) est une mesure du temps que prend un prélèvement de sang pour former un caillot dans une éprouvette quand on lui ajoute certains produits chimiques. Le temps de coagulation est très dépendant des protéines de la coagulation qui sont fabriquées par le foie.
D’autres analyses biochimiques sanguines peuvent être effectuées pour savoir si le foie est malade. La « glycémie » est une mesure de la quantité de glucose (sucre) dans le sang. Le foie libère du glucose dans le sang pour maintenir une glycémie normale. Un faible taux de glucose dans le sang (« hypoglycémie ») peut indiquer que le foie est endommagé.
Une échographie du foie et des voies biliaires utilise des ondes sonores de haute fréquence pour produire des images des structures du foie et on s’en sert pour vérifier si le foie est plus gros que la normale ou s’il a épaissi, ou encore pour déterminer si une masse qui se trouve dans le foie est une tumeur solide ou si elle est remplie de liquide (comme un kyste). L’échographie peut être complétée à une échographie abdominale afin de voir s’il y a des ganglions et des métastases.
Les médecins peuvent aussi utiliser l’échographie pour les guider vers la tumeur du foie lors d’une biopsie. Lors d’une biopsie, le médecin prélève des morceaux de foie afin de les analyser en laboratoire. Le rapport issu du laboratoire confirme la présence ou l’absence de cellules cancéreuses dans la biopsie.
Les médecins utilisent aussi le scanner ou l’IRM pour obtenir des renseignements plus précis sur la taille, la forme et l’emplacement de la tumeur, pour décider si la tumeur hépatique peut être enlevée par une chirurgie ainsi que pour détecter des signes de propagation du cancer aux organes voisins. Un scanner du thorax, de l’abdomen et du pelvis permet de confirmer le diagnostic de cancer du foie évoqué par les résultats de l'échographie. Il permet également de repérer d'autres nodules et d’éventuelles extensions de la tumeur sur d’autres organes (ganglion, os, poumon, glande surrénale, péritoine). Une IRM peut aussi être effectuée en complément du scanner. L’IRM donne des images précises de la tumeur et permet de voir une éventuelle extension vers les vaisseaux sanguins du foie.
Il est habituel de demander une radiographie pulmonaire pour savoir si le cancer du foie s’est propagé aux poumons, mais le scanner est plus précis. Dans certains cas, une scintigraphie osseuse et des radiographies osseuses peuvent être nécessaires pour rechercher une propagation du cancer du foie au os.
Les marqueurs tumoraux sont des substances que l’on trouve dans le sang, les tissus et liquides prélevés du corps. Un taux anormal d’un marqueur tumoral peut signifier qu’une personne est atteinte d’un cancer du foie. On effectue également un dosage des marqueurs tumoraux pour évaluer la réaction au traitement du cancer. Il peut aussi servir à diagnostiquer le cancer du foie. Par le passé, le marqueur tumoral utilisé dans le cas du cancer du foie était « l’alpha-fœtoprotéine » (AFP). De récentes recherches ont montré que le taux d’AFP peut aussi être plus élevé que la normale en présence d’autres types de cancer, dont le cancer des canaux biliaires intra-hépatiques. Puisque cette analyse ne permet pas de déceler spécifiquement le carcinome hépatocellulaire, les médecins ne la recommandent plus en tant qu’épreuve diagnostique du cancer du foie.

Avec quoi peut-on confondre un cancer du foie ?

• Une tumeur non cancéreuse, ou « bénigne », du foie est une masse qui ne se propage pas à d’autres parties du corps (pas de métastases). Les tumeurs non cancéreuses ne mettent habituellement pas la vie en danger. « L’hémangiome » est composé de vaisseaux sanguins anormaux et il s’agit de la tumeur non cancéreuse du foie la plus courante « L’hyperplasie nodulaire focale » est la deuxième tumeur non cancéreuse du foie la plus courante. « L’adénome hépatique » est rare et peut se présenter sous la forme d’une seule tumeur ou de nombreuses tumeurs réparties dans l’ensemble du foie. Il survient plus fréquemment chez les femmes en âge de procréer et chez les femmes qui prennent des contraceptifs oraux avec des doses élevées d’œstrogène. Le risque d’adénome hépatique est aujourd’hui moins élevé, car la dose d’œstrogène dans les contraceptifs oraux est moins grande. Le « cystadénome hépatique » est un type très rare de tumeur non cancéreuse du foie qui survient plus souvent chez les femmes. On observe souvent cette tumeur dans plusieurs régions du foie (tumeur « multifocale ») et il peut devenir cancéreux, (ou « malin ») s’il est de très grande taille. C’est pourquoi les médecins effectuent une chirurgie pour retirer cette tumeur.
• Les « kystes hépatiques » sont des sacs remplis d’une substance liquide ou semi-liquide. Ils peuvent être là dès la naissance (kystes « congénitaux ») ou apparaître plus tard. La plupart des kystes grossissent très lentement et occasionnent rarement des problèmes. Les médecins peuvent les drainer ou pratiquer une chirurgie pour les enlever s’ils provoquent une gêne, comme de la douleur.

Comment classer un cancer du foie ?

La classification BCLC (Barcelona Clinic Liver Cancer) est le système de stadification le plus reconnu et le plus utilisé dans le cas du carcinome hépatocellulaire.
Cette classification BCLC tient compte de la classification de Child-Pugh (qui mesure le degré d’atteinte hépatique due à une cirrhose), des caractéristiques de la tumeur (y compris le nombre de tumeurs présentes dans le foie), de leur taille, de la présence de signes et des localisations où le cancer s’est propagé et, enfin, de l’indice fonctionnel, qui est une mesure de la capacité d’une personne à effectuer des tâches courantes et ses activités quotidiennes. Ce dernier est déterminé à l’aide de l’échelle du Eastern Cooperative Oncology Group (ECOG) (plus le score d’une personne est élevé, plus elle a de difficulté à effectuer ses activités quotidiennes).
 

Stade
BCLC

Score de Child-Pugh

Caractéristiques de la tumeur

Score ECOG

0
(très précoce)

A

On observe 1 seule tumeur de 2 cm ou moins qui ne cause aucun signe. La tumeur n’a pas envahi les vaisseaux sanguins.

0

A
(précoce)

A ou B

On observe jusqu’à 3 tumeurs qui mesurent toutes moins de 3 cm et ne causent aucun signe.

0

B
(intermédiaire)

A ou B

On observe des tumeurs dans plusieurs régions du foie (maladie multifocale), mais elles ne causent aucun signe.

0

C
(avancé)

A ou B

La tumeur (ou les tumeurs) ont envahi les vaisseaux sanguins ou le cancer s’est propagé à d’autres parties du corps. La tumeur ou les tumeurs causent des signes.

1 ou 2

D
(terminal)

C

On observe 1 ou plusieurs tumeurs dans le foie qui peuvent être de n’importe quelle taille et causent des signes. Les tumeurs peuvent avoir envahi les vaisseaux sanguins ou le cancer s’est propagé à d’autres parties du corps.

3 ou 4

Cancer du foie : TRAITEMENT

Quels sont les principes du traitement du cancer du foie ?

Selon le stade du cancer du foie, on peut pratiquer l’un (ou plusieurs) des quatre types de traitement du cancer du foie : l’ablation partielle, la greffe de foie, la destruction tumorale percutanée et la chimiothérapie.
La chirurgie est le traitement de premier choix des cancers du foie, soit pour enlever la ou les tumeurs, soit pour greffer un nouveau foie. Malheureusement, au moment du diagnostic, une intervention chirurgicale n’est possible que chez environ 15 % des malades.
Pour les autres, il est possible de détruire la ou les tumeurs à travers la peau (« destruction percutanée »), de pratiquer une chimiothérapie locale, directement au niveau de la tumeur (« chimioembolisation ») ou d’administrer une thérapie ciblée. L’injection percutanée d’éthanol est un traitement qui consiste à injecter de l’alcool (éthanol) concentré dans une tumeur hépatique à l’aide d’une aiguille. Elle est la plus efficace lorsque les tumeurs mesurent moins de 2 cm.
On peut avoir recours à la radiothérapie externe pour traiter le cancer du foie qui s’est propagé aux os.
Le choix du mode de traitement dépend de la gravité de la cirrhose, de l’aspect des tumeurs (nombre, taille, localisation, envahissement des vaisseaux sanguins ou des canaux biliaires = stade) et de l’état général de la personne (sa capacité à supporter la chirurgie).

En quoi consiste la chirurgie du cancer du foie ?

L’ablation partielle du foie, ou « résection du foie » ou « hépatectomie partielle », permet d’enlever la tumeur ainsi qu’une marge de tissu sain tout autour. Elle constitue le traitement principal lorsqu’il n’y a qu’une seule tumeur, que celle-ci mesure moins de 2 cm et que le cancer ne s’est pas propagé aux ganglions lymphatiques, ni aux vaisseaux sanguins du foie. De plus, on ne la propose que si les examens montrent que le foie est en assez bonne santé pour fonctionner normalement après la chirurgie et qu’il n’y a pas d’augmentation de la pression dans la veine porte.
La greffe du foie représente le traitement de référence chez les personnes atteintes d’une cirrhose grave et dont la partie restante du foie ne fonctionnerait pas normalement après une chirurgie pour enlever la tumeur. La greffe du foie est systématiquement envisagée en cas de cancer du foie avec cirrhose terminale. La greffe permet de traiter le cancer et la maladie chronique du foie en remplaçant le foie atteint par un foie sain. Il ne faut toutefois pas que le cancer se soit propagé à l’extérieur du foie jusqu’à d’autres parties du corps et, seulement 5 % des patients atteints de cancer du foie peuvent être greffés. Le nombre de greffons disponibles est limité et les contre-indications de la greffe sont nombreuses. Chez les personnes éligibles pour une greffe du foie, des traitements sont souvent mis en place en attendant la disponibilité d’un greffon.

Qu’est-ce que la chimioembolisation ?

La chimiothérapie permet de ralentir le développement du cancer lorsqu’il n’est pas possible d’enlever la tumeur. Ce traitement consiste à bloquer l’apport en sang de la tumeur hépatique et à administrer de la chimiothérapie directement dans la tumeur : dans le cas du foie, la chimiothérapie est rarement administrée de manière générale.
Lors de la « chimioembolisation », unmédicament de chimiothérapie est injecté au plus près des tumeurs, via un cathéter dans l’artère hépatique ou dans une de ses branches, en même temps qu’une substance appelée « agent d’embolisation » (une substance grasse ou une solution de billes de plastique microscopiques). L’agent d’embolisation épaissit le sang et permet au médicament de chimiothérapie de rester en contact le plus longtemps possible avec les cellules cancéreuses qui forment la tumeur. De plus, l’agent d’embolisation diminue l’arrivée de sang oxygéné dans la tumeur, ce qui asphyxie les cellules cancéreuses et les rend plus sensibles à la chimiothérapie
On propose la « chimioembolisation » lorsqu’on ne peut pas traiter la tumeur par une chirurgie et que le cancer ne s’est pas propagé aux principaux vaisseaux sanguins du foie, aux ganglions lymphatiques ni à d’autres parties du corps. Elle n’est envisagée que si la fonction hépatique est bonne, qu’aucun liquide ne s’est accumulé dans l’abdomen (ascite) et qu’aucun problème ne touche la veine principale du foie (appelée veine porte).

Qu’est-ce que l’ablation par radiofréquence ?

La destruction tumorale percutanée par radiofréquence est une alternative à la chirurgie, selon la taille et la localisation de la tumeur dans le foie.
Cette technique utilise la chaleur pour détruire la tumeur en passant à travers la peau : l’ablation par radiofréquence emploie un courant électrique de haute fréquence pour dégager de la chaleur qui détruira les cellules cancéreuses. L’ablation permet de détruire les cellules cancéreuses du foie tout en essayant d’endommager le moins de tissu hépatique voisin possible.
On propose l’ablation aux personnes atteintes d’un cancer du foie qui ne peuvent pas subir de chirurgie lorsque les tumeurs hépatiques ne mesurent pas plus de 2,5 cm et lorsqu’il n’y en a pas plus que 3.

Qu’est-ce que la thérapie ciblée ?

Le traitement ciblé consiste à utiliser des médicaments pour cibler des molécules spécifiques (comme des protéines) présentes à la surface des cellules cancéreuses et qui servent de cibles. Ces molécules contribuent à l’envoi de signaux qui indiquent aux cellules de croître ou de se diviser.
En ciblant ces molécules, les médicaments interrompent la croissance et la propagation des cellules cancéreuses tout en limitant les dommages causés aux cellules normales. On a recours au traitement ciblé pour traiter le cancer du foie de stade avancé lorsque la personne atteinte ne peut pas subir de chirurgie ou que le cancer ne réagit plus aux autres traitements.

Cancer du foie : VIVRE AVEC

Comment vivre avec un cancer du foie avancé ?

Dans la plupart des cas, le cancer du foie est à un stade avancé lorsqu’il est diagnostiqué.
Le « cancer avancé » désigne un cancer qui est peu probable de guérir. Le traitement vise alors surtout à soulager les signes, à ralentir l’évolution du cancer et à améliorer la qualité de vie.
Les personnes atteintes d’un cancer du foie sont souvent en mauvaise santé, car leur foie ne fonctionne plus correctement. L’équipe de soins a des solutions pour prendre en charge les douleurs, l’ascite, les nausées et vomissements et les pertes d’appétit…

Quels sont les soins de soutien du cancer du foie ?

Les soins de soutien permettent aux personnes atteintes de cancer du foie de surmonter les différents obstacles provoqués par le cancer.
Ces soins représentent une composante importante des soins apportés aux personnes atteintes de cette maladie. De nombreux programmes et services permettent de répondre aux besoins et d’améliorer la qualité de vie de ces personnes et de leurs proches, en particulier une fois que le traitement est terminé.
Le rétablissement après cancer du foie et l’adaptation à la vie après le traitement diffèrent pour chaque personne. Le rétablissement dépend du stade de la maladie, du type de traitement administré et de bien d’autres facteurs. La fin du traitement d’un cancer peut susciter des émotions partagées. Même si le traitement est terminé, il pourrait y avoir d’autres questions à régler, comme l’adaptation aux effets secondaires à long terme.

Comment prévenir un cancer du foie ?

Les mesures de prévention des cancers du foie sont celles qui permettent de prévenir la fibrose et la cirrhose du foie :
• Consommer des boissons alcoolisées avec modération,
• Se vacciner contre l’hépatite B,
• Eviter l’embonpoint et l’obésité en adoptant une alimentation équilibrée et en pratiquant une activité physique régulière,
• Effectuer un test de dépistage de l’hépatite C et éviter de devenir séropositif,
• Respecter les précautions chez les travailleurs du chlorure de vinyle.

Cancer du foie : PLUS D’INFOS

Le cancer du foie en France

En France, en 2011, 8 200 cancers du foie ont été diagnostiqués.
Les cancers du foie sont quatre fois plus fréquents chez les hommes (80 % des cas) et sont le plus souvent diagnostiquées entre 50 et 60 ans.

Les liens du cancer du foie

Le site de l’InCa
http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-foie/Points-cles
Le site de l’AFSOS pour les soins de support
http://www.afsos.org/

Les liens Pourquoi Docteur

Diabète 2 : l’obésité double les risques d’avoir un cancer du foie
Cancer du foie : les médecins plaident pour un meilleur dépistage
Cancer du foie : réduire le risque avec des aliments riches en sélénium
Hépatite B : une maladie infectieuse du foie liée au sexe ou au travail
Hépatite C : la 1ère infection virale chronique du foie qui peut guérir
Hémochromatose : l'excès de fer peut nuire à la santé

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JDF