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Pneumologie

BPCO et ostéoporose : les corticoïdes inhalés ne sont pas les seuls responsables

L’ostéoporose et le risque fracturaire chez les patients atteints de BPCO sont associés à la prise de corticoïdes inhalés  mais  il ne faut pas négliger le rôle de multiples autres facteurs. D’après un entretien avec Julien PACCOU.

  • Par le Dr Anne-Christine DELLAVALLE
  • 19 Nov 2020
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    L’étude suédoise ARCTIC, dont les résultats sont parus en septembre 2020 dans l’European Respiratory Journal, a cherché à démontrer l’association entre l’ostéoporose et le risque fracturaire chez les sujets atteints de BPCO traités par corticoïdes inhalés. Il s’agit d’une étude retrospective, dont les données ont été collectées entre 2000 et 2014. Les co-morbidités des patients BPCO ont été comparées aux co-morbidités d’un groupe de sujets non-BPCO. L’ostéoporose est apparue comme un co-morbidité plus fréquente chez les sujets BPCO. Le lien avec la corticothérapie inhalée est perçu mais avec des limites.

    Une origine multifactorielle de l’ostéoporose chez les patients BPCO

    Le professeur Julien PACCOU, rhumatologue au Centre Hospitalier Universitaire de Lille, explique qu’il s’agit d’une étude intéressante car elle  met en lumière le risque d’ostéoporose chez les patients atteints de BPCO, surtout lorsqu’ils sont traités par corticoïdes inhalés. Beaucoup d’études se sont intéressées à l’ostéoporose chez le sujet BPCO mais peu ont fait le lien avec la corticothérapie inhalée. Julien PACCOU rappelle, toutefois, que l’ostéoporose des sujets BPCO est multifactorielle. Il cite, comme facteurs possibles, l’inflammation chronique, le manque d’activité physisque, la sarcopénie, les difficultés respiratoires, la corticothérapie orale, la consommation de tabac et/ou d’alcool… Il lui parait difficile de s’affranchir de tous ces facteurs et, pour lui, la corticothérapie inhalée constitue un sur-risque, surtout chez les patients ayant de fortes doses.

    Des résultats à prendre avec précautions

    Julien PACCOU souligne que cette étude a des limites car les facteurs d’ajustement sont insuffisants : il n’y a aucune indication sur l’IMC, dont on connait la corrélation avec le risque fracturaire, ni sur la densité minérale osseuse et aucune notion d’antécédent de fractures. De plus, il précise que les auteurs ont ulilisé un critère osseux composite de diagnostic et de traitement sans préciser comment le diagnostic a été établi. Aucune analyse en fonction du type de fracture n’est réalisée. Julien PACCOU note également que les auteurs sont des épidémiologistes avec un pneumologue en premier auteur mais qu’aucn d’eux ne s’intéresse aux pathologies osseuses…

    En conclusion, l’intérêt de cette étude est de sensibiliser les pneumologues au risque d’ostéoporose chez les patients atteints de BPCO car elle est trop souvent sous diagnostiquée et donc sous-traitée. L’observation des vertèbres et des côtes sur les  coupes sagittales des scanners thoraciques régulièrement réalisés chez ces patients pourrait faire évoquer le diagnostic, surtout chez les patients sévères…

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    JDF