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Hématologie

Leucémie lymphoïde chronique : quel impact de la Covid-19 ?

Les malades souffrant de LLC sont à risque de forme sévère de la Covid-19 mais les inhibiteurs Bruton de tyrosine kinase ne semblent pas aggraver le phénomène.

  • Par le Dr Eolia Brissot
  • KatarzynaBialasiewicz/istock
Mots-clés :
  • 24 Aoû 2020
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    Les patients atteints de leucémie lymphoïde chronique (LLC) ont une altération de l’immunité cellulaire et humorale pouvant suggérer une vulnérabilité particulière à la Covid-19. Mato et coll. ont rapporté dans Blood une cohorte rétrospective internationale de 198 patients atteints de LLC avec un diagnostic de Covid-19, c’est-à-dire dans cette étude qu’ils avaient tous des symptômes et une PCR positive.

    La médiane d’âge est de 71 ans et le score médian de comorbidité (CIRS) est élevé. De façon intéressante, près de 40% des patients ne sont pas traités pour leur LLC et sont donc uniquement sous surveillance. Chez les patients traités pour la LLC, la moitié reçoivent un inhibiteur de bruton kinase (BTKi).  

    Taux de mortalité comparable

    Les symptômes de la Covid-19 les plus fréquents sont la fièvre et la toux. Il faut souligner un taux de mortalité important à 33% pour toute la cohorte et à 37% pour les patients hospitalisés. Le taux de mortalité chez les patients indemnes de traitement pour la LLC (« watch and wait ») est en fait comparable à celui des patients traités pour leur LLC et ce, même après ajustement avec le score de comorbidité et l’âge.

    Ce résultat souligne l’état d’immunodépression des patients atteints de LLC même au stade A. En analyse multivariée, les facteurs de risque de décès étaient l’âge ≥ 75 ans, un score de comorbidité élevé (CRIS>6), l’asthme et une maladie rénale chronique.   

    Pas d’impact des inhibiteurs de BTK mais…

    Les BTKi modulent la réponse immune en bloquant les cytokines pro-inflammatoires dans le tissu pulmonaire et agissent sur la polarisation des macrophages, diminuant ainsi la réponse inflammatoire. En raison de cette activité, se pose donc la question si les patients sous BTKi étaient moins à risque de faire une infection grave à Covid-19.

    Dans cette étude, il n’a pas été retrouvé d’impact avec un taux de mortalité chez les patients traités par BTKi comparable avec celui des patients recevant d’autres traitements. Il n’est cependant pas possible d’en tirer de conclusion sur les BTKi sur le Covid-19 car chez plus de 80% des patients le BTKi a été arrêté au moment du diagnostic de Covid-19.

    Les patients ayant une LLC, même au stade A de Binet, sont donc une population à haut risque de mortalité lors de la Covid-19, en cas de symptômes et de PCR positive. Il faut en effet noter que les patients asymptomatiques ou n’ayant pas une PCR positive n’ont pas été inclus dans cette étude et que, donc, il y a un probable biais de sélection des patients graves. L’effet « protecteur » des BTKi sur la Covid-19 n’a pu être clairement étudié ici. Il sera donc nécessaire d’attendre les résultats des études prospectives sur l’impact de ces drogues sur la Covid-19.

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    JDF