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Pneumologie

Anticoagulants oraux : des résultats encourageants dans la maladie thrombo-embolique au cours du cancer

L’Intérêt des nouveaux anticoagulants oraux dans le traitement de la maladie veineuse thrombo-embolique chez les patients souffrant de cancer a été démontré avec des résultats confirmatoires sur l’efficacité et encourageants sur le risque hémorragique. D’après un entretien avec Francis COUTURAUD.

  • Par le Dr Anne-Christine DELLAVALLE
  • 18 Jun 2020
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    L’étude CARAVAGGIO, dont les résultats sont parus en avril 2020 dans le New England Journal of Medicine, a cherché à montrer l’efficacité et la sécurité de l’apibaxan dans la maladie veineuse thrombo-embolique des sujets atteints de cancers, en le comparant aux HBPM. Mille patients ont été inclus dans l’étude, ce qui en fait la plus importante en volume. Les résultats ont montré une efficacité comparable entre les deux traitements sans augmenter significativement le risque d’accident hémorragique, notamment intra-crânien.

    Un traitement jusque là recommandé en deuxième intention

    Le professeur Francis COUTURAUD, pneumologue au Centre Hospitalier Universitaire de Brest, rappelle que le traitement de référence de la maladie veineuse thrombo-embolique chez les sujets atteints de cancer sont les HBPM, avant même les AVK, dont la surveillance par INR montre que celui-ci ne se situe entre 2 et 3 que dans 50% des cas, chez ces patients. Le dogme est donc le suivant : HBPM en première intention. Francis COUTURAUD souligne également que, malgré l’absence d’interaction médicamenteuse, les traitements injectables par HBPM ne sont pas faciles à supporter pour ces sujets, déjà poly-médiqués. Il explique, que chez les sujets non cancéreux les anticoagulants oraux directs sont aussi efficaces que les AVK, provoquent moins de saignements notamment intra-crâniens, et ne nécessitent pas de surveillance biologique. L’utilisation des anticoagulants oraux directs chez les patients cancéreux doit sa réserve aux saignements plus fréquents en cas de cancer gastrique ou urothélial, ce qui le place en deuxième intention.

    Une étude qui incite à repositionner les anticoagulants oraux directs

    Francis COUTRAUD précise que l’étude CRAVAGGIO est une étude d’envergure compte tenu du volume de sujets inclus et qu’elle a un intérêt significatif, puisque, pour la première fois, la non-infériorité des anticoagulants oraux directs sur le risque de récidive est vérifiée, avec une absence d’augmentation du risque hémorragique. Il émet une simple réserve en précisant que dans cette étude, peu de patients étaient atteints de cancers gastriques (5%) ou urothélial. L’innocuité des anticoagulants oraux directs démontrée par cette étude va donc permettre de moduler et d’actualiser les recommandations françaises, mais avec un critère de prudence concernant les cancers digestifs et urothéliaux.

    En conclusion, les résultats de cette étude incitent à repositionner les anticoagulants oraux directs plus précocement dans le traitement de la maladie veineuse thrombo-embolique chez les patients cancéreux, sauf pour les cancers gastriques et urothéliaux. Ces résultats encourageants vont alléger les traitements déjà lourds de ces patients.

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    JDF