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Pneumologie

Réchauffement et Pollution : deux problèmes vraiment planétaires !

Le nouveau rapport du Lancet sur le climat et les différentes études sur la pollution provoquent une prise de conscience des enjeux du changement climatique, de la pollution et de leur impact sur la santé humaine. D’après un entretien avec Olivier Brun.

  • Par le Dr Anne-Christine DELLAVALLE
  • 19 Déc 2019
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    Le nouveau rapport annuel du Lancet sur le climat et la santé est paru en novembre 2019. Ce troisième rapport est un consensus émanant d’un concept de « GIEC médical » qui analyse l’évolution des 41 indicateurs sanitaires.Conjointement, une étude californienne sur la mortalité due aux émissions polluantes locales et à distance a vu ses résultats publiés dans l’Environment International Journal. Les auteurs ont étudié les émissions polluantes des états de l’ouest des USA, de la Californie, des états voisins et celles du reste du monde.

    Changement climatique et santé : énorme sujet !

    Le docteur Olivier Brun, pneumologue à Perpignan, explique que, mis à part la description des effets malheureusement habituels de la pollution, il n’y a pas de véritable scoop pneumologique dans le rapport du Lancet. Le premier chapitre insiste sur les indicateurs sanitaires. Il passe en revue les effets de la canicule, des feux de forêts, des inondations, des autres évènements climatiques extrêmes, et l’insécurité alimentaire résultant des baisses de rendement agricoles, ce qui constitue une injection de rappel nécessaire. Concernant l’impact médical, les principales préoccupations sont les maladies infectieuses, notamment la dengue, non seulement en Afrique mais également sur les autres continents. Olivier Brun relève que ce rapport n’évoque que très peu les bénéfices sanitaires du réchauffement (viroses hivernales, vagues de froid, etc…). Son titre alarmiste, « le compte à rebours », ne peut que nous inciter en tant que citoyens et acteurs de santé, à avoir une conscience aiguë des enjeux.

    La moitié de la pollution vient de loin

    Olivier Brun souligne que l’étude californienne est un travail passionnant et très bien réalisé par ses auteurs. Le modèle utilisé divise la pollution extérieure en 4 origines différentes : les émissions naturelles des états de l’Ouest, les émissions anthropiques de la Californie, celles des états voisins, et toutes les émissions du reste du monde. Une simulation est faite aux 4 saisons (janvier, avril, juillet et octobre). La contribution de chaque source est calculée annuellement par polluant (particules fines et ozone) et par saison. La mortalité des californiens liée à leurs propres émissions et la mortalité liée aux émissions  qu’ils reçoivent de l’extérieur sont ensuite calculées. Quel que soit le modèle utilisé (Global Burden ,GEMM ou autre) la proportion est toujours à peu près la même: les émissions anthropiques locales sont responsables de moins de la moitié des morts.

    En conclusion, le rapport du Lancet met le doigt sur l’impact des changements climatiques sur la santé et le travail des californiens apporte une modélisation de l'origine de la pollution, à prendre en compte : elle ne s’arrête pas aux frontières!

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    JDF