Pédiatrie

Vélos électriques, trotinettes : augmentation des traumatismes chez les enfants

Les traumatismes pédiatriques liés aux engins électriques augmentent rapidement et sont souvent plus graves que ceux des engins non motorisés. Ce qui appelle des mesures de prévention et une réflexion législative, en particulier pour les jeunes enfants.

  • 04 Novembre 2026
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    L’essor des engins de micromobilité électriques, vélos et trottinettes, touche désormais tous les âges, enfants compris, mais les données multicentriques décrivant les tendances des traumatismes pédiatriques, leur gravité et les différences selon le type d’engin restent rares. Publiée en ligne le 2 novembre 2026 dans le JAMA LIEN par Schroeder et al., cette étude met à profit l’introduction récente, dans la CIM-10-CM américaine, de codes de causes externes dédiés aux blessures par vélo et trottinette électriques (ceux des vélos électriques datent d’octobre 2022) pour identifier ces lésions dans les dossiers médicaux électroniques du réseau pédiatrique PEDSnet.

    Il s’agit d’une étude observationnelle multicentrique portant sur les patients de moins de 18 ans vus aux urgences, en soins non programmés ou hospitalisés entre le 1er janvier 2023 et le 31 mars 2026. Les blessures liées aux vélos et trottinettes électriques, aux vélos et trottinettes non motorisés et aux planches à roulettes ont été repérées par ces codes. Quatre des dix établissements ont été écartés en raison d’un codage irrégulier, l’analyse portant sur six centres.

    Le taux trimestriel correspond au nombre de patients uniques blessés rapporté au nombre total de patients pris en charge au cours du même trimestre. La gravité a été classée en trois niveaux : faible (passage aux urgences seul), modérée (hospitalisation sans soins intensifs) et élevée (soins intensifs ou lésion majeure neurologique, vasculaire, thoracique, abdominale, pelvienne ou cervicale, amputation traumatique, écrasement grave ou fracture justifiant une fixation chirurgicale).

    L’âge médian atteignait 14 ans pour les vélos électriques et 12 ans pour les trottinettes

    Sur 13 307 blessés, 642 relevaient de vélos électriques, 1 396 de trottinettes électriques, 7 572 de vélos classiques, 2 460 de trottinettes classiques et 1 237 de planches à roulettes. L’âge médian atteignait 14 ans pour les vélos électriques et 12 ans pour les trottinettes électriques, contre 10, 9 et 13 ans pour les vélos, trottinettes et planches non motorisés, mais 24 % des blessés à vélo électrique et 44 % des blessés à trottinette électrique avaient moins de 12 ans. Les blessures étaient de gravité faible dans 87 % des cas, modérée dans 10 % et élevée dans 4 %. Les lésions de gravité élevée étaient plus fréquentes avec les vélos électriques qu’avec les vélos classiques (8 % contre 4 %) et avec les trottinettes électriques qu’avec les trottinettes classiques (5 % contre 2 %), avec p < 0,001 dans les deux cas.

    Les vélos électriques cumulaient la plus forte proportion d’hospitalisations

    Les vélos électriques cumulaient la plus forte proportion d’hospitalisations (17 %) et de lésions cérébrales (10 %). Après ajustement saisonnier, l’augmentation des taux sur 3,25 ans a été de 9,9 pour 10 000 patients pour les trottinettes électriques (IC à 95 % : 7,3-12,4), de 8,7 pour les vélos électriques (6,7-10,7), de 7,9 pour les vélos classiques (−0,1 à 15,8) et de 3,9 pour les trottinettes classiques (1,1-6,7). En termes relatifs, la progression trimestrielle était la plus marquée pour les vélos électriques (rapport des taux d’incidence de 1,33 ; 1,28-1,39) et les trottinettes électriques (1,15 ; 1,12-1,19), contre 1,04 (1,01-1,06) pour les trottinettes classiques et 1,02 (0,998-1,05) pour les vélos classiques.

    Une réflexion législative

    Les auteurs concluent que les traumatismes pédiatriques liés aux engins électriques augmentent rapidement et sont souvent plus graves que ceux des engins non motorisés. Ce qui appelle des mesures de prévention et une réflexion législative, en particulier pour les jeunes enfants. Ils soulignent l’intérêt de données de dossiers médicaux actualisées chaque trimestre. Et reconnaissent deux limites : l’adoption inégale de codes récents, qui a pu contribuer à l’augmentation observée, et l’usage d’un dénominateur fondé sur les patients consultants et non sur l’exposition, qui interdit toute conclusion sur le niveau de risque propre à chaque engin.

    Plusieurs points appellent la prudence. L’affirmation selon laquelle l’augmentation absolue serait significativement plus importante pour les trottinettes électriques n’est étayée par aucune comparaison formelle, les intervalles de confiance des quatre engins se chevauchant largement.

    La notion de gravité accrue mérite d’être nuancée : les trottinettes électriques ne sont pas plus souvent associées à une hospitalisation que les trottinettes classiques (12 % contre 14 %), et les lésions de gravité modérée y sont moins fréquentes (7 % contre 12 %), seules les lésions de gravité élevée et les lésions cérébrales (9 % contre 4 %) étant plus nombreuses. Ces comparaisons sont descriptives et non ajustées, alors que les populations diffèrent nettement par l’âge et le sexe. 

    En France, l’âge minimum de conduite d’une trottinette électrique ou d’un autre engin de déplacement personnel motorisé a été porté de 12 à 14 ans en France depuis le 1er septembre 2023, ce qui rend les 44 % de blessés de moins de 12 ans particulièrement préoccupants au regard de ce cadre.

     

     

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