Médecine générale

Comment renforcer l'observance ? un guide gratuit pour les généralistes... en mars 2027

Pénurie de personnel, hausse de la demande et complexité clinique accrue limitent le temps de consultation, si bien que la non-observance est souvent négligée. Pour y répondre en pratique quotidienne, la WONCA annonce la publication d'un ouvrage gratuit. Mais pour le consulter, il faudra attendre 2027.  

  • art159 village Kondratovo, Russia/iStock
  • 21 Octobre 2026
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    Les médecins de la WONCA, l'association mondiale des médecins généralistes, ont le sens du teasing. Dans un commentaire en ligne, publié le 13 octobre 2026 dans the Lancet Primary Care lien, la publication gratuite d'un guide pratique gratuit pour une meilleure prise en charge de l’observance thérapeutique en soins primaires est annoncée pour la Journée mondiale de l’observance...le 27 mars 2027, selon un principe de co-création avec professionnels et patients. Voila une campagne de market access bien programmée. 

    Une non observance chez 43% des personnes atteintes de multimorbidité 

    Pour autant, la non-observance est un problème bien réel en pratique quotidienne. Une méta-analyse de 2022 a montré que 43 % des personnes atteintes de multimorbidité ne respectaient pas leur traitement médicamenteux, avec pour conséquences une morbidité et une mortalité évitables, un recours accru aux soins et des coûts considérables. Malgré des recherches abondantes, les progrès restent modestes et inégaux. Ce qui conduit les auteurs à y voir moins un déficit de données probantes qu’une difficulté persistante à les transposer en pratique courante.

    Ce défi est particulièrement net en soins primaires, où sont initiés la plupart des traitements chroniques, renouvelées les ordonnances et suivis les patients polypathologiques. Pénurie de personnel, hausse de la demande et complexité clinique accrue limitent le temps de consultation, si bien que la non-observance est souvent négligée. Les praticiens manquent de temps pour en explorer les causes, hésitent sur la manière de l’évaluer et disposent de peu d’outils. Selon les références citées, la moitié environ seulement des praticiens interrogent systématiquement leurs patients sur les doses oubliées. Et beaucoup attribuent la non-observance à un manque de sensibilisation du patient plutôt qu’à leur propre rôle. Selon une revue systématique, les recommandations de pratique clinique sur l’observance manquaient de détails pratiques et de stratégies de mise en œuvre. 98 % des professionnels d’une enquête européenne ont déclaré des besoins de formation non satisfaits, notamment sur l’évaluation de l’observance et la communication.

    Les réponses de l'IA

    Le numérique et l’intelligence artificielle ouvrent de nouvelles voies: applications, emballages intelligents comme les inhalateurs connectés et systèmes de suivi fondés sur les données sont susceptibles d'aider à suivre la prise des médicaments, certains ayant démontré leur efficacité lorsqu’ils s’intègrent à des parcours de soins plus larges. Les auteurs soulignent toutefois qu'un grand nombre d’outils manquent de preuves solides, de qualité suffisante ou de certification réglementaire, dépendent d’un engagement soutenu du patient et peuvent alourdir la charge des équipes. La technologie doit compléter, non remplacer, la relation humaine.

    Plusieurs tendances convergentes renforcent l’urgence du sujet : le vieillissement, la multimorbidité et la progression des maladies non transmissibles augmentent le nombre de patients sous traitement au long cours, tandis que la pression pour améliorer les résultats en maîtrisant les coûts fait de l’observance un objectif de qualité. Les systèmes de santé nationaux hésitent pourtant encore à en faire une priorité ou à investir dans des interventions dédiées.

    Réponses pratiques

    Dans ce contexte, un guide pratique concis pour les médecins généralistes, les infirmières et les autres professionnels des soins de longue durée devrait apporter des réponses pratiques. Contrairement aux recommandations classiques, il privilégierait des mesures concrètes, intégrables aux consultations et aux protocoles existants. Il est porté par la Société internationale pour l’observance thérapeutique, anciennement ESPACOMP, et par des cliniciens de la WONCA. Il ne vise pas à produire de nouvelles données mais à synthétiser et opérationnaliser les connaissances existantes, sans se substituer aux approches déjà étayées, notamment les interventions menées par les pharmaciens, la simplification des traitements, la décision partagée ou les rappels, dans un format adaptable à des systèmes de santé aux ressources variables. 

    Sa faisabilité, son adoption et son impact restent bien sûr à évaluer.

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