Trouble déficit de l'attention

TDAH en Europe : épidémie ou amélioration du diagnostic ?

Alors que le TDAH semble être partout, une spécialiste du trouble du neurodéveloppement fait le point sur ce que dit la science.

  • Alex Aviles/istock
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  • 13 Octobre 2026
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    Aujourd’hui en Europe, le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) semble omniprésent… aussi bien dans les cours d’école que dans les entreprises. Au point que l’on peut se demander s’il n’y a pas une épidémie sur le Vieux Continent.

    La professeure Anita Thapar de l’université de Cardiff, a profité du 39e congrès de l’European College of Neuropsychopharmacology (ECNP), organisé à Munich du 10 au 13 octobre, pour répondre à cette question.

    TDAH : l'amélioration du diagnostic explique la "hausse" des cas

    En étudiant les données européennes avec son équipe, la professeure Anita Thapar estime que le taux de TDAH dans la population européenne se situe entre 5 et 7 % chez les enfants et entre 2 et 3 % chez les adultes.

    L’équipe confirme que la prévalence des cas diagnostiqués cliniquement a considérablement augmenté ces dernières années en Europe. Mais pour la spécialiste du trouble du neurodéveloppement, cette hausse "semble plutôt due à une évolution des critères diagnostiques, à une meilleure sensibilisation et à des recherches plus approfondies sur le trouble et ses risques, plutôt qu’à une véritable épidémie de TDAH"."Le trouble est désormais reconnu, alors qu'il ne l'était pas par le passé", résume-t-elle dans un communiqué présentant son intervention.

    L’experte détaille les récentes découvertes qui ont permis de redéfinir le trouble et d'affiner le profil des patients. "On sait désormais que le TDAH peut toucher les adultes, et il existe des preuves beaucoup plus solides de son développement chez les femmes et les filles, un aspect négligé par le passé."

    Elle ajoute qu’il est normal que la meilleure connaissance d’une maladie et l’amélioration de sa prise en charge s’accompagnent d’une hausse des diagnostics, pouvant donner l’impression d’une épidémie. "On a observé ce type de situation pour d'autres affections médicales, rappelle-t-elle. Par exemple, l'hyperlipidémie et l'hypertension, ainsi que les risques qui y sont associés, n'étaient pas largement reconnus dans les années 1960. Il en va de même pour le TDAH."

    Le TDAH mieux connu, mais encore parfois sous-diagnostiqué.

    Si le repérage et la prise en charge des personnes touchées par un TDAH se sont améliorés, le trouble reste tout de même sous-diagnostiqué par endroit. "Dans certains pays, les taux de TDAH reconnus correspondent désormais au taux observé dans la population, tandis que dans d'autres (comme le Royaume-Uni), ils sont nettement inférieurs", note la Pr Thapar.

    En effet, les données révèlent qu’au Royaume-Uni, le taux de consultations pour un TDAH est plus bas que son incidence estimée. Ce qui laisse penser que certains patients doivent encore passer entre les mailles du filet. Cela montre, selon elle, que "le nombre de personnes officiellement reconnues ou traitées au sein des systèmes de santé varie considérablement en fonction de l'offre de services, de l'accès à l'évaluation et de la pratique clinique".

    Avant de conclure, l’experte ajoute qu’il est aussi essentiel d’avoir conscience que "le diagnostic de TDAH ne se résume pas à un simple "oui" ou "non". Comme dans des conditions telles que l'hypertension artérielle ou l'hypercholestérolémie, la gravité de la maladie peut varier le long d'un spectre et le point où les médecins interviennent (c'est-à-dire qu'un seuil de diagnostic est atteint et que le traitement est indiqué) peut changer au fil du temps en fonction des données de la recherche", précise la Pr Thapar.

    Actuellement, les experts recommandent de commencer la prise en charge des patients TDAH par un soutien non-médicamenteux, puis de recourir à un traitement médicamenteux seulement si ces stratégies s'avèrent insuffisantes. Offrir des soins adaptés aux personnes touchées par le TDAH est essentiel puisque de récents travaux ont montré qu’ils peuvent "réduire les risques connus du trouble comme la mortalité prématurée ou le suicide".

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