Neurologie
Maladie de Parkinson : un nouveau traitement réduit le temps off
Le solengepras, administré par voie orale une fois par jour à la dose de 150 mg, réduit le temps OFF par rapport au placebo chez des patients parkinsoniens présentant des fluctuations motrices sous traitement stable. Mais le gain est modeste, de l’ordre de 37 minutes. La place de ce nouveau traitement reste à établir. D'autant qu'un nouveau traitement a été validé par la FDA en septembre 2026.
- Chainarong Prasertthai/iStock
L’essai de phase 3 ARISE (NCT06553027), présenté en communication tardive au congrès MDS 2026 de Séoul du 4 au 8 octobre, a atteint son critère principal : le solengepras, administré par voie orale une fois par jour à la dose de 150 mg, réduit significativement le temps OFF par rapport au placebo chez des patients parkinsoniens présentant des fluctuations motrices sous traitement stable. Ce composé, développé par la société américaine Cerevance, est un inhibiteur du récepteur GPR6, exprimé sur les neurones épineux moyens de la voie striatale indirecte. Il vise à rétablir l’équilibre entre voies directe et indirecte sans agir directement sur la dopamine, ce qui constitue son originalité. ARISE constitue l’essai pivot du programme, et son issue conditionne la suite du développement réglementaire. L’entreprise met en avant un bénéfice constant, y compris sur certains symptômes non moteurs.
L’étude, internationale, randomisée, en double aveugle et contrôlée contre placebo, a réparti 341 patients selon un ratio 1:1:1 entre solengepras 150 mg (n = 113), 75 mg (n = 114) et placebo (n = 114) pendant 12 semaines, dans des centres américains, européens, britanniques et australiens. Les patients, tous sous traitement antiparkinsonien stable, devaient présenter un temps OFF quotidien minimal documenté par un journal à domicile, et le temps OFF initial moyen était de 5,65 heures. Le critère principal était sa variation entre l’inclusion et la semaine 12.
Une diminution de 0,61 heure
A 150 mg, il a diminué de 1,56 heure contre 0,95 heure sous placebo, soit une différence de 0,61 heure (p = 0,035), avec un effet visible dès la semaine 2 (0,75 heure ; p nominal = 0,0022). Parmi les critères secondaires, le temps ON sans dyskinésie invalidante a augmenté de 1,58 heure contre 0,98 heure (différence de 0,60 heure ; p = 0,0468), et le score de la partie II de la MDS-UPDRS s’est amélioré de 2,05 points contre 0,14 (différence de 1,91 point ; p = 0,0008). L’échelle d’Epworth a gagné 0,98 point de plus que le placebo et le PDQ-39, critère exploratoire, 2,87 points, avec des valeurs de p nominales.
3,5 % ont arrêté le traitement pour événement indésirable
Sur le plan de la tolérance, 91 % des participants ont terminé l’essai et 3,5 % ont arrêté le traitement pour événement indésirable, tous bras confondus. Aucun événement indésirable grave n’a été observé à 150 mg. Les événements les plus fréquents étaient les céphalées (8,0 % contre 3,5 %), les infections urinaires (8,0 % contre 6,1 %), les insomnies (6,2 % contre 0,9 %) et les nausées (6,2 % contre 1,8 %). Des dyskinésies sont survenues chez 4,4 % des patients sous 150 mg contre 1,8 % sous placebo, signal à surveiller, la dyskinésie étant la principale limite des stratégies dopaminergiques. La faible incidence des effets de type dopaminergique avait déjà été notée en phase 2.
Ce succès fait suite à un parcours inégal. Une phase 2 de 27 jours avait montré une réduction du temps OFF de 1,3 heure par rapport au placebo (1,78 heure chez les 88 % de patients ayant au moins 3 heures de temps OFF initial). Mais l’essai ASCEND, en monothérapie chez des patients précoces non traités, n’avait pas atteint son critère moteur en avril 2025, l’entreprise incriminant l’examen clinique ponctuel de la partie III. Cet écart entre l’examen moteur et les mesures rapportées par les patients invite à la prudence. Le contexte thérapeutique évolue par ailleurs, la FDA ayant approuvé le mois dernier le tavapadon d’AbbVie.
Un effet principal modeste
Plusieurs limites doivent être soulignées. Les données proviennent d’un communiqué et d’une présentation de congrès, sans publication évaluée par les pairs. L’effet principal est modeste, de l’ordre de 37 minutes, avec une valeur de p peu marquée et une forte réponse placebo, de sorte que seul l’effet net doit être retenu. De même, un gain inférieur à un point sur l’échelle d’Epworth a une signification clinique incertaine. Quant aux résultats sur la somnolence et la qualité de vie sont exploratoires. Et douze semaines ne renseignent ni sur la persistance de l’effet ni sur le risque dyskinétique à long terme.
La place du solengepras, traitement adjuvant à la lévodopa, face aux options disponibles en France (inhibiteurs de la COMT, IMAO-B, agonistes dopaminergiques, apomorphine, stimulation cérébrale profonde) reste à établir, aucune comparaison directe n’ayant été réalisée.
Rappelons enfin l'approbation par la FDA en septembre 2026 du tavapadon (JUVMO, AbbVie). Cet agoniste sélectif des récepteurs dopaminergiques D1/D5 est administré par voie orale en une prise quotidienne. Il s’agit du premier agoniste sélectif D1/D5 validé dans cette indication chez l’adulte parkinsonien. L’autorisation couvre l’utilisation en monothérapie dans la maladie de Parkinson précoce, ainsi qu’en association à la lévodopa chez les patients présentant des fluctuations motrices.











