Iatrogénie

AR-GLP1 : la dysfonction érectile, un nouvel effet secondaire signalé par l'ANSM

Deux cas de pancréatites aiguës suivies de décès ont été recensées sur un an par l'ANSM dans le cadre de l'enquête de pharmacovigilance. Quant aux dysfonctions érectiles sous semaglutide, elles constituent un nouveau signal potentiel. Enfin, le mésusage est surtout observé hors cadre médical. 

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  • 09 Octobre 2026
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    Le troisième rapport de l'enquête élargie de pharmacovigilance de l'ANSM sur les agonistes du récepteur du GLP-1 (AR-GLP-1) lien comprend son lot de nouvelles informations. Il couvre la période du 1er février 2025 au 31 janvier 2026. Instaurée en 2022, l'enquête réunit à l'échelle de la classe le dulaglutide, le liraglutide, le sémaglutide et le tirzépatide, co-agoniste GLP-1/GIP. Elle vise le suivi des effets indésirables liés à des problématiques de sécurité identifiées, y compris en contexte de mésusage, et repose sur l'analyse ciblée des cas codés suspects ou en interaction, issus de la base nationale de pharmacovigilance et des déclarations aux laboratoires, complétée par la revue des décès, des cas marquants, de la littérature, des plans de gestion des risques et des évaluations du PRAC. Les données d'exposition émanent des industriels.

    L'exposition est estimée à 840 827 patients-années ; la répartition par spécialité n'est pas exploitable; l'exposition au liraglutide Sun, commercialisé récemment, reste très limitée. Sur la période, 2 801 cas ont été notifiés en France, dont 515 graves (18,4 %), soit 0,6 cas grave pour 1 000 patients-années et environ 43 cas graves par mois. L'âge moyen était de 53,1 ans, 64,9 % des patients étaient des femmes et 69,9 % des déclarations venaient de professionnels de santé. Les produits suspects étaient Ozempic (37,5 %), Wegovy (32,0 %), Mounjaro (16,1 %) et Trulicity (10,9 %). L'indication était le diabète de type 2 (34,8 %), le contrôle du poids (33,6 %) ou inconnue (31,7 %), cette dernière proportion élevée limitant les analyses par indication. Dans le sous-groupe du contrôle du poids, les patients étaient plus jeunes (44,2 ans), à 78,0 % des femmes, avec surtout Wegovy et Mounjaro. Les affections gastro-intestinales dominaient les effets graves (34,2 %).

    13 décès recensés

    Sur treize décès, l'imputabilité a été jugée possible dans deux pancréatites aiguës (sémaglutide, dulaglutide ; effet listé dans les RCP) et un cancer du pancréas sous sémaglutide (risque potentiel important du PGR), et indirecte mais retenue dans deux acidoses lactiques sous metformine favorisées par une déshydratation. Le devenir des huit autres décès n'est pas précisé.

    Les effectifs des effets d'intérêt sont faibles et appellent la prudence : onze cas graves ophtalmologiques hors NOIAN (après exclusion de dix-neuf cas insuffisamment documentés), dix interactions médicamenteuses concernant surtout des médicaments à marge thérapeutique étroite ou dangereux en cas de surdosage, huit carences non graves, essentiellement micronutritionnelles (fer, vitamines B12 et D), sans sarcopénie, quatre dysfonctions érectiles, trois cytolyses hépatiques graves, deux accidents cérébrovasculaires graves (un accident ischémique transitoire, un AVC ischémique) chez des patients à haut risque, après exclusion de trois cas sans information sur le terrain, deux cholangiocarcinomes, un cas marquant de cholécystite sous Ozempic et aucune urolithiase grave. Deux volvulus gastro-intestinaux, très peu documentés, n'ont pu contribuer à l'évaluation du signal européen sous sémaglutide.

    Le mésusage à visée amaigrissante totalise 36 cas, dont 17 graves

    Le mésusage à visée amaigrissante totalise 36 cas, dont 17 graves, avec un âge médian de 29 ans, 83,3 % de femmes et une implication d'Ozempic dans 58,3 % des cas. Le médicament avait été obtenu hors cadre médical dans deux tiers des cas et les posologies étaient excessives dans 92,6 %. Les troubles digestifs formaient 72,2 % des effets, et cinq pancréatites aiguës figurent parmi les cas graves. S'agissant de notifications spontanées, sans dénominateur fiable, ces chiffres sous-estiment probablement l'ampleur du phénomène et ne permettent aucune estimation de risque.

    Dysfonctions érectiles sous sémaglutide

    Le rapporteur retient plusieurs signaux justifiant prévention ou surveillance renforcée : encadrement des circuits d'obtention, communication auprès du public et des soignants, information sur les interactions et sur le risque carentiel, selon les recommandations des sociétés savantes. Une évaluation européenne pourrait porter sur les cytolyses hépatiques et accidents cérébrovasculaires sous tirzépatide, l'aggravation de la rétinopathie diabétique, les neuropathies optiques non NOIAN, les cholécystites et les dysfonctions érectiles sous sémaglutide, ces dernières constituant un nouveau signal potentiel. Aucun signal n'est relevé pour les urolithiases, les atteintes cornéennes et les cholangiocarcinomes.

    Pour la grossesse, les données, limitées, ne permettent de retenir ni sur-risque d'anomalies congénitales ni augmentation clairement démontrée des fausses couches ; les complications obstétricales restent difficiles à interpréter chez des patientes diabétiques ou obèses. L'ANSM souhaite poursuivre l'enquête en la recentrant sur les AR-GLP-1 utilisés pour le contrôle du poids. 

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