Dépistage

Diabète : comment cette île est-elle parvenue à faire reculer l’épidémie ?

Alors que le diabète de type 2 ne cesse de progresser dans de nombreux pays, l'île Maurice dans l’océan Indien semble avoir inversé la tendance grâce à une surveillance soutenue et de haute qualité. Explications.

  • manassanant pamai/iStock
  • 04 Octobre 2026
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    L’île Maurice est le premier territoire à endiguer la progression de l’épidémie de diabète. En effet, dans une nouvelle étude, des scientifiques de l'université d'Helsinki (Finlande) ont fait état d’une observation frappante et importante : une baisse de la prévalence du diabète de type 2 et de l’hyperglycémie intermédiaire entre 2009 et 2021 sur l’île. "Ce résultat contraste avec le discours dominant au niveau mondial sur cette maladie chronique, caractérisée par une prévalence en hausse dans la plupart des régions, sous l’effet de l’urbanisation, de l’évolution des habitudes alimentaires, du vieillissement de la population, de la baisse de l’activité physique et de l’augmentation de l’obésité."

    Diabète : "L'île Maurice est le seul pays à avoir systématiquement utilisé l'HGPO"

    Face à ce surprenant retournement de situation à Maurice, une question se pose alors : comment l’île a-t-elle fait reculer l’épidémie de diabète ? Pour en avoir le cœur net, les chercheurs finlandais se sont intéressés au suivi particulièrement ancien de la prévalence du diabète, mis en place sur le territoire, grâce à sept enquêtes transversales menées depuis 1987. Dans le détail, les enquêtes sur les facteurs de risque de maladies non transmissibles, fondées sur des protocoles standardisés, ont été menées auprès de la population générale de Maurice en 1987, 1992, 1998, 2004, 2009, 2015 et 2021. Au total, 36.744 adultes âgés de 25 à 74 ans ont été examinés. Le taux de participation a dépassé 85 % pour chaque étude.

    Chaque enquête a permis d'évaluer la prévalence du diabète de type 2 et de l'hyperglycémie intermédiaire au moyen du test de tolérance au glucose par voie orale (HGPO), qui nécessite un jeûne d'au moins huit à dix heures avant l'examen. "L'île Maurice est le seul pays à avoir systématiquement utilisé l'HGPO pour surveiller l'évolution de ces deux affections au fil du temps." Pour ce test, un professionnel de santé prélève un échantillon de sang pour mesurer la glycémie à jeun d’un patient. Celui-ci boit ensuite un liquide sucré contenant une quantité précise de glucose (généralement 75 grammes pour les adultes), et d'autres prélèvements sanguins sont effectués (une heure et deux heures après l'ingestion de la boisson). Jusqu'au prélèvement du dernier échantillon sanguin, la personne doit rester au repos et s'abstenir de manger, de boire autre chose, de fumer et de faire de l'exercice. "Les échantillons de sang sont immédiatement centrifugés afin d’isoler le plasma pour la mesure du glucose. Le statut glycémique a été classé selon les critères de l’OMS de 2006."

    Une baisse soutenue de la prévalence grâce à des "efforts nationaux de prévention et de lutte"

    En 1987, la prévalence du diabète de type 2 à l’île Maurice, selon l’âge et le sexe, était de 14,7 % et a augmenté progressivement pour atteindre un pic de 23,3 % en 2009, avant de diminuer de manière importante pour stagner à 19,9 % en 2021. Même constat pour l'hyperglycémie intermédiaire dont la prévalence était de 20,8 % en 1987, a atteint un pic de 24,9 % en 2009, puis a baissé pour stagner à 15,6 % en 2021. "La proportion de personnes atteintes de diabète de type 2 ayant reçu un diagnostic récent a diminué, passant de 67 % en 1987 à 32,5 % en 2021", peut-on lire dans l’étude publiée dans la revue The Lancet Diabetes & Endocrinology.

    Les auteurs examinent plusieurs raisons possibles de cette réussite, qui offre un espoir aux pays confrontés à une épidémie de diabète. Selon eux, les résultats mettent en évidence l'effet potentiel des initiatives de prévention et de prise en charge du diabète de type 2. Les approches en question comprennent des mesures politiques, incluant le plaidoyer et la législation, le dépistage des facteurs de risque de maladies non transmissibles (notamment grâce à des cliniques mobiles) et des plans d'action nationaux pour la nutrition, l'activité physique et la lutte antitabac. Autres mesures : une feuille de route pour améliorer la santé et le bien-être tout au long de la vie et un cadre national de services pour les maladies non transmissibles (établissant des normes de soins et de qualité au sein d'un protocole de service). En outre, les services de santé du secteur public, y compris les médicaments essentiels, sont gratuits à l’île Maurice.

    "Il est encourageant de constater que la hausse constante du diabète de type 2, observée dans presque tous les pays du monde, pourrait être stoppée, voire inversée, par les efforts nationaux de prévention et de lutte. Les expériences passées concernant d'autres problèmes majeurs de santé publique, tels que les maladies cardiovasculaires et le cancer du poumon, ont démontré qu'il est possible de s'attaquer aux épidémies de maladies chroniques non transmissibles."

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