Religion

Témoins de Jéhovah : levée des interdictions de transfusion

L'interdiction totale de transfusion chez les Témoins de Jéhovah vient d'être levée. L'acceptation des globules rouges, des globules blancs, du plasma et des plaquettes issus du sang d'autrui relève désormais de la conscience personnelle de chaque fidèle, tout comme le don de sang destiné à la préparation de composants ou de fractions pour un tiers. 

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  • 30 Septembre 2026
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    Le Collège central des Témoins de Jéhovah a indiqué le 18 septembre 2026, dans un communiqué, que l'acceptation des globules rouges, des globules blancs, du plasma et des plaquettes issus du sang d'autrui relève désormais de la conscience personnelle de chaque fidèle, tout comme le don de sang destiné à la préparation de composants ou de fractions pour un tiers. Le refus de la transfusion de sang total, reposant sur l'injonction biblique de s'abstenir du sang, demeure inchangé. L'expression de levée de l'interdiction n'est donc pas exacte. Il s'agit d'une levée partielle qui transfère la décision vers l'individu. Ce choix peut être fait sans risque d'exclusion de la communauté 

    Second changement de la doctrine en 2026

    Ce changement est le second de l'année. Le 20 mars 2026, le même collège avait autorisé les membres à faire prélever et conserver leur propre sang en vue d'un usage ultérieur, pratique jusque-là exclue. L'interdiction remonte à 1945 et, depuis 1961, l'acceptation consciente d'une transfusion exposait à des sanctions communautaires. Les fractions plasmatiques (albumine, immunoglobulines, facteurs de coagulation) relevaient déjà de la conscience individuelle depuis 1990. La nouveauté porte donc sur les composants primaires, ce qui change la nature de l'incertitude pour le clinicien.

    Cette évolution dissipe une ambiguïté ancienne pour les patients comme pour les médecins et permet désormais à un patient Témoin de Jéhovah de recevoir la plupart des transfusions.

    L'essentiel des indications transfusionnelles 

    Sur le plan clinique, les composants concernés recouvrent l'essentiel des indications transfusionnelles : concentrés de globules rouges dans les anémies aiguës et les hémorragies chirurgicales ou traumatiques, plaquettes en hématologie et en oncologie, plasma dans certaines coagulopathies. Le sang total n'étant plus utilisé en routine, l'interdiction résiduelle paraît peu contraignante, sous réserve de situations d'exception. En théorie, elle devrait faciliter la prise en charge des hémorragies massives comme des aplasies induites par les chimiothérapies. A ce stade on ignore la proportion de patients qui modifieront réellement leur position. Le porte-parole de l'organisation, Paul Gillies, souligne que la décision ne doit pas être prise à la légère et suppose prière et étude biblique. D'où la perspective qu'un grand nombre de fidèles refuseront encore de bénéficier d'une transfusion. 

    Le cadre français n'a pas changé

    En attendant, le cadre français n'a pas changé. Le patient peut refuser un traitement après avoir été informé de ses conséquences. Et le médecin doit tout mettre en œuvre pour le convaincre d'accepter les soins indispensables lorsque sa vie est en danger. Par une ordonnance de référé du 16 août 2002 (n° 249552), le Conseil d'État a jugé que le médecin qui, en situation de danger vital et faute d'alternative, accomplit un acte indispensable à la survie et proportionné à l'état du patient ne porte pas une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, même en présence d'un refus. Cette jurisprudence n'est pas modifiée. Son application devient toutefois plus délicate : l'appartenance religieuse ne permet plus de déduire la position du patient sur les produits sanguins labiles, et celle-ci doit être recueillie produit par produit et consignée. Les directives anticipées et la personne de confiance prennent dès lors une importance accrue. Les stratégies de gestion personnalisée du capital sanguin restent pertinentes quel que soit le choix du patient. 

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