Médecins libéraux

2017-2021 : une progression modérée des revenus

Entre 2017 et 2021, les revenus des médecins libéraux ont progressé de manière modérée, de 0,6% par ans. Mais ces chiffres ne doivent pas masquer les importantes inégalités de rémunération entre généralistes et autres spécialistes. Enfin, la féminisation de la profession et l'arrivée de jeunes médecins ont freiné l'augmentation des revenus moyens. 

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  • 16 Septembre 2026
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    Voilà une étude, les revenus des médecins libéraux qui sera analysée sous de nombreux angles par des publics différents à l'aune d'une prochaine campagne présidentielle. Elle ne recèle pourtant pas de scoops spectaculaires. Durant les cinq années qui couvrent pour une large part le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, la progression des revenus est qualifiée de modérée par l'auteur de l'étude, Christophe Loussouarn.   

    En effet, entre 2017 et 2021,  ce revenu, qui agrège la composante libérale et une éventuelle activité salariée complémentaire, a progressé en moyenne de 0,6 % par an en euros constants, une évolution globalement modeste qui masque des trajectoires contrastées selon les spécialités : les omnipraticiens voient leur revenu croître de 0,7 % par an, quand celui des autres spécialistes recule légèrement de 0,1 %, pour des niveaux moyens très éloignés (98 300 euros pour les généralistes cversus 153 300 euros pour les autres spécialistes en 2021).

    Trois transformations structurelles

    L'apport principal de l'étude est de décomposer cette croissance modérée en isolant l'effet des transformations structurelles de la profession. La féminisation de la profession, d'abord : la part des femmes parmi les médecins libéraux atteint 41 % en 2021 contre 37 % en 2017 et 27 % en 2005. Or le niveau d'activité des femmes, approché par les honoraires sans dépassement ni forfait, demeure inférieur à celui des hommes à tout âge et dans toutes les spécialités, avec un écart moyen de 26 % chez les omnipraticiens et de 36 % dans les autres spécialités, pouvant atteindre 43 % dans les spécialités médicales hors omnipraticiens. Cette féminisation continue freine ainsi la croissance du revenu moyen de 0,5 point par an sur la période récente.

    Arrivée de générations plus jeunes

    Le second facteur tient à la structure par âge. Après un vieillissement marqué de la profession entre 2005 et 2017, la part des médecins de 55 ans ou plus recule de 56 % à 49 % entre 2017 et 2021, sous l'effet de l'arrivée de générations plus jeunes issues de la hausse du numerus clausus engagée dès 2005. Le niveau d'activité étant structurellement plus faible en début comme en fin de carrière, ce rajeunissement relatif de la profession pèse à son tour sur la dynamique du revenu moyen, à hauteur de 0,6 point par an.

    Progression de l'exercice en secteur 2 

    Le troisième facteur, de sens opposé, est la progression de l'exercice en secteur 2 : la part des médecins autorisés à pratiquer des dépassements d'honoraires augmente de 3 points toutes spécialités confondues, et de 7 points hors omnipraticiens, avec des hausses particulièrement marquées chez les anesthésistes-réanimateurs, les gynécologues, les psychiatres et les radiologues. Les praticiens de secteur 2 percevant en moyenne un revenu supérieur à ceux de secteur 1, cette évolution statutaire contribue positivement, quoique modérément, à la croissance du revenu moyen (+0,2 point par an), avec un effet plus net pour les gynécologues et les ophtalmologistes (+0,7 point).

    Ces effets de structure, pris conjointement, varient sensiblement selon les spécialités : ils sont défavorables pour la majorité d'entre elles, notamment les rhumatologues (-1,3 point) et les pneumologues, mais deviennent favorables pour les gynécologues (+0,6 point), les oncologues médicaux (+0,4 point) et les anesthésistes-réanimateurs (+0,3 point), illustrant l'hétérogénéité des trajectoires démographiques et statutaires propres à chaque discipline.

    À répartition par sexe, âge et secteur de conventionnement inchangée, le revenu moyen aurait en réalité progressé de 1,2 % par an, soit un différentiel de 0,6 point imputable aux évolutions démographiques et statutaires de la profession..Sur le plan méthodologique, plusieurs réserves doivent être signalées. Le millésime 2021, choisi en remplacement de 2020 initialement prévu, reste marqué par des dispositifs exceptionnels liés à la crise sanitaire (indemnisations, reports de charges), utilisés de façon hétérogène par les médecins, ce qui invite à une lecture prudente du niveau absolu des revenus cette année-là.

    Remplaçants exclus du champ de l'étude

    Le niveau d'activité est par ailleurs approché indirectement par les honoraires sans dépassement ni forfait, lissés sur trois ans, en l'absence de données administratives sur le temps réellement travaillé. Cet indicateur ne couvre que l'activité libérale, bien que celle-ci représente en moyenne 92 % du revenu d'activité total. Les remplaçants sont exclus du champ de l'étude, faute de suivi de leur activité par la CNAM, ce qui limite la portée des constats pour les débuts de carrière. Enfin, l'étude ne porte que sur les médecins conventionnés de moins de 70 ans ayant perçu au moins un euro d'honoraires, excluant de fait les médecins salariés exclusifs, dont la comparaison avec les libéraux fera l'objet d'un travail ultérieur distinct.

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