Contraception
Vasectomie en France : une progression spectaculaire
Le recours à la vasectomie poursuit une expansion soutenue en France, dans un mouvement contraceptif de fond qui semble privilégier les méthodes non hormonales et définitives. On note toutefois de fortes disparités sociales dans le recours à cette pratique.
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Cette étude française, mise à jour à partir du Système National des Données de Santé et publiée le 27 août 2026, dresse un état des lieux du recours à la vasectomie en France sur la période 2010-2025, actualisant les données précédemment décrites jusqu'en 2022. Elle s'inscrit dans un contexte de recomposition rapide du paysage contraceptif national, documenté par les travaux d'EPI-PHARE publiés dans le Lancet Regional Health Europe en 2025, qui avaient montré qu'entre 2012 et 2022, malgré une prévalence globale stable de la contraception chez les femmes de 15 à 49 ans, la contraception orale combinée avait chuté d'un tiers au profit du stérilet au cuivre et de la pilule progestative seule. La vasectomie, autorisée en France depuis 2001 et constituant l'unique méthode contraceptive masculine définitive et non médicamenteuse, apparaît comme une alternative susceptible d'influer en retour sur les choix contraceptifs au sein des couples.
L'analyse repose sur l'ensemble des actes remboursés de vasectomie chez les hommes de 18 à 70 ans, tous régimes d'assurance maladie confondus. Les caractéristiques sociodémographiques des hommes concernés, ainsi que leur parcours de soins périopératoire, ont été décrites année par année, avec un calcul de taux de recours standardisés sur l'âge et de ratios standardisés par département.
275 683 vasectomies ont été réalisées en France entre 2010-2025
Sur la période étudiée, 275 683 vasectomies ont été réalisées en France. La progression est spectaculaire : alors que seuls 2150 hommes y avaient recours en 2010, soit 11 pour 100 000 habitants, ce chiffre atteignait 32 172 hommes en 2022, soit 158 pour 100 000, puis 57 666 hommes en 2025, soit 280 pour 100 000, ce qui correspond à une incidence multipliée par 1,8 depuis 2022 seul. Cette dynamique s'inscrit à contre-courant de la tendance mondiale, généralement orientée à la baisse pour cette pratique. L'âge médian au moment de l'intervention, après avoir diminué depuis 2010, s'est stabilisé à 40 ans depuis 2021, contre 43 ans en 2010, traduisant une appropriation plus précoce de cette méthode contraceptive.
Un recours privilégié par les classes moyennes
Le recours à la vasectomie présente un profil social et territorial contrasté. Seuls 2,5 pour cent des hommes concernés bénéficiaient de la complémentaire santé solidaire, une proportion nettement inférieure à sa part dans la population générale. Une sous-représentation a par ailleurs été observée à la fois dans le quintile le plus défavorisé, à 15,5 pour cent, et dans le quintile le plus favorisé, à 17,8 pour cent, suggérant un recours privilégié par les classes moyennes plutôt que par les extrêmes du gradient social. Sur le plan géographique, les disparités territoriales restent marquées, avec les taux standardisés les plus élevés en 2025 observés en Vendée, à 578 pour 100 000, en Loire-Atlantique, à 573 pour 100 000, et en Maine-et-Loire, à 565 pour 100 000, tandis que les départements d'outre-mer et l'Île-de-France affichent des taux nettement inférieurs, proches ou en deçà de 100 pour 100 000.
Le spermogramme de contrôle réalisé chez 74 % des hommes
Concernant le parcours de soins post-interventionnel, le spermogramme de contrôle recommandé a été réalisé chez 74 % des hommes sur l'ensemble de la période, avec une progression continue de l'observance : 57,9 % en 2010, 72,8 % en 2019 et 76,6 % en 2024. Le délai médian de réalisation de cet examen reste toutefois nettement supérieur aux recommandations, à 8,4 mois contre les 3 mois préconisés, ce qui interroge sur l'effectivité du suivi de la stérilité post-vasectomie et le risque de grossesses non désirées en cas d'arrêt prématuré d'une contraception associée.
La conservation de gamètes a concerné 7,5 % des hommes
La conservation de gamètes a concerné 7,5 % des hommes, tandis que les actes de réversibilité demeurent marginaux, à 0,2 %, confirmant le caractère largement définitif de ce choix. Un tiers environ des hommes, soit 34,9 %, ont consulté un urologue après l'intervention, dans un délai médian de 8 mois. La procédure chirurgicale s'est révélée unique dans 99,1 % des cas. La consommation d'antalgiques dans les 3 à 12 mois suivant l'intervention est restée limitée, de même que le recours aux anesthésiques locaux, observé chez seulement 2,2 % de la population.
Une surreprésentation en Pays de la Loire
Ces résultats confirment et amplifient la tendance déjà documentée dans l'état des lieux portant sur 2010-2022 : le recours à la vasectomie poursuit une expansion soutenue en France, dans un mouvement contraceptif de fond qui semble privilégier les méthodes non hormonales et définitives. Les disparités sociales, avec un recours moindre chez les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et dans les quartiers les plus favorisés comme les plus défavorisés, ainsi que les disparités territoriales, avec une surreprésentation en Pays de la Loire et un sous-recours en Île-de-France et dans les territoires ultramarins, restent à ce stade descriptives. Les auteurs soulignent explicitement que les déterminants sociologiques de cette évolution du choix contraceptif masculin restent à documenter par des travaux dédiés, cette étude reposant uniquement sur des données médico-administratives du SNDS sans exploration des motivations individuelles ou de couple.











