Neurologie

Football : un sport à risque de démence ?

Une étude anglaise menée chez d'anciens footballeurs a relevé une discordance entre les symptômes rapportés, l'imagerie et les résultats de tests cognitifs rassurants. Un suivi longitudinal est en cours pour innocenter ou non le football comme sport à risque de démence.   

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  • 17 Juillet 2026
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    L'équipe de France de football est tombée sur la tête après sa défaite le 14 juillet face à l'Espagne. Mais au-delà de l'impact psychologique, le cerveau des footballeurs est désormais au coeur de plusieurs études cliniques. En témoigne la recherche présentée le 12 juillet à l'Alzeheimer's Association International Conference (AAIC) qui s'est tenue à Londres du 12 au 15 juillet 2026 par l'équipe de l'Imperial College de Londres et du UK Dementia Research Institute.

    Une étude menée sur 142 anciens joueurs

    Il s'agit de la première étude de cette ampleur menée chez des footballeurs professionnels retraités, portant sur 142 anciens joueurs âgés de 30 à 60 ans, soit 126 hommes ayant évolué sous contrat professionnel à temps plein pendant au moins trois ans et 16 femmes issues des deux premières divisions du football professionnel féminin britannique. Le groupe témoin comptait 56 personnes en bonne santé du même âge, sans antécédent de sport de contact, de service militaire, de traumatisme crânien répété, de commotion cérébrale ou de trouble neurologique. Ce travail s'inscrit dans le programme Advanced BRAIN Health Clinic, rattaché à l'Institute of Sport, Exercise and Health, qui étudie les effets à long terme des chocs répétés à la tête chez d'anciens footballeurs et rugbymen de haut niveau.

    Des syndromes dépressifs plus fréquents

    Sur le plan clinique, les anciens joueurs rapportent des symptômes dépressifs et anxieux nettement plus marqués que les témoins, ainsi qu'une capacité auto-évaluée moindre à planifier, se concentrer, résoudre des problèmes et gérer les tâches quotidiennes. Près d'un tiers d'entre eux (31 %) présentent un score correspondant à des symptômes dépressifs cliniquement significatifs, contre 9 % chez les témoins, et 42 % un score évocateur d'anxiété cliniquement significative, contre 25 % chez les témoins.

    Un volume de matière grise réduit à l'IRM

     L'imagerie cérébrale, réalisée chez 124 anciens joueurs, retrouve un volume de matière grise réduit dans plusieurs régions frontales, cingulaires et thalamiques, impliquées dans la mémoire, l'attention, la prise de décision et la régulation émotionnelle, avec une diminution du volume cérébral au niveau du groupe par rapport aux témoins. La relecture clinique des images par un neuroradiologue n'a cependant identifié une atrophie cliniquement significative évocatrice de neurodégénérescence que chez une faible proportion des joueurs, de l'ordre de 2 %.

    Aucune différence sur les tests cognitifs

    C'est précisément ce point que les auteurs eux-mêmes soulignent comme une limite importante : aucune différence significative n'a été observée entre les deux groupes sur les tests cognitifs objectifs, ce qui contraste avec l'ampleur des différences symptomatiques et structurelles rapportées. Les chercheurs restent donc prudents et parlent d'une association qui mérite d'être approfondie plutôt que d'une preuve de neurodégénérescence liée au traumatisme. Il s'agit par ailleurs d'une analyse intermédiaire d'une cohorte de taille encore limitée, transversale à ce stade, ce qui ne permet pas d'établir de lien de causalité ni de suivre l'évolution dans le temps. Un suivi longitudinal est prévu, avec extension de la cohorte, imagerie de diffusion avancée et biomarqueurs sanguins de neurodégénérescence.

    Cette communication a été présentée aux côtés d'autres travaux complémentaires à l'AAIC 2026 : une étude néerlandaise (Amsterdam UMC) sur les élévations aiguës de p-tau217 et de S100B sanguins après des coups de tête en contexte réel de football amateur, une étude américaine (Indiana University, consortium CARE) sur l'apparition précoce de lésions tau et amyloïdes chez d'anciens athlètes universitaires exposés à des impacts crâniens répétés, et une étude de l'Université de Boston reliant la durée de carrière en football à l'encéphalopathie traumatique chronique.

     

     

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