Neurologie
Utilisation des anti CD20 à forte dose dans les formes rémittentes et progressives de sclérose en plaques
En dépit d’une plus grande déplétion lymphocytaire sur le plan biologique, ces études n’ont pas démontré d’efficacité à l’usage de l’ocrélizumab à haute dose dans la prise en charge des formes rémittentes ou progressives de sclérose en plaques.
- Tatomm/iStock
Certains auteurs avaient suggéré par le passé qu’il pouvait exister un effet dose au regard de l’efficacité de l’ocrélizumab sur la réduction du risque de progression du handicap dans la sclérose en plaques1.
Sur cette base, deux essais cliniques ont été mis en place pour évaluer si l’administration d’une dose plus élevée d’ocrélizumab (1200 ou 1800mg par perfusion en fonction du poids corporel) pouvait avoir une efficacité supérieure que le régime posologique standard (600mg par perfusion) chez les patients présentant une forme rémittente (etude MUSETTE) ou progressive primaire (étude GAVOTTE) de sclérose en plaques2.
Dans chaque étude les patients étaient âgés de 18 à 56 ans et étaient randomisés dans un schéma 2:1 pour recevoir un des deux schémas posologiques. Dans les deux études, le critère principal de jugement était le risque de progression du handicap confirmée à 3 mois, définie par un score composite (EDSS, 9 Hole Peg Test ou Timed 25 Foot Walk)
Plus de 1500 patients ont été inclus au total dans ces deux études dont la durée était de 120 semaines. La proportion de patients ayant au moins 1 lésion radiologique active à l’inclusion était de 39% (MUSETTE) et 26% (GAVOTTE), respectivement.
Dans chacune des études, l’analyse statistique n’a montré aucune différence significative concernant le critère principal de jugement. En analysant chaque mesure clinique individuellement, aucune différence n’a été constatée également.
Sur le plan biologique, la déplétion lymphocytaire B était plus importante dans le groupe traité par haute dose.
Enfin aucune différence n’a été observée au regard de la tolérance, notamment en ce qui concerne les risques infectieux.
Au total, en dépit d’une plus grande déplétion lymphocytaire sur le plan biologique, ces études n’ont pas démontré d’efficacité à l’usage de l’ocrélizumab à haute dose dans la prise en charge des formes rémittentes ou progressives de sclérose en plaques.
Référence :
1-Hauser SL, Bar-Or A, Weber MS, et al. Association of Higher Ocrelizumab Exposure With Reduced Disability Progression in Multiple Sclerosis. Neurology - Neuroimmunol Neuroinflammation. 2023;10:e200094.
2. Hauser SL, Giovannoni G, Montalban X, et al. Efficacy and safety of a bodyweight–adjusted higher dose of ocrelizumab in relapsing (MUSETTE) and primary progressive (GAVOTTE) multiple sclerosis: two multicentre, randomised, double-blind, parallel-group phase 3b trials. Lancet. 2026;407:2180–2194.










