Diabétologie
Ulcères de pied diabétique : des voies d’amélioration du pronostic à court terme
Prise en charge multidisciplinaire et recours aux statines et aux agonistes du GLP-1 sont associés à une meilleure survie à un an des patients vivant avec un diabète et développant un ulcère.
- fortton/iStock
Les ulcères du pied diabétique sont associés à une morbi-mortalité élevées (la mortalité à 5 ans dépasse 30 %) et il apparait important de mieux cerner la trajectoire de soins des patients.
Une analyse de cohorte rétrospective nationale, menée à partir des données du Système national de données de santé (SNDS), dont les résultats sont publiés dans Diabetes Care, apporte à cet égard des enseignements intéressants.
Des facteurs prédictifs de mortalité et des facteurs protecteurs
Parmi les 133 791 personnes vivant avec un diabète ayant développé un nouvel ulcère de pied identifiés (âge moyen 72 ans), 14,6 % sont décédées dans l’année suivant le diagnostic et 3,5 % ont subi une amputation majeure. Et parmi ces derniers patients, 28,8 % sont décédées dans l’année. L’étude met en évidence plusieurs facteurs prédictifs indépendants de mortalité à un an : le sexe masculin, l’âge avancé, un ulcère nosocomial, l’insulinothérapie, une amputation majeure, une maladie cardiovasculaire, un cancer actif nécessitant un traitement, la démence, une insuffisance rénale terminale et une maladie hépatique.
Elle retrouve aussi des facteurs protecteurs : traitement par hypolipémiant et/ ou agonistes des récepteurs du GLP-1 et consultations antérieures auprès de diabétologues, d’ophtalmologues et de podologues.
Après amputation
Des tendances similaires sont observées après une amputation majeure. La mortalité à un an était associée de manière indépendante à un âge avancé, un cancer actif, la démence, l'insuffisance rénale terminale et une maladie hépatique.
Le recours à une insulinothérapie et un traitement par antihypertenseur étaient chacun associés à une augmentation de la mortalité post-amputation.
A l’inverse, la prise d'agonistes des récepteurs du GLP-1 était associé à une meilleure survie, corroborant les données d’études antérieures. Toujours après amputation, le sexe n'était pas un facteur prédictif indépendant de mortalité après analyse multivariée.
Au total, chez les patients ayant un ulcère de pied incident, la mortalité à un an atteint près de 25 % et est fortement associée à l'âge et à la présence de comorbidités multiples. L'obésité semble paradoxalement avoir un effet protecteur.
Pour les auteurs de ce travail, les bénéfices, sur la survie, d’un suivi multidisciplinaire (faisant intervenir notamment des spécialistes en diabétologie, podologie et ophtalmologie), et le recours aux agonistes des récepteurs du GLP-1 et aux statines, sont des voies d’amélioration du parcours de soins de ces patients à risque.











