Hématologie

Comparaison de deux scores pour les patients atteints de myélome indolent à haut risque

Une étude de cohorte montre que les critères AQUILA surestiment le risque de progression des patients atteints de myélome indolent, par rapport au modèle 20/20/20.

  • Md Saiful Islam Khan/iStock
  • 27 Avril 2026
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     Un traitement précoce peut être bénéfique pour les patients atteints de myélome multiple indolent à haut risque (HR-SMM), mais des définitions incohérentes du haut risque peuvent conduire à sur- ou sous-traiter certains patients. Le but de cette étude  publiée dans Jama Oncology lien est de comparer deux définitions du SMM à haut risque : les critères d’inclusion de l’essai AQUILA et le modèle de stratification du risque 20/20/20.

    Deux grandes cohortes de population

    L’étude Iceland Screens, Treats, and Prevents Multiple Myeloma (iStopMM) est une vaste étude de dépistage basée sur la population en Islande, menée de 2016 à 2021, tandis que la Danish Lymphoid Cancer Resource (DALY-CARE) est une base nationale de données cliniques au Danemark couvrant la période de 2002 à 2025. Dans la cohorte iStopMM, les individus atteints de SMM ont été identifiés par dépistage. Dans DALY-CARE, les cas de SMM ont été identifiés en contexte clinique.

    Définition du SMM à haut risque

    Selon les critères AQUILA, le HR-SMM est défini par la présence d’une immunoparésie, d’une protéine monoclonale supérieure à 30 g/L, d’un isotype IgA, d’une plasmocytose médullaire supérieure à 50 %, ou d’un ratio des chaînes légères libres supérieur ou égal à 8.
    Selon le modèle 20/20/20, le HR-SMM est défini par la présence d’au moins deux des éléments suivants : pic monoclonal  supérieur à 20 g/L, plasmocytose médullaire supérieure à 20 %, ou ratio des chaînes légères libres supérieur à 20.

    Les critères AQUILA surestiment le risque de progression

    Au total, 193 individus (âge médian [IQR] : 70 [63–72] ans ; 116 [60 %] femmes) issus de la cohorte iStopMM et 1147 individus (âge médian [IQR] : 72 [64–79] ans ; 598 [52 %] femmes) issus de la cohorte DALY-CARE ont été inclus.
    Dans la cohorte de dépistage (iStopMM), 65 participants (34 %) présentaient un SMM à haut risque selon les critères AQUILA, et 15 (8 %) selon le modèle 20/20/20.

    Dans la cohorte clinique (DALY-CARE), 607 participants (55 %) répondaient aux critères de haut risque selon AQUILA, et 219 (19 %) selon le modèle 20/20/20.
    Chez les individus présentant un haut risque défini par AQUILA dans la cohorte clinique, le risque de progression à 2 ans était de 27,0 % (IC 95 % : 23,3 %–30,7 %), avec un taux annuel de progression de14,5 %.

    Chez ceux définis à haut risque par le modèle 20/20/20, le risque de progression à 2 ans étaitde 44,1 % (IC 95 % : 37,1 %–51,1 %), avec un taux annuel de progression de 27,3 %.
    Conclusion

    Cette étude de cohorte montre que les critères de l’essai AQUILA classent environ trois fois plus de patients atteints de SMM comme étant à haut risque par rapport au modèle 20/20/20, avec un risque de progression annuel et à 2 ans nettement plus faible.
    Ces résultats suggèrent que le modèle 20/20/20 identifie plus précisément un groupe véritablementà haut risque de SMM, pour lequel un traitement précoce est plus susceptible d’être bénéfique.

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