Déontologie
Ordre des médecins : une légitimité en vrille après les révélations de l'Inspection Générale des Finances
En 2026, à la suite de la publication d'un rapport étrillant la gestion du Conseil national de l'Orde des médecins, quel sera le taux de recouvrement des cotisation ordinales réglées par les médecins de l'Hexagone ? En attendant, sur le le site du Cnom, on attend encore une réaction officielle. Le silence, il est vrai, est d'or, ou plutôt d'argent.
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Le Conseil National de l'Ordre des médecins (CNOM) est-il toujours au service de ses confrères ? Le rapport provisoire de l'Inspection Générale des Finances révélé par le Canard Enchaîné dans son édition du 18 mars étrille une gestion généreuse surtout ...pour ses membres. Ces largessses sont accordées, pourquoi pas, à ses salariés. La hausse de la masse salariale est ainsi qualifiée de "dynamique" avec une progression entre 2020 et 2024 de +9,8% par an. Afin de suivre la tendance, le coût total total des indemnités versés aux 3 327 conseillers ordinaux connaît également une augmentation de +9% entre 2021 et 2024. Le sommet de la hiérarchie participe à cette belle embellie des rémunérations. Lors de la séance plénière du 24 septembre 2025, compte-tenu de ses charges, le président du conseil national s'est vu gratifié d'une susbtantielle revalorisation avec un forfait annuel qui grimpe de 94 000 euros à 104 000. Les secrétaires généraux adjoints n'ont pas été oubliés avec une progression annuelle de 23 000 euros. Enfin une indemnité de fonction de 36 000 a été créée pour les trésoriers adjoints. Une anomalie est enfin réparée !
Notes de frais de taxi à grande vitesse
Cette grande famille n'oublie pas d'honorer ses anciens membres avec une grande libéralité. Un ancien vice-président a ainsi bénéficié d'indemnités au titre "d'expert auprès du président". Et comme l'existence de transports en commun semble ignorée par la direction, les notes de taxi filent à grande vitesse. Une conseillère ordinale a réussi à effectuer des courses de taxi pour un montant total de 15 000 euros en 2024. Entre le dérapage des dépenses concernant les évènements organisés par le Cnom, les frais de bouche, la non maîtrise des coûts, les inspecteurs des finances s'interrogent sur le respect des principes de bonne gestion de deniers de l'ordre.
Quant au conseil départemental de l'ordre des médecins de la ville de Paris, il bénéficie d'un examen particulier. Est-il utile de préciser qu'il n'en sort pas sans dommages ? L'implication des conseillers serait "très inégale", relève diplomatiquement le rapport qui dénonce par ailleurs la confusion des genres avec de conseillers cumulant des fonctions syndicales et ordinales. Plus grave encore, le conseil est défaillant dans la réalisation de ses misions. Les services administratifs sont saturés. Un stock de 500 demandes de transfert de médecins est en attente de traitement. Même constat pour l'enregistrement des plaintes et des signalements de fait graves. Du fait de ses défaillances en série, la mission en appelle au placement du Cdom 75 sous la tutelle du Cnom avant de "prononcer sa dissolution en vue d'assurer son renouvellement intégral"
Villa avec piscine... comblée
C'est le seul conseil départemental à recevoir une telle sanction. D'autres conseils se distinguent pourtant en matière de projets immobiliers. Le Cdom des Alpes Maritimes par exemple n'a pas hésité à acquérir la Villa Armenonville, un ancien hôtel disposant d'une piscine, pour un montant de 3,9 millions d'euros. Les sept équivalents temps plein disposent d'un espace de travail de travail agréable de 1200 m2. Ils ne s'autorisent pas toutefois lors de leur temps libre à plonger dans la piscine. Elle a été entre temps comblée. Dommage !
En 2026, à la suite de la publication de ce rapport, quel sera le taux de recouvrement des cotisation ordinales réglées par les médecins de l'Hexagone ? En attendant, sur le le site du Cnom, on attend encore une réaction officielle. Le silence est d'or, ou plutôt d'argent. Mais surtout assourdissant !











