Imagerie médicale

Et si votre mammographie révélait bien plus qu’un cancer du sein ?

Le risque de maladies cardiaques graves ou mortelles pourrait être prédit grâce à l'analyse des mammographies par intelligence artificielle.

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  • 15 Mars 2026
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    Actuellement, les maladies cardiovasculaires sont sous-diagnostiquées et sous-traitées chez les femmes. Afin de pallier le problème, des chercheurs de l’université Emory d'Atlanta (États-Unis) proposent d’utiliser la mammographie. Pour rappel, cette radiographie des seins, qui utilise des rayons X à faible dose, recherche des anomalies radiologiques en faveur d'un éventuel cancer du sein. Elle peut être proposée lors d’une campagne de dépistage organisé du cancer du sein (un dépistage tous les deux ans entre 50 et 74 ans), par un médecin (pour un dépistage individuel plus rapproché), après la découverte d’une anomalie pendant un examen clinique des seins ou dans le cadre d’une surveillance, après un traitement pour une tumeur maligne mammaire.

    La mammographie peut révéler des dépôts de calcium dans les artères mammaires

    Afin de savoir si la mammographie permettait bien d’identifier les femmes à risque de maladies cardiovasculaires, "sans frais ni désagréments supplémentaires", l’équipe a recruté 123.762 femmes ayant participé à un dépistage du cancer du sein, mais ne présentant aucune maladie cardiovasculaire connue. Elle a utilisé l'intelligence artificielle afin d’analyser la quantité de dépôts de calcium dans les artères du tissu mammaire. "Cette calcification artérielle est un signe de durcissement des artères et indique un risque accru de pathologies telles que l'infarctus, l'insuffisance cardiaque, l’accident vasculaire cérébral (AVC) et le décès." Le degré de calcification artérielle dans le tissu mammaire des participantes a été classé comme sévère, modéré, léger ou absent.

    D’après les résultats des travaux, parus dans la revue European Heart Journal, les volontaires présentant une calcification légère avaient environ 30 % plus de risques de développer une maladie cardiovasculaire grave que celles ne présentant aucune calcification. Chez les femmes présentant une calcification modérée, le risque était supérieur à 70 % et chez celles présentant une calcification sévère, il était deux à trois fois plus élevé. "Nous avons constaté que plus la quantité de calcium visible dans les artères mammaires sur une mammographie était importante, plus le risque était élevé", a précisé Hari Trivedi qui a dirigé l’étude.

    "Un moyen d'identifier les femmes à risque cardiovasculaire qui ne sont actuellement pas dépistées"

    Face à ces données, les auteurs soulignent qu'une mammographie, que les patientes passent déjà, pourrait également fournir des informations importantes sur leur santé cardiaque. "Pour les cliniciens, cela offre un moyen pratique d'identifier les femmes à risque cardiovasculaire qui ne sont actuellement pas dépistées. (…) Les politiciens pourraient envisager d'intégrer cette technologie aux programmes de mammographie existants, ce qui permettrait potentiellement de toucher des dizaines de millions de femmes chaque année sans infrastructure supplémentaire. Les principales étapes nécessaires consistent à intégrer l'outil d'IA aux flux de travail d'imagerie existants et à établir des recommandations claires pour informer les patientes et les médecins. Nous préparons actuellement un essai clinique conçu pour tester ces étapes", ont-ils conclu.

     

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