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Cardiologie

Risque cardiovasculaire : impact délétère d’un régime à index glycémique élevé

Une vaste étude menée dans 20 pays sur cinq continents confirme l’association entre un mode d’alimentation à index glycémique élevé et le risque d’événements et de décès cardiovasculaires dans toutes les populations, en particulier chez les sujets en surpoids.

  • Par le Dr Isabelle Hoppenot
  • mpessaris/istock
  • 01 Mar 2021
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    Les bénéfices d’un mode d’alimentation privilégiant les aliments riches en fibres et non raffinés dans la prévention des maladies chroniques, notamment du diabète de type 2, sont aujourd’hui largement admis.  Les données sur l’impact d’un tel régime alimentaire sur le risque cardiovasculaire sont moins solides et surtout concernent majoritairement les pays industrialisés et beaucoup moins les autres régions du monde.

    Les résultats d’une vaste étude publiée dans le NEJM sont à cet égard riches d’enseignements. Les quelques137 000 personnes âgés de 35 à 70 ans inclues dans ce travail vivaient dans des pays très différents : 4 pays riches, 11 pays à revenus intermédiaires et enfin 5 pays à faible revenus.

    Des aliments classés en sept catégories

    A côté des paramètres démographiques, socio-économiques et de santé, les auteurs de ce travail ont analysé de façon très détaillée les habitudes alimentaires des participants, en classant les aliments consommés en sept catégories en fonction de leur index glycémique (IG) : légumes secs, féculents hors légumineuses, légumes, fruits, jus de fruits, produits laitiers et aliments sucrés tels les sodas. Ils ont aussi évalué la charge glycémique, qui tient donc compte non seulement de l’index glycémique mais aussi de la quantité ingérée.

    Risque augmenté de 25 à 50%

    Au terme d’un suivi moyen de 9,5 ans, le risque d’événement cardiovasculaire ou de décès (critère primaire d’évaluation) est plus élevé chez les sujets du quintile supérieur en terme d’index glycémique comparativement à ceux du quintile le plus bas et ce, en présence ou non une maladie cardiovasculaire préexistante. Le risque était augmenté de 50% en cas d’antécédents cardiovasculaires (RR 1,51, IC 95 % 1,25-1,82) et de 20% en l’absence de tels antécédents (RR 1,21, IC 95 % 1,11-1,34).

    Cette association était significativement plus marquée chez les sujets dont l’indice de masse corporelle était en surpoids (indice de masse corporelle > 25 kg/m2). En revanche, les auteurs n’ont pas retrouvé d’impact de la pratique de l’exercice physique, du statut tabagique ou des traitements antihypertenseurs ou par statines sur ce risque. La charge glycémique est aussi associée à un risque accru d’événement cardiovasculaire et de décès, mais seulement chez les sujets ayant déjà une maladie cardiovasculaire.

    Favoriser les aliments à index glycémique bas

    Cette étude confirme ainsi l’impact de l’index glycémique sur le risque de complications cardiovasculaires et de décès dans des populations originaires de toutes les régions du monde, avec des habitudes alimentaires différentes. Il apparait donc important de favoriser les groupes d’aliments à index glycémique bas, ceux qui n’entrainent pas d’élévation brutale et marquée de la glycémie.

    Globalement, l’index glycémique des légumes et des légumineuses est faible, tout comme celui de la majorité des fruits, dont l’IG augmente toutefois avec leur maturation, et des produits laitiers (non sucrés). Les céréales, les féculents et le pain constituent un groupe plus hétérogène, l’IG étant plus bas pour les produits non raffinés (à base de céréales complètes par exemple).

    Le mode de cuisson et de préparation intervient également. Les pâtes al dente par exemple ont un IG moindre que les pâtes plus cuites (du fait de la dégradation plus importante de l’amidon) et la pomme de terre vapeur a un IG moindre que la pomme de terre en purée, à IG élevé. Il ne faut pas oublier l’impact négatif de la charge glycémique si l’on consomme une grande quantité d’un aliment à IG bas ou intermédiaire, ni celui des autres aliments. Viandes, poissons, œufs, fromages, charcuterie, huile, beurre ont un IG par définition nul, mais leur consommation en excès a ses propres effets délétères.  

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    JDF