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Diabétologie

Pilotes de ligne et insuline : des données très rassurantes

Piloter un avion de ligne en suivant un protocole strict apparait sans danger confirme une étude observationnelle menée auprès d’une cinquantaine de pilotes diabétiques au Royaume-Uni, en Irlande et en Autriche.

  • Par le Dr Isabelle Hoppenot
  • Istock/SERCAN ERTÜRK
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  • 18 Jan 2021
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    Le risque d’hypoglycémies est un facteur qui exclut a priori les diabétiques traités par insuline de certaines professions, notamment celle de pilote de ligne.

    Toutefois, les progrès accomplis au cours des 20 dernières années en matière d’insuline et de contrôle de la glycémie ont conduit à réévaluer ce risque et certaines compagnies ont ouvert leurs portes à des pilotes traités par insuline.
     

    Un protocole mis en place en 2012 au Royaume-Uni

    Au Royaume-Uni, un protocole strict de contrôle de la glycémie a été mis en place en 2012, protocole qui a fait la preuve de sa sécurité selon une étude observationnelle publiée dans Diabetes Care.

    Ce travail a analysé les glycémies capillaires recueillies au cours de plus de 22 000 heures de vol chez quelques 49 pilotes européens ayant un DT1 (84%) ou un DT2 (16%) évoluant en moyenne depuis 11 ans.

    Près de 98% du temps dans la cible glycémique

    Le temps passé dans la cible glycémique ou plage définie comme verte (glycémie comprise entre 5 et 15 mmol/L) était de près de 98%. Les taux de glycémies capillaires entrant dans la plage orange ont été de 1,42% pour la frange basse (4 à 4,9 mmol/L) et de 0,75% pour la frange haute (15,1 à 20 mmol/L).

    Seules 0,12% des glycémies capillaires ont été dans la plage rouge basse (<4 mmol/L) et 0,02% dans la plage rouge haute (> 20 mmol/L). Toutes les mesures appropriées, qui avaient été prédéfinies, ont pu être prises par les pilotes eux-mêmes (le protocole prévoit une vérification de toutes les données par les copilotes) et ont été rapidement corrigées (glycémie capillaire suivante normalisée). 

    Bon équilibre glycémique sur le long terme

    Les pilotes n’ont pas eu tendance à viser des glycémies normales hautes pour éviter les hypoglycémies, comme l’atteste l’absence de détérioration de l’HbA1c au cours des 4,3 années de suivi (en moyenne à 7,2% au début et au terme de l’étude).

    La surveillance clinique des pilotes n’a pas non plus mis en évidence de complications micro- ou macrovasculaires, qui elles aussi sont susceptibles d’avoir un impact négatif sur les compétences des pilotes ou sur le risque d’incident en vol.

    Mesure continue du glucose

    Les auteurs de ce travail précisent que la majorité des pilotes bénéficiaient en parallèle d’une mesure continue du glucose, méthode encore imparfaitement validée lors de la mise en place de cette étude et donc non retenue, mais qui fait désormais l’objet d’une évaluation spécifique dans ce contexte.

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    JDF