Diabétologie
Agonistes du GLP-1 et risque de complications oculaires : des données rassurantes
Une vaste méta-analyse d'essais contrôlés randomisés portant sur plus de 80 000 patients avec un diabète de type 2 ou atteints de maladies cardiométaboliques, conclut à l’absence de risque accru d'événements menaçant le nerf optique ou la vision en lien avec la prise d’agonistes des récepteurs du GLP-1.
- zimmytws/iStock
Les données sur le risque de complications oculaires, notamment de neuropathie optique ischémique antérieure (NOIA) en lien avec les agonistes du GLP-1 sont contradictoires.
Les résultats d’une nouvelle étude, publiés dans Diabetes Care, sont plutôt rassurants. Les auteurs ont analysé spécifiquement le risque de neuropathie optique ischémique et d’autres complications oculaires (cécité, syndrome ischémique oculaire, œdème papillaire, vision floue, baisse d'acuité visuelle et gêne visuelle) rapportées dans 20 études contrôlées randomisées, ayant inclus plus de 83 000 patients avec un diabète de type 2 ou un syndrome cardiométabolique.
Suivi moyen de 3 ans
Avec un suivi moyen de 2,97 ans, comparativement à la prise d’un placebo ou d’un autre agent hypoglycémiant (insuline, sulfonylurées, thiazolidinediones ou inhibiteurs de la DPP-4), l’administration d’un aGLP-1 n’était pas associée à une augmentation statistiquement significative du risque d’événements indésirables oculaires graves (OR 1,20 ; IC 95 % : 0,73–1,97), et aucune hétérogénéité n’a été observée. Dans les 17 essais menés chez des patients avec un diabète de type 2 (n = 63 641), l’OR combiné était de 1,35 (IC 95 % : 0,77–2,36). Dans les trois essais menés chez des patients atteints de maladies cardiométaboliques sans diabète de type 2 (n = 19 647), l’OR combiné était de 0,78 (IC 95 % : 0,27–2,28). Les résultats sont restés cohérents, que l'on utilise un modèle à effets aléatoires ou à effets fixes.
Y compris dans les sous-groupes prédéfinis
Les analyses de sous-groupes prédéfinies et stratifiées selon le type d’aGLP-1 et de comparateur, le statut diabétique, le protocole d'étude, la durée du traitement et l'IMC initial n'ont systématiquement révélé aucun effet significatif.
Des atouts et des limites
Si cette analyse a pour atout majeur d’avoir pris en compte non seulement les NOIA, mais aussi d’autres atteintes visuelles, les auteurs rappellent que les événements indésirables oculaires n'étaient pas prédéfinis comme critères d'évaluation principaux ou secondaires dans les essais analysés. De plus, aucun des essais n'avait rapporté les facteurs de risque oculaires initiaux ni effectué de dépistage ophtalmologique. Par ailleurs, le nombre absolu d'événements était extrêmement faible, ce qui limite la puissance statistique de l’étude.
Les auteurs rappellent dans leur conclusion que le rapport bénéfice/risque des agonistes des récepteurs du GLP-1 doit être évalué au cas par cas afin d'améliorer la prise en charge globale des patients.








