Nutrition

Même sans excès calorique, les aliments ultra-transformés nuisent à la santé

Chez des jeunes hommes en bonne santé, un régime riche en aliments ultra-transformés est lié, en quelques semaines, à une prise de poids, une santé cardio-métabolique dégradée et une fertilité masculine altérée.

  • Miguel Angel Flores/iStock
  • 29 Août 2025
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    On les retrouve dans plusieurs rayons des supermarchés. Les aliments ultra-transformés, qui se caractérisent par des processus de préparation industriels et l’ajout d’au moins un ingrédient de nature synthétique, représentent environ 80 % des produits disponibles dans les magasins en France. Pourtant, ils sont associés à un apport calorique accru et à une altération de la santé, notamment la survenue de maladies chroniques comme l’obésité, le diabète ou encore certaines pathologies cardiovasculaires. Problème : les recherches "révèlent une corrélation et non une causalité formelle : elles montrent une association significative sans démontrer que ces aliments sont la cause directe de ces pathologies."

    Les aliments ultra-transformés ont des effets néfastes sur la fertilité et le métabolisme des hommes

    Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Cell Metabolism, des chercheurs du CNRS ont voulu déterminer si les aliments ultra-transformés altéraient la santé reproductive et métabolique, aggravés par un apport calorique excessif. Pour cela, une quarantaine d’hommes, âgés de 20 à 35 ans, en bonne santé ont été recrutés. Lors de l’intervention, les participants ont soit suivi un régime riche en aliments ultra-transformés, soit une alimentation avec des produits peu ou non transformés. "Deux sous-groupes ont été formés ; l’un recevant les deux régimes en quantité modérée, adéquate pour leur âge, leur poids et leur niveau d’activité physique, l’autre recevant les deux régimes en excès de calories de 500 kcal par jour", peut-on lire dans un communiqué du CNRS.

    Une hausse du poids, de la masse corporelle et du ratio lipoprotéines de basse densité (LDL)/lipoprotéines de haute densité (HDL) a été observé, indépendamment de la charge calorique, dans le groupe ayant consommé en quantité modérée des aliments ultra-transformés. Plusieurs hormones impliquées dans le métabolisme énergétique et la spermatogenèse (le processus de formation des spermatozoïdes) ont été affectées. Dans le détail, les auteurs ont constaté une diminution des taux d’hormone GDF-15 et d'hormone folliculo-stimulante. La qualité du sperme a eu tendance à se dégrader, avec une diminution de la motilité, c’est-à-dire l’aptitude à effectuer des mouvements spontanés ou réactionnels.

    "La quantité de calories consommée n’est pas le seul facteur responsable"

    "Une accumulation différentielle de polluants entre les régimes a été détectée, comme une diminution du lithium plasmatique et une tendance à l'augmentation des taux de phtalate mono(4-méthyl-7-carboxyheptyl)phtalate (cxMINP) dans le sang après le régime ultra-transformé",
    ont alerté les scientifiques. Pour rappel, ce plastifiant identifié dans le sang et liquide séminal des volontaires est un perturbateur endocrinien. Cette recherche "établit que la quantité de calories consommée n’est pas le seul facteur responsable de ces effets délétères et renforce l’idée selon laquelle la nature ultra-transformée des aliments est une dimension nutritionnelle à part entière", a conclu l’équipe.

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    JDF