Addiction
Hépatite alcoolique : le décès d'un parent par maladie hépatique double le risque
Les personnes dont le père ou la mère est mort d'une maladie hépatique courent un risque plus de deux fois plus élevé de développer une hépatite associée à l'alcool.

- Par Geneviève Andrianaly
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- Nadzeya Haroshka/iStock
Une nouvelle étude met en évidence l'influence du décès parental dû à une maladie du foie sur le développement et la mortalité de l'hépatite associée à l'alcool, une maladie grave et souvent mortelle. Pour ces travaux, des chercheurs de l'université d'Indiana (États-Unis) sont partis d’un constat : les mécanismes biologiques précis qui poussent certains buveurs excessifs d’alcool à développer une hépatite associée à l'alcool, tandis que d'autres, restent inconnus. Afin de combler cette lacune, ils ont analysé les données de deux grandes cohortes multicentriques, incluant au total 1.356 personnes, dont 926 patients atteints d'hépatite liée à l'alcool et 430 buveurs excessifs d’alcool sans maladie hépatique significative. "Les antécédents familiaux de troubles de consommation d'alcool chez les parents et de mortalité liée à une maladie hépatique ont été évalués dès le début des recherches." Selon les résultats, parus dans la revue Hepatology Communications, les troubles liés à la consommation d'alcool chez les parents étaient fréquents dans les deux groupes, plus précisément 56,9 % dans le groupe atteint d'hépatite liée à l'alcool et 61,1 % dans le groupe témoin. Cependant, le décès d'un parent dû à une maladie hépatique, et non simplement des antécédents de consommation d'alcool, était associé à un risque accru d'hépatite liée à l'alcool. "Une analyse a montré que la mortalité liée à une maladie hépatique parentale était associée à un risque plus que doublé de développer une hépatite liée à l'alcool chez les enfants, après avoir pris en compte des caractéristiques démographiques et de la consommation d'alcool." En outre, les auteurs ont constaté que les patients diagnostiqués avec une hépatite associée à l'alcool et dont un parent est décédé d'une maladie du foie sont plus susceptibles de mourir eux-mêmes dans les 90 jours suivant le diagnostic. D’après Samer Gawrieh, qui participé aux travaux, ce risque familial pourrait être dû à une prédisposition génétique héréditaire, à des facteurs de stress environnementaux ou à une combinaison des deux. "Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un élément essentiel pour comprendre qui est le plus vulnérable aux conséquences dévastatrices de l'abus d'alcool."Hépatite alcoolique : plus de risque de mourir chez les patients dont un parent est mort d’une maladie du foie
"Lorsqu'un patient signale le décès d'un parent d'une maladie du foie, c'est un signal d'alarme"
"L'hépatite liée à l'alcool est une maladie potentiellement mortelle. À ce jour, il n'existe aucun traitement efficace approuvé par la FDA. Le meilleur moyen de réduire la mortalité et la morbidité liées à l'hépatite alcoolique est de la prévenir. Lorsqu'un patient signale le décès d'un parent d'une maladie du foie, ce n'est pas seulement une information contextuelle, c'est un signal d'alarme. Cela pourrait indiquer une susceptibilité génétique ou familiale. Reconnaître ce phénomène peut aider les cliniciens à identifier les personnes présentant un risque plus élevé d'hépatite associée à l'alcool et à orienter les stratégies de prévention. Pour les personnes déjà diagnostiquées, discuter des antécédents familiaux peut être un outil puissant pour encourager l'abstinence d'alcool et améliorer les résultats", ont conclu les scientifiques.