Hématologie

Formes localisées de lymphome NK/T extranodal : efficacité d’une combinaison chimio-radiothérapie

Le lymphome NK/T extranodal (ENKTL) de type nasal est une forme rare et agressive de lymphome. Un protocole de chimiothérapie comprenant deux cycles de méthotrexate, gemcitabine, L-asparaginase et dexaméthasone, en alternance avec de la radiothérapie, permet d’obtenir des taux de réponse complète de 91%, un taux de survie sans progression de 71% et de survie globale de 80% à 2 ans.

  • RusN/istock
  • 24 Avr 2023
  • A A

    Le lymphome NK/T extranodal (ENKTL) de type nasal représente moins de 1% des lymphomes dans les populations caucasiennes. Lorsque l’atteinte est localisée à la sphère ORL (60 à 80% des cas), la radiothérapie est efficace avec 80 à 100% de réponse, mais les rechutes sont fréquentes.

    La chimiorésistance est fréquente du fait d’une surexpression de la protéine P-gp, mais des molécules comme la L-asparaginase ou la gemcitabine apportent de bons résultats.

    Un protocole combinant chimiothérapie et radiothérapie pour une durée courte

    Cette étude multicentrique française rapporte l’efficacité d’un protocole comportant 2 cycles de chimiothérapie de type MGAD (méthotrexate, gemcitabine, L-asparaginase et dexaméthasone), en combinaison avec de la radiothérapie en « sandwich » entre les 2 cycles, dans les formes localisées d’ENKTL.

    La population était composée de 35 patients dont l’âge médian était de 56 ans (19-73 ans), 74% (n=26) d’origine Européenne. Le score pronostique PINK-E était bas ou intermédiaire pour 94% des patients ; 85% des patients avaient une virémie EBV positive.

    L’association chimiothérapie par MGAD et radiothérapie est efficace…

    Avec ce protocole, 32 patients (91%) ont obtenu une réponse complète (RC), 3 patients (9%) étaient réfractaires. Le délai médian de rechute était de 14.5 mois après la fin du traitement (min-max, 4.6–56.7 mois).

    Avec un suivi médian de 59.6 mois (min-max, 6.3– 105.1 mois), la survie sans progression à 2 ans et 5 ans est de 71% (IC95%, 54%–84%) et 53% (IC95%, 34%–71%), respectivement. La survie globale à 2 ans et 5 ans est de 80% (IC95%, 63%–90%) et 73% (95% CI, 55%–85%), respectivement. Parmi les 26 patients (74%) en vie, 24 (92%) restent en RC, un (4%) est en réponse partielle et un (4%) est en rechute. Neuf patients sont décédés, 8 (89%) de progression et un (11%) d’un choc septique.

    …et bien tolérée

    Les effets secondaires de ce protocole sont la toxicité hématologique (n=17, 50%), les mucites (n=8, 24%), les infections (n=7, 21%), dont 12% de neutropénie fébrile. Douze patients (35%) ont eu une réaction allergique à la L-asparaginase, dont 4 de grade 3-4. L’activité asparaginase est diminuée chez 54% (n=7) des patients évalués.

    Conclusion

    L’association de chimiothérapie de type MGAD et de radiothérapie permet d’obtenir des réponses rapides et durables chez des patients atteints de formes localisées d’ENKTL. L’usage de la forme pégylée d’asparaginase pourrait améliorer l’efficacité de cette combinaison, en réduisant le risque d’immunisation et de perte d’efficacité de cette molécule. La place des combinaisons à base d’anti-PD1, prometteurs dans ces formes de lymphomes, sera également à définir.

    Pour laisser un commentaire, Connectez-vous par ici.