Onco-Dermato
Carcinome cutané non opérable : l’IL2 intralésionnelle, une nouvelle option
Dans les carcinomes cutanés non opérables ou situés dans une zone anatomiquement sensible, le recours à l’administration intralésionnelle d’interleukine 2 apparait comme une possible option, souligne une étude sur 16 cas.
- PlazacCameraman/iStock
Très fréquent, le carcinome épidermoïde cutané (CEC) est généralement traité chirurgicalement. La prise en charge des récidives, des formes localement avancées ou des lésions situées dans des zones anatomiquement sensibles reste toutefois complexe, et les options thérapeutiques sont limitées.
Ceci a conduit à évaluer l’efficacité et la sécurité d’emploi d’une immunothérapie intralésionnelle par interleukine-2 (IL-2) chez des patients non éligibles à la chirurgie ou dont la tumeur cutanée était située dans une zone sensible sur le plan esthétique.
Une réponse complète chez 8 patients sur dix
Les résultats de cette série monocentrique (centre expert) de 16 cas, publiés dans le JAMA Dermatology, confirment la pertinence de cette approche : taux de réponse complète de 81 %, au prix d’effets indésirables uniquement de grade 1 ou 2.
Les 16 patients inclus (âge moyen 79 ans, 56 % d’hommes) présentaient un CEC confirmé histologiquement, avec des échecs chirurgicaux antérieurs ou des comorbidités faisant exclure la chirurgie, ou un CEC dans une zone sensible sur le plan esthétique
L'IL-2 intralésionnelle a été administrée toutes les deux semaines, poursuivie tant que les patients répondaient au traitement et interrompue en cas de progression de la maladie. Le nombre moyen de traitements a été de 10 et la durée moyenne du traitement de 13 mois.
Une bonne tolérance
La survie sans progression, critère d'évaluation principal, a été de 19 mois (intervalle : 1-77 mois), avec un taux de réponse complète de 81 % (soit 13 patients). Seuls des événements indésirables de grade 1/2 ont été observés.
Ainsi, dans cette série de 16 cas, l’immunothérapie intralésionelle s’est montrée une approche thérapeutique efficace. Elle pourrait représenter une nouvelle option thérapeutique chez les patients avec des comorbidités importantes ou un CEC situé dans une zone anatomiquement sensible. Sa bonne tolérance, son faible coût comparativement à l’immunothérapie systémique et sa facilité d’utilisation sont d’autres arguments en faveur de son utilisation, même si, comme le rappellent les auteurs de ce travail, des essais randomisés sont nécessaires pour confirmer ces résultats.











